/news/society
Navigation

Été difficile pour les techniciens de scène

L’annulation des festivals causera de graves pertes

festival technicien scène
Photo courtoisie Le technicien Jessy Brown dans le studio qu’il a aménagé dans son sous-sol de Granby afin de continuer à plancher sur la conception d’un spectacle multimédia.

Coup d'oeil sur cet article

La suspension des festivals jusqu’à la fin de l’été en raison de la pandémie de coronavirus fait craindre le pire chez plusieurs techniciens de scène qui pourraient perdre de 50 à 70 % de leur revenu annuel.

« La période estivale, c’est la vache à lait. On travaille parfois 18 heures par jour, mais ça permet de mettre de l’argent de côté pour les mois plus tranquilles. Beaucoup sont des pigistes. Pour certains, ça représente 50 à 70 % de leur année », explique Jessy Brown, qui est éclairagiste, sonorisateur et producteur de spectacles.

Vendredi dernier, Québec a demandé l’annulation de tous les festivals ainsi que les événements publics sportifs et culturels jusqu’au 31 août, afin de faire respecter l’éloignement social.

« L’été, je peux facilement travailler sept jours sur sept. Avec les années, t’apprends à gérer ton budget pour faire face aux mois plus tranquilles », explique Michaël Fillion, un sonorisateur qui devait travailler entre autres au Festival d’été de Québec.

M. Brown, originaire de Granby, a fait une longue publication Facebook samedi, demandant aux élus de se pencher sur le sort des techniciens de scène. Il a trouvé écho chez ses confrères inquiets, qui ont partagé le message en grand nombre.

Plusieurs ont été parmi les premiers à perdre leur emploi lorsque les rassemblements de plus de 250 personnes ont été interdits le 12 mars. 

Aide financière prolongée ?

La plupart se demandent si la Prestation canadienne d’urgence (PCU) prévue pour un maximum de quatre mois pourra s’étendre au-delà de juin puisqu’ils ne devraient pas reprendre le boulot avant septembre.

Pierre Roy, un concepteur d’éclairage qui travaille dans le domaine depuis 36 ans s’inquiète aussi pour la reprise des activités dans les salles de spectacles.

« J’ai l’impression que le monde va être craintif et ne voudra peut-être pas venir s’entasser dans une salle. Aussi, je vais certainement avoir des conflits d’horaires, puisque je travaille sur les tournées de Martin Deschamps et Lynda Lemay qui ont été reportées. Je vais être obligé de me faire remplacer, c’est certain, et c’est du salaire que je perds. »