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Le pire est à venir

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Le Québec est à l’arrêt depuis maintenant un mois. Heureusement, les mesures de distanciation sociale semblent ralentir la propagation de la COVID-19 et aplanir la fameuse courbe du Dr Arruda. 

L’heure devrait être aux réjouissances, mais méfions-nous, le pire est à venir. 

Les vieux qui s’ignoraient 

Depuis le début de la pandémie, les autorités gouvernementales martèlent qu’il faut à tout prix protéger nos aînés. Pour éviter de les contaminer, on les a assignés à résidence. 

Au premier juillet 2019, on comptait 1 121 110 Québécois âgés de 70 ans et plus, soit 13% de notre population. Ce sont ces personnes qui sont les plus vulnérables à la COVID-19. Ce sont ces personnes à qui, du jour au lendemain, le gouvernement a annoncé qu’elles devaient se priver de leur liberté pour survivre. 

Pour un grand nombre d’entre elles, c’est un peu comme si on leur annonçait qu’elles avaient passé leur date de «meilleur avant». Soudainement, ces Québécois sont rendus des vieux. 

Avant tout ça, plusieurs avaient des vies actives, des emplois, des amis, des activités. Maintenant, plus rien. 

Bien sûr, il y a les médias sociaux, les technologies, le téléphone, mais ça ne remplace pas vraiment les gens, la stimulation du travail, les moments passés entre amis. Petit à petit, la pandémie nous fait vieillir collectivement. 

La détresse qui guette tout le monde 

Pendant ce temps, toute notre population commence à encaisser le choc de la pause nécessaire. Oui, on s’est organisés, on a pris le rythme, on a créé une nouvelle routine, mais après un mois, il y a de plus en plus de gens qui réalisent l’ampleur du gouffre dans lequel on est tombé. 

On s’étonne d’entendre le premier ministre parler de déconfinement pendant que le nombre de décès et d’hospitalisations continue à monter, mais pour le gouvernement les désavantages du confinement commencent à dépasser ses avantages. 

D’une part, la sacrosainte économie en prend pour son rhume. Celles et ceux qui déchiraient leur chemise à propos des déficits budgétaires des dernières années vont bientôt être servis. L’État providence a su déployer son filet social rapidement, mais ce filet, nous allons tous devoir le rembourser, un jour ou l’autre. 

D’autre part, la santé mentale des Québécois commence aussi à s’effriter. Laissons de côté la question, si complexe et si importante, des personnes vivant avec des troubles mentaux, et pensons uniquement au citoyen ordinaire qui vivait sa petite vie peinarde de banlieue. 

Après un mois sans service de garde, sans revenu normal, sans capacité de décrocher réellement, la situation devient intenable. Pensons seulement aux parents, qui doivent passer 24 heures sur 24 avec leurs enfants, sans gardienne, sans éducatrice. Aux travailleurs, qui tournent en rond dans leur logement, sans pouvoir s’occuper au travail, sans sentiment d’accomplissement réel. Aux investisseurs, dont les économies se sont envolées en fumée parce que leurs projets sont morts au combat contre la COVID-19. Aux consommateurs, étouffés par les dettes avant tout ça, qui se noient aujourd’hui dans une mer de paiements dont ils ne voient pas le fond. 

Combien de faillites vont survenir dans les prochains mois? Combien de familles vont exploser parce qu’elles n’étaient tout simplement pas prêtes à vivre autant de bouleversements? Combien de projets vont tomber à l’eau? 

C’est en pensant à toutes ces victimes collatérales que le gouvernement rédige son plan de déconfinement. Plus le temps passe, plus les conséquences adverses de la période que nous vivons vont être importantes. La détresse humaine d’aujourd’hui n’est que la pointe de l’iceberg vers lequel nous fonçons. 

Ça va bien aller, dit-on. Malheureusement, rien n’est moins certain.