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On lui refuse l'accès à ses préposés privés qualifiés

On lui refuse l'accès à ses préposés privés qualifiés
Photo capture d'écran, TVA Nouvelles

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MONTRÉAL | Une femme supplie une résidence pour personnes âgées de Côte-Saint-Luc d'autoriser l'accès aux préposés privés qui s'occupent de sa mère depuis deux ans.  

Quand Ruth Chriqui a placé sa mère dans une résidence pour personnes âgées il y a deux ans, elle a embauché deux préposés qualifiés afin de veiller sur elle 18 h par jour, entre 7 h et 23 h, sept jours par semaine.   

Elle savait très bien que les ressources du Centre Gériatrique Maimonides Donald Berman étaient insuffisantes pour s'occuper pleinement de sa mère. Âgée de 83 ans et atteinte d'Alzheimer, Rosa Malka a la chance de pouvoir compter sur ces deux préposés qualifiés qui veillent à sa santé et sécurité pour une somme de plus de 1000 $ par mois.   

Ces derniers font ce que le personnel du CHSLD n'a généralement pas le temps de faire: donner régulièrement un bain, changer les couches plusieurs fois par jour et donner convenablement trois repas par jour.   

«Ça prend 40 minutes la faire manger, c'est clair qu'elle n’a pas ses trois repas par jour», estime sa fille.   

Depuis le début de la crise du coronavirus à la mi-mars, Mme Malka est laissée à elle-même: ses préposés privés n’ont plus accès à la résidence. Cette situation enrage Mme Chriqui, qui n'a presque plus de nouvelles de sa mère.   

«Pourquoi les préposés privés n'ont pas le droit de rentrer dans la résidence? Ils ont étudié au Québec et détiennent la même formation que les autres employés, qui eux, ont accès à la résidence», s'interroge-t-elle.   

Sa santé se dégrade  

Après quelques jours de confinement dans sa chambre, la santé de Rosa Malka s'est détériorée.   

«Après six jours, elle était déshydratée et avait une infection urinaire. Je ne savais pas quoi faire, je suis allée voir la police, ça n'a pas de bon sens de laisser ma mère dans cet état-là», dénonce sa fille.   

Une infirmière l'a d'ailleurs avisée que des médicaments allaient être administrés à sa mère.   

«Ça fait quatre ans que ma mère ne prend pas de médicament, elle n'avait encore jamais eu d'infection urinaire», souligne Ruth Chriqui pour démontrer la gravité de la situation vécue par des milliers de résidents des CHSLD qu'elle surnomme «des prisonniers de guerre».   

Le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l'Ile-de-Montréal n'a pas voulu commenter le cas de Mme Malka dimanche.   

«Nous sommes très conscients du désarroi que cause l'arrêt temporaire des visites de membres de la famille et d'aidants aux résidents de nos CHSLD», a simplement indiqué par courriel le porte-parole du CIUSSS, Carl Thériault.