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La course aux remèdes: déjà 5 tests sur des humains

Un marathon pour enrayer définitivement la COVID-19 s’est engagé à travers la planète

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Une véritable course au développement de vaccins contre la COVID-19 s’est engagée à travers le globe. Selon un décompte international effectué par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), trois vaccins expérimentaux font actuellement l’objet de premiers tests chez les humains, aux États-Unis et en Chine, tandis qu’au moins 67 autres vaccins (dont celui développé par la compagnie Medicago de Québec) sont à l’étape des essais précliniques. Au cours des derniers jours, on apprenait en outre que des essais sur des humains ont été approuvés en Chine sur deux autres vaccins expérimentaux. Cela porte donc à cinq le nombre de vaccins testés sur des humains dans le monde.  

• À lire aussi: COVID-19: la course aux remèdes 

Les Américains tentent d’en produire deux   

  • Basée au Massachusetts, la compagnie Moderna, qui est dirigée par le Français Stéphane Bancel, a laissé entendre qu’une version hâtive de son vaccin pourrait être disponible sur une base limitée dès l’automne prochain aux professionnels de la santé. Même si elle en est seulement aux essais de phase 1, Moderna, qui est associée à l’institut américain des allergies et des maladies infectieuses, affiche beaucoup de confiance à l’égard du procédé d’encapsulation du code génétique du coronavirus qu’elle utilise.   
  • Non loin de là, à Philadelphie, la compagnie Inovio recourt à un procédé semblable pour préparer son vaccin, dont les essais avec des volontaires humains ont commencé au début d’avril, presque trois semaines après ceux de Moderna.     

Voici la première cobaye au monde  

Jennifer Haller est photographiée alors qu’elle reçoit un vaccin expérimental contre la COVID-19, à Seattle, le 16 mars.
Photo d'archives, Associated Press
Jennifer Haller est photographiée alors qu’elle reçoit un vaccin expérimental contre la COVID-19, à Seattle, le 16 mars.

Mère de famille américaine de 44 ans, Jennifer Haller a été la toute première personne au monde à recevoir un vaccin expérimental contre la COVID-19.  

« Je me sentais impuissante face à la pandémie. Quand j’ai vu cette possibilité, je me suis dit : ‘‘il y a peut-être quelque chose que je peux faire pour aider’’ », a-t-elle confié en entrevue au journal The Telegraph.  

Pour cela, la femme de Seattle a simplement répondu à une annonce d’un institut médical parue sur Facebook qui demandait des volontaires en bonne santé.  

Les essais cliniques de phase 1 de ce vaccin, sur un nombre restreint de volontaires, ont été lancés en mars par la compagnie pharmaceutique américaine Moderna auprès de 45 cobayes humains pour tester son innocuité.  

Mme Haller a reçu une première injection le 16 mars dernier. Elle doit en recevoir une seconde la semaine prochaine.  

« C’est comme recevoir une injection contre la grippe », a-t-elle expliqué au Telegraph, en ajoutant qu’elle a fait un peu de fièvre le lendemain, puis ressenti de la douleur au bras, mais rien de plus.  

La femme est peut-être sereine, mais il en a été autrement pour son mari et ses amis, qui lui ont manifesté beaucoup d’inquiétude. Mais celle-ci ne s’en fait pas. « Il y a une tonne de risques, mais je suis une personne vraiment positive et, dans mon esprit, les bénéfices sont plus grands que les risques. »   

Un ancien vaccin à la rescousse ?  

Des tests sont menés actuellement aux Pays-Bas et en Australie avec un ancien vaccin, utilisé couramment à l’échelle du globe, pour tester son efficacité contre la COVID-19.   

Le vaccin BCG (bacille de Calmette-Guérin) sert à lutter contre la tuberculose depuis presque 100 ans. On espère que ses propriétés contre les maladies pulmonaires inflammatoires vont fonctionner contre la COVID-19. Les tests sont effectués sur 5000 professionnels de la santé.   

Cependant, il faudra être patient parce que les premiers résultats ne seront pas connus avant la fin de l’année. De plus, les experts de l’Organisation mondiale de la santé ont exprimé beaucoup de scepticisme à l’égard de ces essais.  

Trois études avancées en Chine  

C’est en Chine où l’on retrouve les essais cliniques les plus avancés.   

Le vaccin mis au point conjointement par l’Académie militaire des sciences médicales et la compagnie CanSino Biological de Hong Kong est le seul au monde à être passé aux tests de phase 2, soit un un plus grand nombre de volontaires. Ces tests ont commencé à Wuhan, source de la pandémie.   

La technologie utilisée est la même qui avait servi à développer avec succès un des premiers vaccins contre la fièvre d’Ebola.  

Toutefois, on sait encore peu de choses sur les deux autres essais de vaccins chinois annoncés récemment.   

Celui mis au point par Sinovac Biotech pourrait, semble-t-il, fonctionner contre les différentes souches de la COVID-19, tandis qu’on ne dispose pas de détails sur le second, qui est développé par deux instituts scientifiques de Wuhan.  

12 mois, 18 mois ou ... 15 ans ? Les experts divisés  

On évalue de 12 à 18 mois le temps nécessaire à l’arrivée d’un vaccin contre la COVID-19 sur le marché. Mais serait-il possible d’accélérer les choses ? Certains spécialistes estiment que oui, mais d’autres n’y croient pas trop.   

Ainsi, Frédéric Tangy, chercheur à l’Institut Pasteur, cité par l’AFP, avance qu’un premier vaccin pourrait être prêt « à la fin de l’automne ou au début de l’hiver ». « Si tout va à la perfection », précise cependant la spécialiste britannique des vaccins Sarah Gilbert, dans une entrevue au journal The Times.   

À l’heure actuelle, certains scientifiques tentent d’accélérer le processus, notamment en escamotant le stade des études précliniques, qui sont parfois considérablement réduites, voire abolies.  

Mettre au point un vaccin contre la COVID-19 n’est pas une mince affaire. Le virus présente des défis particuliers, comme son mécanisme d’action sur le corps humain qui est encore mal compris.   

En réalité, les délais de production d’un nouveau vaccin sont, en général, beaucoup plus longs : jusqu’à 15 ans dans certains cas.  

Selon la Dre Emily Erbelding, experte de l’institut américain de l’allergie et des maladies infectieuses, « 18 mois, c’est le plus rapide que l’on puisse espérer » dans le cas de la COVID-19, a-t-elle expliqué à CNN.   

Ce qu’en pense le doc Béliveau  

Anticorps : « Les anticorps demeurent la meilleure arme pour neutraliser un virus et il est possible que cette approche représente notre meilleure chance de combattre la COVID-19 avant qu’un vaccin ne soit disponible. »