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Plusieurs pêcheurs devront changer leurs plans

Fishermen on a river at the early morning
Photo Adobe Stock En ces temps difficiles, il est important de se rappeler qu’il y aura un lendemain à tout ça. Prenez le temps de découvrir ou de redécouvrir vos régions respectives.

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Dans deux semaines à peine, soit le 24 avril, la saison de pêche aux salmonidés débutera enfin ! 

Comme une bonne vieille tradition, chaque année, le week-end de l’ouverture se veut un happening. On voit au petit matin des filées de véhicules remorquant leur embarcation vers les quatre coins de la Belle Province. Tout un chacun aura alors enfin l’opportunité de déjouer les truites et les ombles qui ont animé de nombreuses discussions au cours des derniers mois.  

Malheureusement, avec la venue de la COVID-19, le gouvernement a dû mettre le Québec sur pause jusqu’au 4 mai afin de protéger les citoyens contre cette terrible pandémie.  

Oui, mais... 

Le 3 avril, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, M. Pierre Dufour, a confirmé que les saisons de pêche débuteront comme prévu, mais que les adeptes devront respecter les directives et les recommandations gouvernementales. Ainsi, les amateurs devront éviter de se déplacer d’une région ou d’une ville à l’autre. 

« Les déplacements en lien avec les loisirs ne sont pas considérés comme nécessaires », a précisé M. Dufour. 

Ajoutez à cela les consignes visant à interdire les rassemblements et la distanciation sociale de deux mètres.  

En plus, tous les aubergistes de la forêt comme la Sépaq, les pourvoyeurs et les zecs doivent attendre, eux aussi, les autorisations gouvernementales avant de relancer leurs opérations et de vous recevoir au sein de leurs territoires structurés. 

Vous aurez bientôt la chance de capturer de beaux poissons comme ceux-ci.
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Vous aurez bientôt la chance de capturer de beaux poissons comme ceux-ci.

Pas le choix 

Vous devez rester à proximité de chez vous et pêcher dans un plan d’eau tout près de votre domicile. Vous ne pouvez pas non plus vous déplacer dans un véhicule avec d’autres personnes que vos proches. Même dans une chaloupe, il faut s’asseoir aux extrémités. 

Pour les résidents de Montréal et des alentours (zone 8), cela signifie qu’ils peuvent taquiner la marigane noire, la barbotte et la barbue dès maintenant. Puis, dès le 1er mai, ils pourront se lancer aux trousses des brochets et des perchaudes. Ensuite, à compter du 8 mai, les passionnés auront la chance de taquiner les dorés jaunes et noirs. Il faudra patienter jusqu’au 15 juin pour tenter d’attraper des esturgeons et jusqu’au 19 juin pour la pêche au maskinongé et aux achigans à petite et à grande bouche. 

Comme il n’y a pas vraiment beaucoup de salmonidés dans la zone 8, les citoyens concernés devront faire une croix sur leur ouverture dans les Laurentides, l’Outaouais, l’Estrie, etc., et attendre la levée des boucliers contre le coronavirus avant de pouvoir y penser. De toute façon, sachez que de nombreuses rampes de mise à l’eau comme à Magog, à Ayer’s Cliff et autres sont fermées jusqu’à nouvel ordre.  

Localement 

Dans la plupart des autres zones situées autour de la métropole (4, 5, 6, 7, 9, 10, 11,12 et 15), les détenteurs de permis devront patienter jusqu’au 15 mai avant de pouvoir se mesurer aux brochets et aux dorés. Ils auront eu toutefois l’occasion de cibler les truites et les ombles depuis le 24 avril dans leur coin de paradis. Pour ce qui est de l’achigan et du maskinongé, les dates sont bien harmonisées et se déroulent en même temps que la zone 8. 

Ceux qui raffolent de la chair de la perchaude auront l’opportunité de les déjouer dès le 24 avril dans les zones 4, 5, 6, 7, 9, 11 et 15.  

La marigane est une espèce savoureuse. Si vous habitez dans les zones 5, 6, 7, 9 ou 11, vous pourrez essayer de les attraper à compter du 24 avril. Marc Plourde, PDG de la Fédération des pourvoiries du Québec, m’expliquait : « Bien que plusieurs soient déçus de devoir attendre jusqu’au 4 mai, il faut se souvenir que bon an mal an, plusieurs pourvoyeurs ne peuvent pas ouvrir leurs portes dans bien des cas avant la fête de la Reine, ou même plus tard, à cause de l’arrivée tardive du beau temps ».  

Obligations 

Rappelez-vous qu’à la base, il vous faut un permis de pêche. Certains points de vente faisant partie des services essentiels comme des épiceries, des dépanneurs, des stations-service et autres en vendent encore. Il serait grand temps, entre vous et moi, que le gouvernement offre un permis électronique en ligne, comme le fait l’Ontario depuis plusieurs années déjà. 

De plus, il est impératif de consulter le site du ministère à l’adresse peche.faune.gouv.qc.ca/ pour découvrir les exceptions réglementaires visant toutes les zones citées dans ce texte. 

Assurez-vous finalement d’encourager vos marchands locaux et d’acheter québécois. L’initiative du Panier bleu vous permettra de trouver de bonnes adresses pour effectuer vos prochaines emplettes. 

Résurrection d’un plan d’eau 

Grâce aux efforts déployés au fil des ans, il est maintenant pensable de capturer de gros spécimens comme celui-ci dans les eaux du réservoir Baskatong.
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Grâce aux efforts déployés au fil des ans, il est maintenant pensable de capturer de gros spécimens comme celui-ci dans les eaux du réservoir Baskatong.

Pour ne pas surexploiter une nappe d’eau, il faut idéalement se limiter à prélever seulement l’intérêt piscicole afin de ne pas affaiblir le capital ou si vous préférez, les fondations d’une population saine et grandissante. 

Les techniciens de la faune du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) imposent des limites de taille et de capture et établissent des périodes de pêche pour protéger les diverses espèces qui nagent dans nos eaux. 

À une autre époque, on puisait, puisait et puisait, jusqu’à épuiser les populations de poissons de nombreux plans d’eau. Certains semblaient croire qu’il s’agissait d’une ressource inépuisable. 

Il suffit de penser à de nombreux paradis, comme le réservoir Gouin par exemple, qui, après des années de surpêche, sont devenus beaucoup moins productifs à cause du nombre restreint de spécimens qui n’avaient pas encore été soutirés. 

Autre exemple 

Le réservoir Baskatong est un très beau plan d’eau de plus de 400 km² situé au nord de Maniwaki et de Mont-Laurier. Ce lac artificiel a été créé en 1927 à la suite de la construction du barrage Mercier. Après le réservoir du Lac Taureau, c’est le Baskatong qui a le plus haut taux de marnage au Québec avec une hauteur de 15 mètres. 

Dans les années 1960 à 1980, le Baskatong était reconnu comme un super site de pêche au doré accessible. Malheureusement, vers la fin des années 1980, un déclin s’est fait ressentir, si bien qu’au cours des décennies 1990, 2000 et 2010, de nombreux adeptes jugeaient la qualité de pêche pauvre ou peu intéressante. 

Action réaction 

Pour tenter d’enrayer cet effondrement des populations, les pourvoyeurs locaux ont uni leurs efforts afin de fonder, en 1998, l’Aire faunique communautaire du réservoir Baskatong. Dès lors, des actions concrètes ont été mises de l’avant. On a, par exemple, ensemencé des dorés jaunes de 1998 à 2016 et des ouananiches au cours de trois années, ce qui a permis à cette espèce de se reproduire naturellement. 

Les autorités ont également créé trois sanctuaires dans les aires de reproduction, instauré la limite de taille de 37 à 53 cm, effectué des recensements par vol d’avion pour comprendre la pression pêche, revitalisé et réaménagé des frayères, mis sur pied une escouade d’assistants en protection de la faune, etc. 

Les biologistes et les techniciens de la faune du MFFP font des pêches expérimentales pour voir la santé du cheptel de dorés jaunes chaque cinq ans. Imaginez, en 2004, ils ont capturé 11 dorés nuit/filet. Ce chiffre s’est accru à 16 en 2008. En 2013, les pêcheurs devaient admettre que les efforts de l’AFC avaient porté fruit puisque cette donnée avait augmenté à 25 dorés nuit/filet, soit plus du double en moins d’une décennie. 

En 2018, bien que le mot se soit passé sur la qualité et la quantité des captures, que la pression de pêche soit en croissance avec les 32 pourvoiries-campings et le nombre croissant de villégiateurs et de riverains, que l’abondance attire des colonies de goélands et de cormorans, des centaines de huards et d’autres bouffeurs de poissons, sachez que le chiffre était toujours à 25 dorés nuit/filet. 

Le bon calcul 

Comme me l’expliquait Jean-Luc Lacroix, lorsqu’on sait qu’il y a en moyenne un taux d’éclosion de 10 % aux frayères naturelles et que du taux éclos, il n’y qu’un maigre 1 % qui se rendra à la taille minimale de 37 cm, l’importance de la remise à l’eau prend encore plus son sens, tout comme la protection des frayères. 

Peu de gens réalisent qu’une femelle de 37 cm, âgée en moyenne de 5 ans, produira de 15 000 à 30 000 œufs. À 53 cm, elle sera âgée de 12 ans et aura de 50 000 à 100 000 œufs. Pour un superbe spécimen de 75 cm, âgé d’un quart de siècle, on estime qu’elle pondra de 150 000 à 300 000 œufs. Bien que ces chiffres semblent énormes, retenez que pour chaque millier d’œufs, un seul rejeton atteindra la taille minimale de 37 cm. 

À preuve que tous les intervenants du réservoir Baskatong sont sur la bonne voie, sachez qu’en 2016, une cliente de la pourvoirie Cockanagog y a capturé un trophée de 107 cm. 


Pour en savoir plus, visitez le site www.afcbaskatong.com.

De tout pour tous 

Fishermen on a river at the early morning
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Le maître instructeur certifié et propriétaire de l’école de pêche à la mouche Modulus, Jean-François Lavallée, me racontait qu’il y a eu une augmentation du nombre d’instructeurs certifiés au Québec et Canada. On en dénombre maintenant 16 dans la Belle Province et 60 au pays. Il en découlera assurément un accroissement de la qualité de l’enseignement offert aux passionnés dans des écoles de pêche comme Caudale, Kenauk, etc., et dans les clubs comme celui des Moucheurs du Montréal métropolitain. 

Ce sympathique individu m’informait également que Pat Johnson, le directeur des opérations et instructeur certifié de Kenauk Nature, développe depuis peu son école de pêche. Ce qui la différentie, ce sont ses bassins de lancer naturels. Au terme de ce projet global, M. Lavallée croit que ce site pourra rivaliser avec le mythique San Francisco Golden Gate Casting Club. 

Jean-François se réjouissait aussi du rachat du magasin Salmo Nature par Rémi Brien, qui assurera la continuité de cette boutique spécialisée avec pignon sur rue, à Montréal.