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Travailler à la maison selon...Geneviève Pettersen

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Photo courtoisie, QUB Radio L’animatrice Geneviève Pettersen en plein travail pour son émission Les Effrontées offerte sur QUB radio.

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Animatrice de l’émission Les Effrontées sur QUB radio et chroniqueuse pour Le Journal de Montréal, Geneviève Pettersen est aussi mère de trois enfants tous confinés à la maison en raison de la pandémie de COVID-19. Même si son quotidien familial a changé, elle doit continuer à assurer ses responsabilités professionnelles.

Geneviève, est-ce que le télétravail se passe bien ?

« Je dois quand même me rendre en studio tous les jours pour animer. C’est une contrainte que j’ai. En ce moment, si ma fille de 13 ans n’existait pas, je ne pourrais peut-être pas aller animer mon émission de radio parce que c’est elle qui est en charge d’absolument tout quand je m’en vais à la station. C’est elle qui s’occupe de son petit frère et de sa petite sœur : c’est elle qui prépare les repas, fait la vaisselle et même des fois des brassées de lavage. Elle a fait un “crash course” de responsabilisation ; elle a presque passé à l’âge adulte. Elle a une autre sœur de 10 ans qui l’aide, mais c’est elle qui a la responsabilité. Leur père habite juste à côté alors, s’il y a quelque chose, elles peuvent l’appeler. En ce moment, je réussis à concilier tout ça parce qu’elle peut garder. En même temps, je me sens toujours coupable et un peu mal quand je m’en vais et que je suis en train de travailler. 

Et à la maison, c’est comment ?

« C’est vraiment “tough”, en fait. Ce matin, je me suis levée avec mon fils, j’écrivais une chronique pour Le Journal de Montréal et il m’a demandé environ 78 affaires. [...] J’écris des textes ; je peux me lever pour aller servir un verre de jus, je peux faire des choses, mais en même temps, ça brise ma concentration. Mais il y a des gens qui ont des “jobs” plus “demandantes” ; je pense à des gens qui travaillent en comptabilité. J’imagine qu’ils se partagent les tâches. Moi, le défi, c’est que je suis seule : je ne vis pas avec le père de mes enfants. Ça rajoute à la charge mentale qui est déjà immense. »

Est-ce que tu travailles moins d’heures en étant à la maison ?

« Non, mais c’est sûr que je pars un peu plus tard [le matin]. Mon émission est en programmation spéciale en ce moment ; au lieu de durer deux heures, elle dure une heure et demie. Mais une quotidienne, ça se prépare dès qu’on se lève le matin. J’épluche les journaux, les grands médias, les réseaux sociaux... Et je fais le tour de mes messageries parce que pendant cette période-ci, les gens ont des préoccupations, ils voient des affaires, des situations. [...] Même si je suis à la maison, je suis toujours en contact avec mon équipe de recherche. [...] Aussi, j’écris beaucoup plus que d’habitude parce qu’on est dans une période pleine d’effervescence, inquiétante. J’essaie d’être un peu le témoin de mes préoccupations et de celles des gens. »

Y a-t-il des ressources insoupçonnées que tu as découvertes chez toi ?

« Non, mais il y a quelque chose de beau dans ce qui se passe en ce moment. C’est un drame collectif qu’on vit, c’est un moment historique, et il faut en saisir la pleine mesure. C’est un bon temps d’arrêt dont on peut bénéficier pour se questionner sur où on s’en va au niveau civilisationnel. C’est aussi un bon moment pour se reconnecter avec soi. [...] Ça nous porte à réfléchir à qui on est vraiment et qui sont les personnes qui sont vraiment importantes et présentes dans nos vies, celles qui prennent de nos nouvelles versus celles qui n’en prennent pas. Il y a une solidarité incroyable au plan national : ça fait longtemps que je n’ai pas été fière comme ça d’être québécoise. »

Comment entrevois-tu le monde du travail après la crise ?

« On réalise que les gouvernements peuvent faire des choses pas mal plus vite qu’on pensait, et les entreprises vont réaliser qu’on peut être en télétravail pas mal plus qu’elles pensaient. C’est peut-être une bonne nouvelle, mais aussi une mauvaise parce qu’on a coupé beaucoup de postes, on a mis des gens à pied. Est-ce qu’on va réembaucher tout ce monde-là ? »


En ces temps de confinement, Geneviève Pettersen jette surtout son dévolu sur les réseaux sociaux, plus particulièrement Instagram.

« Les applications que j’utilise le plus en ce moment, sur mon téléphone, ce sont Instagram et Facebook. Mon temps d’écran a explosé. On est chez nous alors notre façon d’être en communication avec les autres, c’est de les texter, de leur parler par les plateformes de réseaux sociaux, par FaceTime. » Outre des reprises de chansons enregistrées avec l’aide de son amoureux Pierre-Yves McSween, l’animatrice et chroniqueuse donne vie à des initiatives lucratives et fort positives. « On a fait une soirée-bénéfice virtuelle. J’ai entraîné mon chum là-dedans parce que je m’implique depuis peut-être deux ans avec la fondation Mères avec pouvoir (meresavecpouvoir.org) qui vient en aide à des mères monoparentales souvent assez jeunes qui veulent terminer leurs études ou qui ont un projet d’études. Elle leur donne un appartement dans Hochelaga-Maisonneuve. [...] En Facebook Live, on a décidé de faire une soirée-bénéfice et on a amassé 2000 $. »