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Le trompeur, le narcissique, l’incompétent

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Le 20 janvier dernier, les États-Unis déclaraient leur premier cas positif à la COVID-19, un homme de 30 ans qui avait voyagé dans la région de Wuhan, où le virus a vu le jour. 

Depuis, à la Maison-Blanche, c’est la folie, le mensonge et la désinformation qui règnent et qui s’intensifient de jour en jour. Remontons le fil des évènements. 

Le 24 janvier, le président Trump annonce qu’il a un plan pour contrer le virus, tout en reconnaissant la transparence de la Chine dans sa lutte contre la COVID-19. 

Le 30 janvier, il affirme que le virus est un problème mineur, alors que l’OMS affirme qu’il s’agit plutôt d’une urgence en santé publique. 

Le 31 janvier, il bannit tous les voyageurs en provenance de la Chine. En avance sur tous les autres pays, disons-le. 

Le 7 février, il tweet que la chaleur fera tranquillement disparaître le virus. 

Le 27 février, il affirme que le virus disparaîtra comme un miracle. Pas question par contre de fermer les plages et autres lieux publics. 

Le 4 mars, il assure que voyager dans la plupart des pays du monde est sans danger. Une animatrice de la chaîne de propagande républicaine Fox News déclare quelques jours plus tard que c’est un des moments les plus sécuritaires pour prendre l’avion. 

Le 9 mars, il compare le coronavirus à une grippe saisonnière. 

Le 11 mars, il suspend tous les vols en provenance d’Europe, sans toutefois prévenir préalablement les pays européens. 

Le 22 mars, il déclare que les mesures de confinement ne doivent pas être pires que le virus lui-même. C’est encore à ce jour la prophétie répétée jour après jour par certains médias de droite, même au Québec. 

Le 24 mars, il dit souhaiter relancer l’économie lors du congé de Pâques et que les églises soient remplies pour l’occasion. 

Le 28 mars, il avertit son administration de ne pas répondre aux demandes des États démocrates qui ont besoin de matériel médical, tout en répondant en quelques heures aux demandes de l’État républicain de la Floride. 

Le 31 mars, il explique que les semaines à venir seront difficiles en avouant que ce serait probablement plus de 100 000 Américains qui soient emportés par le virus. C’est plus que les attaques du 11 septembre 2001, plus que la Guerre de Corée et plus que la Guerre du Vietnam. 

Puis, mercredi, en fin de journée, coup de tonnerre: il coupe tous les fonds versés à l’OMS. 

La stratégie de Trump 

Pourquoi en sommes-nous rendus là? Simplement parce que Donald Trump n’est plus en mesure de répondre à son piètre bilan depuis le début de la crise. 

Si n’importe quelle autre personne avait été aux commandes des États-Unis pendant la crise, ils compteraient beaucoup moins que 600 000 personnes infectées et près de 26 000 morts au moment d’écrire ces lignes. 

Ce bilan n’était pas inévitable. C’est l’incompétence, les rivalités et les tergiversations d’un président et d’une administration à sa solde qui ont mené à ce scénario catastrophique. 

Maintenant, tout ce que tente de faire le président américain – en coupant les vivres américains à l’OMS – c’est de changer le récit médiatique. 

Pourquoi? Car la méthode Trump fonctionne: lorsqu’il se retrouve au pied du mur, il y va de déclarations incendiaires et de décisions ahurissantes pour que le débat dévie. 

Les médias et la population – n’ayant visiblement pas la capacité de la mémoire longue – oublient et passent à un autre sujet. 

Ce fut également le cas lorsqu’il a nommé la COVID-19, le «virus chinois». 

Pendant quelques jours, tous oubliaient son bilan, ses déclarations et son incompétence pour plutôt débattre du fait qu’il avait nommé le virus de cette façon. 

Et maintenant, il a trouvé son nouveau bouc émissaire: l’OMS. Il sait que les médias rapporteront les ratés de l’organisation, dans les prochains jours. 

Car il y en a eu, en début de crise. Elle a notamment nié jusqu’au 14 janvier que la COVID-19 était transmissible entre humains, ce qui était évidemment faux. 

La stratégie de déviation médiatique de Donald Trump a presque réussi à tout coup depuis 2015, sauf que cette fois-ci, les conséquences ne sont pas personnelles. 

Elles sont humaines. 

Et elles seront politiques en novembre prochain.