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COVID-19 : Artillerie lourde en Corée du Sud

Le pays est le champion mondial du nombre de tests de dépistage

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Photo AFP Ce voyageur à qui l’on a fait revêtir une combinaison protectrice à son arrivée à l’aéroport international Incheon de Séoul, le 17 mars, compte parmi les 47 000 personnes à s’être fait ordonner la quarantaine en Corée du Sud durant la pandémie. En mortaise, l'édition du 7 avril dernier du Dong-A Ilbo.

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La Corée du Sud fait figure de modèle pour avoir pris les grands moyens afin d’atténuer avec succès la propagation de la COVID-19.  

• À lire aussi: COVID-19: un mois de pandémie mondiale 

Ce pays d’Asie de plus de 51 millions d’habitants avait essuyé des critiques pour son laxisme lors de l’épidémie de SRAS en 2003. Cette fois-ci, les autorités n’ont pas lésiné dès qu’une femme revenant de la Chine a constitué le premier cas d’infection, le 20 janvier.     

« Séoul s’est alors vidée du jour au lendemain. C’était assez déstabilisant pour une ville de 10 millions de personnes. Les Coréens ont très vite adopté le message de diminuer leurs sorties et rencontres non essentielles », a témoigné au Journal la Québécoise Sandrine Martinez, qui se trouve dans la capitale sud-coréenne depuis l’automne.     

Comme au Québec, les rassemblements ont été proscrits, tandis qu’on a fermé les écoles et les parcs. Mais les autorités de ce pays où le port du masque est devenu la règle et non l’exception n’ont pas imposé de confinement généralisé comme en Chine ou en Italie.      

En revanche, elles ont ordonné une mesure que le Canada s’est contenté de recommander timidement : depuis deux mois et demi, plus de 30 000 voyageurs revenant de l’étranger se sont fait imposer une mise en quarantaine pour limiter les risques de propagation.     

Le même ordre vise 16 000 autres personnes ayant reçu un test positif ou faisant partie de l’entourage de gens infectés.     

Moins de vie privée  

Pour s’assurer que ces 47 000 personnes ne quittent pas le domicile, l’État n’a pas hésité à utiliser des moyens technologiques invasifs pour la vie privée, comme la géolocalisation de leurs téléphones cellulaires. Les récalcitrants sont passibles d’une amende équivalant à 8000 $ (10 millions de won) et d’un an de prison.     

« On reçoit régulièrement des textos nous avisant des nouveaux cas dans notre quartier et un résumé du parcours des gens infectés. Les services de l’ordre patrouillent souvent pour éviter les regroupements », a relaté Sandrine Martinez, une journaliste pigiste qui a préféré demeurer à Séoul plutôt que de revenir au Canada et y « revivre la situation depuis le début ».     

La Corée du Sud est aussi la championne des tests de dépistage de la COVID-19 et l’instigatrice des cliniques de type « service à l’auto » qui ont fait leur apparition à Montréal il y a trois semaines. Avec 6200 personnes ayant subi un test par million d’habitants, elle affiche le plus haut taux au monde, de quatre fois supérieur au Québec.     

Sa courbe de nouveaux cas est en baisse depuis un mois. On y compte deux fois moins de décès qu’au Canada malgré 14 millions d’habitants de plus qu’ici.     

En l’absence d’un vaccin, les autorités y ont aussi annoncé un traitement aux anticorps potentiellement prometteur. Cette semaine, deux patients de plus de 65 ans dont l’état était critique ont guéri après avoir reçu des injections de plasma prélevé sur des gens ayant vaincu le virus, selon le journal Korea Times.  

Corée du Sud       

  • 51,6M d'habitants    
  • 10 480 cas    
  • 211 morts       

Le 15 avril sera jour d’élections en Corée du Sud. Des chefs de partis se sont fait reprocher de faire fi de la distanciation de deux mètres durant la campagne. Le président sortant, Moon Jae-in, vient toutefois de voir sa cote de satisfaction dans l’électorat grimper de 44 % à 53 % en une semaine puisque la gestion de crise de son gouvernement est citée en exemple dans le monde.