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La Chine, l’alpha et l’oméga de la crise

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Photo AFP Sur cette photo prise le 27 février dernier, un agent de sécurité prend la température d’un employé à l’entrée de la société Azure Eyeglasses à Wenzhou, en Chine.

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Nous regardons les choses d’une microperspective, c’est normal : les risques que NOUS courons ; la menace dans NOS CHSLD ; NOS emplois qui sont en suspens. Sauf que tout part de la Chine et y revient.

Il y a, tous les jours, de bonnes raisons de s’horrifier des bilans terrifiants en Italie ou en Espagne. On peut aussi regarder avec agacement ou admiration les allocutions pompeuses du président Trump.

La Chine, toutefois, est au cœur de l’avant et de l’après : de la crise à laquelle la planète entière est confrontée à la longue et douloureuse sortie qui s’annonce, en passant par nos difficultés quotidiennes à y faire face.

D’abord, sans tomber dans la xénophobie trumpienne, le virus est bel et bien chinois, qu’il ait fait le saut des animaux aux humains dans un marché de Wuhan ou qu’un chercheur d’un laboratoire de virologie, tout à côté, l’ait « échappé » dans la nature, comme le Washington Post, puis FOX News, l’ont évoqué cette semaine.

LA TRANSPARENCE, CONNAIS PAS

Une fois la contagion entamée, les apparatchiks du parti communiste chinois ont tout fait pour dissimuler, supprimer, minimiser les informations sur la Covid-19, faisant perdre un temps précieux aux responsables de la santé publique dans leurs efforts pour freiner la propagation du coronavirus.

Parallèlement, les autorités chinoises auraient ralenti la réponse internationale en flouant l’Organisation mondiale de la santé, dont la réputation – notamment aux yeux des Américains – est désormais compromise. Selon le média en ligne américain Axios, Pékin n’a pas versé de larmes sur les malheurs de l’OMS, ayant déjà développé sa propre « Route de la soie de la santé », autre façon de s’attacher l’allégeance de pays en manque de tout un peu partout à travers le monde. Pour revenir à notre réalité, les défis constants à combler nos besoins de masques, de gants et d’équipements de protection – qu’il faut aller chercher directement en Chine – montrent la dépendance que nous avons développée à l’égard de la production chinoise... et non seulement pour remplir les étagères des magasins à un dollar.

POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE

Récemment, Tim Morrison, un ancien de l’administration Trump et aujourd’hui expert de l’Asie-Pacifique à l’Hudson Institute, décrivait devant une commission sénatoriale comment les États-Unis en 2004 ont cessé de produire localement de la pénicilline.

La décision de transférer le travail en Chine a été prise au sein de conseils d’administration qui n’ont considéré qu’un profit à court terme. Ce genre de calcul s’est répété des milliers de fois, sans conséquence immédiate jusqu’à ce que, comme le soulignait Morrison, « nous nous retrouvions maintenant en pleine urgence mondiale de santé publique ».

Attendons-nous enfin à souffrir du ralentissement de la locomotive économique chinoise. Pour la première fois depuis 1976, la deuxième économie mondiale, au lieu de maintenir sa continuelle expansion, a rétréci : un recul de 6,8 % par rapport à l’année dernière.

Plus souvent qu’autrement, la vigueur économique chinoise a compensé, ces dernières décennies, le marasme économique ailleurs dans le monde. C’est une autre dépendance, j’ai bien peur, dont nous aurons toutes les peines à nous débarrasser.