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COVID-19: Les stars de la littérature gardent le moral pendant la crise

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La période de confinement obligatoire a un effet sur toute la chaîne du livre, de la plume au lecteur. Elle a bousculé l’agenda de tous les acteurs du milieu du livre: sorties et lancements reportés, salons du livre annulés, etc. Au-delà de cela, les stars de la littérature sont, comme tout le monde, préoccupées par la santé et le bien-être de tous et soulignent le courage des héros qui sont sur la ligne de front. Et elles font parfois des activités inattendues pour garder le moral! Voyez ce qu’elles ont à partager.   

Louise Tremblay d’Essiambre  

Lieu de résidence: Région des Laurentides  

Photo courtoisie, Alexie Vézina

Le deuxième tome de la série Du côté des Laurentides, L’école du village, devait sortir en mars. Comme la sortie a été reportée, Louise lit elle-même des petits bouts de son nouveau roman à ses lecteurs qui la suivent fidèlement sur Facebook. Son idée est populaire: plus de 4000 personnes sont au rendez-vous. Cette femme de cœur est très préoccupée par l’état de santé et le bien-être de tout un chacun. Elle partage une anecdote toute simple qui a vraiment fait plaisir à un aîné. «Le papa de mon mari – Alain – habite à Québec. Il est tout seul; sa femme vient de mourir. Alain a réussi à lui commander du poulet et à lui faire livrer à la maison. Il était content!», dit-elle.   

Louise dit qu’elle travaille et vit à la maison et qu’elle a toujours fait cela, même quand elle n’écrivait pas. Sa fille termine sa dernière session de cégep à distance et son mari continue de travailler. «Il s’occupe des Tim Hortons franchisés de la région.»  

Privilégiés  

Louise fait remarquer qu’on ne savait pas trop ce que représentait le mot «pandémie». «Moi, ce que je revoyais, c’était l’horreur de la peste noire, de la grippe espagnole... Je trouve qu’au Québec, on a réussi à vivre quelque chose qui a de l’allure.» Elle apprécie beaucoup le leadership de François Legault et du Dr Arruda. « On est un des coins privilégiés du monde.» Elle reste optimiste et souhaite qu’on tire des leçons de tout cela, collectivement. «J’espère qu’on va en construire, au Québec, des serres. Essayons d’être le plus autosuffisants possible.»  

Marc Levy  

Lieu de résidence: New York City, États-Unis  

Photo AFP

Résident de la ville de New York, l’épicentre de la crise aux États-Unis, Marc Levy va bien – «le mieux possible, en ces temps difficiles» – et sa famille aussi. «Les gens comme moi qui ont l’habitude de travailler chez eux sont probablement psychologiquement mieux préparés que les gens qui travaillent à l’extérieur et qui ont l’habitude de passer moins de temps chez eux.»   

ll est vraiment très inquiet pour la santé des autres et très préoccupé par tout ce qui se passe. «Je trouve qu’on parle beaucoup en ce moment de la problématique du confinement et là, à New York, la problématique, c’est le nombre de respirateurs et le nombre de gens qui auront le droit de vivre et les autres qui vont mourir. Et ça me préoccupe beaucoup plus, ça, que le reste, pour tout vous dire.»   

«Terrifiant»  

Marc Levy dit qu’il est évident que New York est une ville dont la configuration rendait très propice la propagation du virus. «On est au cœur de ça, et d’un manque de moyens terrible, ce qui est surréaliste. Quand on pense que c’est censé être une des villes les plus modernes du monde et des plus cosmopolites du monde, et en fait, c’est loin d’être le cas. C’est absolument terrifiant et on ne peut vraiment rien y faire.» C’est la troisième crise sanitaire qu’il connaît dans sa vie. Il vivait en Angleterre quand il y a eu la maladie de la vache folle. Puis il y a eu l’épidémie de H1N1. «Les politiques du monde entier n’en ont tiré aucune leçon», commente-t-il.   

Il est outré de voir que le courage des infirmières et des médecins n’est pas récompensé et il salue leur courage. Son inquiétude est palpable. «Ce que nous vivons est tellement hallucinant et surréaliste... J’ai 58 ans et je vois autour de moi des amis qui commencent à tomber comme des mouches. Que dire... c’est terrifiant! Le seul espoir que je nourris, c’est que ça va nous réveiller, qu’on va un peu moins marcher sur la tête et qu’on va un peu plus remettre les choses dans un certain ordre.»   

Ses suggestions de lecture: Il recommande Dans la forêt, de Gene Hegland, qui est pour lui «un petit chef-d’œuvre», et Jours de travail de John Steinbeck, son journal de travail d’écriture alors qu’il écrivait Les raisins de la colère.   

Kathy Reichs  

Lieu de résidence: Charlotte, Caroline du Nord, États-Unis  

Photo d’archives, TZARA MAUD

L’agenda de l’anthropologue judiciaire et romancière Kathy Reichs a été complètement bousculé par la crise de la COVID-19. La tournée de promotion nord-américaine prévue pour son nouveau livre a été annulée, mais elle reste en contact avec ses lecteurs à travers les réseaux sociaux.  

«Je réponds aux questions des lecteurs, je présente des événements en direct à partir de ma maison, j’améliore mes compétences sur Skype et j’apprends à me servir de Zoom et de Google Hangout. Je vais également profiter de cette période pour écrire le vingtième tome de la série Temperance Brennan», partage-t-elle. Elle passe aussi beaucoup de temps sur Facetime pour parler à ses six petits-enfants.   

«Restez à la maison»  

En confinement dans sa maison de Charlotte, en Caroline du Nord, l’écrivaine regarde des séries télé – ses propres livres ont d’ailleurs été adaptés pour faire la série télé Bones. «Je dévore la série Bosch et j’adore Schitt’s Creek!», révèle-t-elle. Même si elle ne travaille pas régulièrement sur des enquêtes, l’anthropologue judiciaire demeure disponible au cas où un laboratoire aurait besoin de son avis.  

Son conseil: «On peut aplatir la courbe. Restez à la maison, restez en santé, lavez-vous les mains. Nous sommes là-dedans tous ensemble. Aidons-nous les uns les autres.»   

Martin Michaud  

Lieu de résidence: Région des Laurentides  

Photo d’archives, Pierre-Paul Poulin

Auteur du best-seller Ghetto X et scénariste de la série télé Victor Lessard, Martin Michaud considère que les projecteurs doivent être braqués sur les héros de la crise de la COVID-19, en ce moment.   

«Les vedettes, présentement, c’est les médecins, les infirmières, notre premier ministre, ceux qui prennent soin des malades dans les CHSLD. Ce sont eux les stars», note-t-il en entrevue. Martin assure que ses proches sont en santé et en sécurité et qu’il relève le défi que bien des gens tentent de relever: essayer de trouver une normalité dans cette anormalité qui se passe présentement. Il trouve que la crise actuelle questionne le job des créateurs.   

«Qu’est-ce que tu veux raconter, en fiction, qui va égaler ce qu’on est en train de vivre? En même temps, c’est toujours comme ça: la réalité dépasse toujours la fiction. J’ai écrit en 2016 un roman sur les attentats terroristes et deux semaines après qu’il a été publié, il y a eu les attentats de Paris...»   

Martin vient d’emménager dans le nord de Montréal et partage ses journées entre ses projets d’écriture et des travaux dans le sous-sol de sa nouvelle résidence, en compagnie de son fils. «On est en train de peaufiner notre talent de démolisseur et évidemment, ma blonde souhaite qu’on soit aussi bon pour reconstruire qu’on l’a été pour démolir!»    

Acheter québécois   

L’écrivain souhaite qu’en avril, les gens achètent des produits québécois... et de la culture québécoise.   

«Le gouvernement a lancé l’initiative du Panier bleu pour qu’on achète des produits locaux. Mon vœu, ce serait qu’on fasse cela, au Québec, et qu’on achète un livre québécois, qu’on regarde une série québécoise sur Tou.TV ou Club Illico. Il y en a d’excellentes.»  

Tatiana de Rosnay  

Lieu de résidence: Paris, France  

Photo tirée de Facebook

La romancière et scénariste à succès (Elle s’appelait Sarah, Boomerang, Sentinelle de la pluie) voit les effets de la crise de près en France: elle habite à 300 mètres de la tour Eiffel.   

Son quartier, habituellement très animé, est maintenant plongé dans le silence par les mesures de confinement. En entrevue, elle confie que ce n’est «pas très joyeux» et qu’elle tente de trouver ses marques dans ce «chaos silencieux». «Paris est une ville morte, silencieuse. On n’entend plus rien. Il y a ce soleil qui brille. C’est très étrange.» Sauf à 19h30, où toutes les cloches de Paris se mettent à sonner. «Je n’ai jamais entendu ça de ma vie!» À 20h, la tour Eiffel s’allume et tout le monde applaudit, dit-elle. Puis tout le monde se barricade.   

L’écrivaine, dont le nouveau roman est sorti deux jours avant la fermeture des librairies en France, meuble ses journées différemment. «C’est vrai que nous, les écrivains, on est en général confiné quand on écrit, donc ça ne change pas tellement notre quotidien. La seule chose qui change – la plus importante et la plus dérangeante – c’est l’angoisse. Elle m’empêche d’écrire, de lire, de dormir, de tout faire.» «Nous vivons dans un cataclysme. Nous devons devenir résilients nous aussi, mais je ne sais pas comment faire.»  

Danser   

Tatiana de Rosnay passe beaucoup de temps avec sa famille et ses amis au téléphone et sur Facetime.  

Pour garder le moral, chaque jour, elle écoute You Should Be Dancing des Bee Gees avec un casque sur la tête et danse le disco dans sa chambre comme si elle avait 20 ans. «Le voisin d’en face me regarde avec stupéfaction et certainement consternation! Je mets en boucle et je fais du John Travolta dans ma chambre pendant 30 minutes.»  


Le confinement, vu d’ailleurs 

Confinement, temps de réflexion, soutien aux proches, souvenirs d’autrefois, suggestions de lecture: voyez ce que les auteurs à succès Sophie Fontanel, Armel Job et Minette Walters ont partagé à ce sujet. Ils sont respectivement en France, en Belgique et au Royaume-Uni. 

Sophie Fontanel 

Lieu de résidence: Paris, France 

Photo Antoine Harinthe

Auteure du best-seller Nobelle, Sophie Fontanel a trouvé réfuge dans son petit studio de Normandie, devant la mer, dans une petite communauté où c’est le confinement presque complet. «C’est pas grand et c’est là que vit mon frère. Comme il peut être très mélancolique, je suis venue ici pour qu’il ait une autre compagnie que les chaînes infos», écrit-elle, en entrevue par courriel. Sophie dit qu’elle écrit très peu, «principalement des articles en retard et des chroniques pour mon journal (L’Obs)».  

Elle lit Le côté de Germantes, de Proust, et rêvasse. «J’essaie d’être placide.» Elle en profite pour dormir, ne rien faire, et parler avec ses amis et amies au téléphone, «prendre des nouvelles, vraiment», ajoute-t-elle. Plus de 200 000 personnes la suivent sur Instagram et elle s’est demandé ce qu’elle pouvait apporter. «Je fais des petites fables sur l’absurdité de ce monde. Ou je recueille des échanges que j’ai avec mon frère. Je ne poste aucun selfie, pour le moment je n’y arrive pas. Rien sur la mode, car c’est hors sujet. Je me refuse à sombrer dans le pathos que je vois un peu partout. J’essaie d’alléger, car tout se plombe. Et nous devrons tous tenir plusieurs semaines.»  

Elle ajoute que nous devons tous être «sages mais joyeux», pour aider les soignants et tous les corps de métiers qui sont dehors, au front. Comme auteure, elle n’a jamais imaginé ou pressenti un tel scénario. «J’ai toujours beaucoup aimé ces films où l’on voit ces gens, dans l’adversité, réussir malgré tout à être heureux, à vivre un très haut niveau d’humanité.»  

  • Son conseil: «Ne jugez pas les autres dans un tel moment. Chacun vraiment fait comme il peut.» 
  • Ses suggestions de lecture: «Agatha Christie. Tout. Proust parce que c’était un être confiné et heureux de l’être.» 
  • Films: «Il y a un site que j’adore, la Cinetek. Avec de vieux films. Des chefs d’œuvre.» 
  • Musique: «Le Modern Jazz Quartet. Ou Joao Gilberto. Rien de trop violent. Surtout rien de violent ni d’angoissant.»  

Armel Job 

Lieu de résidence: Belgique 

Photo Opal

Armel Job dit qu’il habite à la campagne dans un très petit village où les maisons sont isolées les unes des autres et que la Belgique vit un confinement général. «J’écris comme d’habitude le matin et le soir. L’après-midi, je jardine. C’est ce que je fais en temps ordinaire. La seule différence, c’est que toutes mes activités en librairie, bibliothèque, lycées, médias ont été supprimées. J’ai été interne – pour ne pas dire interné – dans un collège catholique dans ma jeunesse. Le confinement, je l’ai déjà connu. La grande différence, c’est que je me fais du souci pour les autres qui ne sont pas dans ces conditions idéales pour vivre cette période difficile. 

Armel Job rappelle que toutes les grandes grises sont des moments de vérité. «Les égoïstes se révèlent dans leur égoïsme, les inconscients dans leur inconscience, mais les héros eux se révèlent dans leur tranquille héroïsme», commente-t-il. «Lors des catastrophes nucléaires de Tchernobyl ou de Fukushima, des centaines d’ouvriers et de techniciens ont donné leur vie pour contenir le mal. Bien sûr, il n’y a pas de commune mesure avec ce que nous vivons, ce n’est pas l’apocalypse comme le claironnent quelques illuminés. Mais c’est tout de même l’apocalypse au sens étymologique. “Apocalupsis” en grec signifie “révélation”. La crise nous ouvre les yeux sur le monde que nous avons mis en place, elle nous ouvre les yeux sur les êtres humains. Des milliers de médecins, d’infirmières et infirmiers prennent des risques à chaque instant pour lutter contre le virus. On déplore déjà de nombreuses contaminations et des décès chez ces personnes qui font leur devoir. Et il ne faut pas oublier les gens qui exercent des métiers plus humbles, les services de nettoyage dans les hôpitaux, les caissières des grands magasins, et bien d’autres personnes qui acceptent de s’exposer sans en tirer de gloriole.» 

L’écrivain à succès trouve que la situation actuelle ressemble à de la science-fiction. «C’est le genre d’événement auquel personne ne croit avant qu’il arrive. En Europe, on nous a décrit en long et en large ce qui se passait en Chine depuis des mois. Personne n’imaginait que nous serions les prochaines victimes. Personnellement, je n’ai aucune aptitude pour la science-fiction. Je me contente d’écrire sur le présent ou le passé proche. Je préfère qu’il y ait une certaine distance entre les événements et la narration. Cela permet, me semble-t-il, de mieux analyser. Donc la pandémie présente, je pourrai en parler dans mes futurs romans si Dieu me prête vie. Ce sera très intéressant de revisiter cette époque troublée, de tenter de comprendre ce que les gens ont ressenti, comment ils se sont comportés, ce que cela a changé dans leur vie. Il est certain que l’humanité aura gagné en expérience humaine après ceci, même si je doute fort qu’elle en tire les leçons. Kafka disait que les deux grands péchés de l’homme étaient l’impatience et la paresse. Nous sommes impatients de sortir de la crise, mais aurons-nous le courage du changement quand nous serons soulagés?» 

Comme bien des gens, Armel Job garde contact avec les membres de sa famille, grâce à Whatsapp entre autres. «Je téléphone à mes amis et j’envoie des courriels quotidiens en particulier aux personnes âgées qui sont souvent très démunies.» 

«Cette crise a l’avantage de nous rappeler à l’essentiel. Bien des préoccupations du temps ordinaire nous semblent désormais futiles. On remet les pendules à l’heure, ou, comme nous disons en Belgique, on remet l’église au milieu du village!»  

  • Son conseil: «En ces temps d’incertitudes et de séparations, où certains disent que nous sommes en guerre, je repense à mes parents. Eux, en guerre, ils le furent vraiment. Ma mère et mon père se fréquentaient, comme on disait à l’époque. Mon père fut mobilisé estafette à l’état-major du 3e régiment des chasseurs ardennais et le frère de maman au 1er régiment. Pendant toute la campagne des 18 jours, elle fut sans la moindre nouvelle. Elle-même vécut quelque temps dans les bois par crainte des Allemands. Le bruit courait que les chasseurs ardennais avaient subi de lourdes pertes. J’imagine la terrible angoisse qui devait l’étreindre. À la capitulation, toute l’armée fut déclarée prisonnière. Ni mon père ni mon oncle ne se manifestaient. Heureusement, ils s’étaient échappés. Ils rentrèrent deux semaines plus tard. Quelle joie pour maman quand mon père réapparut en habits civils trop courts, empestant le poisson, car il était revenu à l’arrière du camion du poissonnier ostendais qui l’avait caché! C’est à ce moment je crois qu’elle accepta de parler mariage, car jusqu’alors elle avait été une fiancée un peu rebelle. Au bout de la détresse, il n’y a pas un simple retour à la normale. Pour nous aussi, je veux croire qu’il y aura un surcroît de bonheur.» 
  • Ses suggestions de lecture: «N’est-ce pas le moment idéal pour se plonger dans un de ces romans fleuves qu’on a lus autrefois ou même jamais? Quand on a peu de temps, on redoute de perdre le fil de l’histoire, mais là, on peut en profiter. Je viens de relire Les frères Karamazov que j’avais lu quand j’avais 18 ans. Presque 2000 pages, mais passionnantes!»  

Minette Walters 

Lieu de résidence: Royaume-Uni 

Photo WENN

Extraordinaire coïncidence, Minette Walters raconte dans ses deux nouveaux romans l’arrivée de la peste noire en Angleterre, dans les années 1300. Les Dernières Heures – roman fascinant – a été traduit en français et publié récemment chez Robert Laffont. Le deuxième n’est pas encore traduit.  

«Mes deux derniers livres, Les dernières heures et The Turn of Midnight racontent l’histoire d’un petit village du comté de Dorset qui a mis en place des mesures de quarantaine [confinement] pour survivre à la peste noire en 1348 et 1349. Je suis intriguée de voir à quel point il me semble avoir décrit plusieurs faits de manière juste», fait-elle remarquer, en entrevue par courriel. Minette Walters, célèbre pour ses thrillers, s’était lancée pour la première fois dans le roman historique à cette occasion. Le confinement n’a pas beaucoup changé sa routine quotidienne.  

«Comme écrivaine, j’ai toujours travaillé de la maison et le confinement n’a rien changé. Le seul impact immédiat, c’est que les éditeurs ont retardé l’impression des livres parce que les librairies sont fermées. Ce n’est pas cher payé, pour un auteur, si on considère que rester à la maison fait en sorte que les gens soient en sécurité.»  

Minette Walters et son mari vivent dans un tout petit village du Dorset et n’ont que six voisins. «Comme nous vivons à la campagne, nous n’avons pas de restrictions par rapport à nos déplacements, et nous nous saluons lorsque nous nous retrouvons à l’extérieur au même moment. Nous sommes en contact par téléphone et si l’un d’entre nous part faire des courses, il le fait pour tout le monde et dépose ce dont on a besoin au pied de l’escalier. Nous étions de bons amis avant la crise, et je suis certaine que nous le serons en double dans le futur.»  

Minette Walters voit sa petite-fille tous les jours, à distance. Elle a demandé à son fils cadet et à sa femme de s’installer dans la maison des invités, sur sa propriété, après qu’il lui a raconté avoir fait la queue pendant des heures à l’extérieur des supermarchés de Londres, et s’être retrouvé devant des étagères vides une fois rendus à l’intérieur. «Je ne vais pas m’étendre sur cette étrange folie qui semble avoir infecté la capitale, en particulier au sujet du papier hygiénique... mais j’adore saluer Madeleine chaque fois que je promène mes chiens près du chalet.» 

La romancière souhaite que tout le monde soit en santé et en sécurité et demande aux gens de rester positifs plutôt que négatifs dans cette situation inhabituelle. «L’environnement profite d’une pause qui est bienvenue, avec la fermeture des manufactures, et les gens sont plus aimables et plus serviables avec leurs voisins. Les mères et les pères passent plus de temps avec leurs enfants et les experts du web nous enseignent comment rester en contact les uns les autres. Tout cela, c’est brillant!»  

  • Son conseil: «Restez calme et continuez. Je ne peux pas me rappeler d’un seul instant où la panique a permis de guérir ou de réaliser quoi que ce soit.» 
  • Ses suggestions de lecture: «Choisissez n’importe quel livre qui a plus de 100 ans parce qu’il n’y aura plus de copyright et le texte sera sur internet, courtoisie du Project Gutenburg. Alors... je recommande Dracula, Les Trois mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo, Les Mines du roi Salomon et tous les Sherlock Holmes. La liste est infinie et chaque livre est un merveilleux classique qui supplie d’être lu. Profitez-en!»