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CHSLD: que fait-on du principe d’imputabilité?

CHSLD: que fait-on du principe d’imputabilité?
Photo Didier Debusschère

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Je le répète. Notre premier ministre fait un travail remarquable dans la crise actuelle. Mais cela ne veut pas dire qu’il faille occulter des questions fort importantes.

Particulièrement en ce qui concerne la crise des CHSLD.

L’horreur Herron

Prenons tout d’abord la Résidence Herron. Je veux bien que le gouvernement demande une enquête policière. Qu’il évoque que la négligence soupçonnée pourrait fort bien être criminelle.

Mais que fait-on du principe d’imputabilité ? Du fait que de nombreux signaux furent pourtant envoyés au cours des dernières années ? Un rapport du Protecteur du citoyen, en 2017, qui émettait des doutes quant à la capacité des gestionnaires à augmenter le nombre de résidents dans le futur (ce qui fut fait d’ailleurs).

Et un autre rapport l’an dernier, du coroner cette fois-ci, à la suite du décès de deux personnes dans une autre résidence opérée par les mêmes propriétaires et qui soulevait d’importantes lacunes.

Comment peut-on expliquer le fait que cette résidence ne faisait pas l’objet d’un suivi serré ?

Et ne me dites pas que ce sont des résidences privées. Car les règles sont claires. Un CHSLD privé non conventionné doit détenir un permis du ministère de la Santé et se conformer aux exigences et aux normes citées dans la loi. 

Autre chose : comment a-t-on pu ne pas réaliser qu’une trentaine de personnes étaient décédées, alors qu’il y avait 150 résidents avant l’hécatombe ? Ça ne prenait pas un génie pour réaliser que quelque chose clochait.

Comment peut-on expliquer que le politique n’ait pas été mis au courant avant le 10 avril de l’état lamentable des lieux lorsque le CIUSSS a débarqué le 29 mars ? Qui était au courant et n’a pas jugé bon d’informer la ministre de la Santé ou le premier ministre ?

Crise globale

Parlons maintenant de la crise globale dans l’ensemble des CHSLD et autres résidences.

Le premier ministre évoque un manque de personnel et des salaires trop peu élevés pour justifier la situation actuelle. OK, je veux bien.

Mais voici d’autres questions : est-ce que nous avons l’assurance que le manque de matériel n’y est pour rien dans le fait qu’autant de personnel a contracté la COVID-19 ?

Parlons aussi de la transmission communautaire. Il y a eu un énorme délai entre le moment où les épidémiologistes ont affirmé que cela avait cours et celui où la santé publique et le Dr Arruda ont effectivement confirmé le tout.

Pendant ce délai, le dépistage se faisait quasi uniquement sur les gens ayant voyagé. Est-ce que cela peut expliquer en partie pourquoi la propagation a été aussi importante dans les résidences pour aînés ?

Oui, le PM fait un travail colossal. Il n’est pas à blâmer pour tous les travers d’un système ou pour notre incapacité à tout prévoir, même l’imprévisible. Mais ces questions et bien d’autres méritent des réponses claires, même si elles sont parfois inconfortables.