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COVID-19: des élèves au cœur de la bataille

Des étudiantes qui souhaitent devenir infirmières auxiliaires œuvrent présentement au chevet de patients

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De futures infirmières auxiliaires de Montréal démontrent l’ampleur de leur sens du devoir, en luttant contre la COVID-19 dans les CHSLD ou les hôpitaux, même si elles n’ont pas terminé leurs cours.  

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« Je nous trouve tous courageux et je suis fière en tant que personne de pouvoir dire que je participe à cet effort », explique Alexandra Lirette Pecone, qui a commencé à travailler comme préposée aux bénéficiaires (PAB) en février dernier lorsque la crise du coronavirus se pointait à l’horizon.  

Celle qui œuvre au CHSLD Champlain, à Verdun, ne cache pas qu’elle a des inquiétudes face à ce virus, mais qu’elle se sent bien protégée.  

Alexandra Lirette Pecone travaille au centre d’hébergement Champlain.
Photo courtoisie
Alexandra Lirette Pecone travaille au centre d’hébergement Champlain.

« C’est difficile. Beaucoup de résidents ne comprennent pas ce qui se passe. Plusieurs pleurent. On fait de notre mieux pour les rassurer », raconte l’étudiante de 25 ans.  

Certains élèves travaillaient déjà comme PAB à temps partiel pendant leurs études et n’ont pas hésité à se rendre disponibles à temps complet.  

C’est le cas de Souad Talbi qui, à 39 ans, est en réorientation de carrière après avoir travaillé dans le secteur commercial.  

La mère de trois enfants trouvait important d’aller au front plus souvent.  

Souad Talbi s’occupe de patients à la résidence Angelica.
Photo courtoisie
Souad Talbi s’occupe de patients à la résidence Angelica.

Un combat épuisant  

« Je ne pouvais pas rester à la maison. Ce n’est pas cohérent avec notre mission d’aider les gens. C’est un combat », illustre Mme Talbi, qui travaille à la résidence semi-privée Angelica, à Montréal-Nord.  

« Je suis fatiguée, brûlée, mais j’aime ce que je fais. Il faut rester positif si on veut gagner », poursuit-elle.  

Pour plusieurs élèves du cours Santé, assistance et soins infirmiers avec qui Le Journal a discuté, il ne leur restait que leur stage final à compléter avant de pouvoir exercer comme infirmière auxiliaire.  

C’est pour cette raison qu’elles travaillent actuellement comme PAB.  

« Je suis tellement fière de mes élèves ! » lance Valérie Bordeleau, professeure à l’École des métiers des Faubourgs-de-Montréal.  

Fierté de prof  

Celle qui enseigne aux futures infirmières auxiliaires gère une page Facebook de près de 400 membres sur laquelle elle fait le lien entre ses étudiantes et les besoins dans le réseau de la santé depuis le début de la crise de la COVID-19.  

La plupart n’ont pas froid aux yeux. La preuve : une dizaine d’entre elles étaient prêtes à accompagner leur enseignante au CHSLD Herron de Dorval après que ce dernier eut fait les manchettes.  

L’endroit, qui a été déserté par son personnel, a été mis sous tutelle après que 31 décès y eurent été recensés.  

« Malheureusement, on nous a dit qu’ils avaient tout leur monde. Par contre, la plupart de ces élèves se sont fait offrir de travailler comme aide de service pour, entre autres, nourrir les patients, enlever leurs plateaux, et leur parler », explique Mme Bordeleau qui met aussi l’épaule à la roue dans des cliniques de dépistage de la COVID-19.  

Pas peur  

Katherine Lapierre travaillait quant à elle déjà comme PAB à l’hôpital Notre-Dame, à temps partiel, quand l’unité COVID-19 a été créée.  

Katherine Lapierre œuvre au sein de l’unité COVID-19 à l’hôpital Notre-Dame.
Photo courtoisie
Katherine Lapierre œuvre au sein de l’unité COVID-19 à l’hôpital Notre-Dame.

Elle s’est portée volontaire pour y travailler la nuit, à temps complet.  

« C’est sur ces unités qu’on a besoin de monde. Si j’ai eu peur la première journée, je ne me sens plus en danger », précise la femme de 50 ans qui s’est réorientée après une carrière en informatique.  

« Beaucoup de gens ont peur d’aller sur les unités COVID-19. Moi, je voulais y aller. Je suis peut-être inconsciente, mais je me lave les mains 800 fois par jour », raconte à son tour Vanessa Mainville-Hébert, qui travaille de nuit à l’hôpital Santa Cabrini comme PAB.  

« C’est difficile de voir l’état de ses patients se dégrader. C’est presque un patient par quart de travail qui décède. Ça me brise le cœur de voir que certains vont mourir seuls », confie la femme de 30 ans qui dit que l’esprit d’équipe dans l’unité l’aide à garder le moral.  


La pénurie de personnel est à ce point criante dans les CHSLD du Québec, que François Legault a songé à appeler en renfort des militaires canadiens, plus tôt cette semaine, une demande qui faisait toujours l’objet de discussions avec Ottawa hier.