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Publicité électorale: la Chine au cœur de la confrontation Trump–Biden

Publicité électorale: la Chine au cœur de la confrontation Trump–Biden
AFP

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Une semaine après la fin de la course à la nomination démocrate, les campagnes publicitaires en faveur de Donald Trump et Joe Biden sont définitivement lancées. Les deux candidats privilégient l’attaque et pointent la Chine du doigt pour la COVID-19. 

Un des thèmes actuels de la stratégie de communication changeante de Donald Trump sur la COVID-19 est d’en faire porter le blâme sur la Chine, à qui on reproche le manque de transparence et de collaboration avec les autorités internationales et américaines dans les premières phases de la propagation du coronavirus. Il s’agit d’un revirement important, car dans les semaines cruciales où le virus est apparu aux États-Unis, le président s’efforçait d’en minimiser la portée, notamment en félicitant la Chine pour sa transparence et les mesures énergiques prises en vue de contrer la pandémie.  

Le Bonhomme sept heure chinois 

Aujourd’hui, alors que le bilan de la pandémie a passé le cap des 40 000 décès, le président Trump continue de traiter les conférences de presse quotidiennes du comité d’action dirigé par son second Mike Pence comme une tribune pour ses discours partisans déjantés. Il ne manque en effet aucune occasion de blâmer la Chine et, par association, l’Organisation mondiale de la santé pour leur gestion défaillante de la crise. Il y a des parcelles de vérité dans ces dures évaluations, ce qui donne au président l’occasion de les gonfler totalement hors de proportion. Plus inquiétant encore, Donald Trump ne fait aucun effort pour faire taire les théories du complot qui circulent à l’effet que la Chine aurait volontairement créé ce virus en laboratoire. (Bien sûr, les Chinois ne sont pas en reste et leur gouvernement ne fait rien pour contrer les théories miroir selon lesquelles le virus aurait pris naissance dans des laboratoires américains.)  

Le vrai vilain 

La Chine est le Bonhomme sept heures idéal dans cette crise, mais dans ses discours à saveur résolument partisane, le président ne manque pas de présenter une version idéalisée de sa propre performance, qu’il proclame parfaite à tous les égards, et surtout d’attaquer le vrai vilain: son opposant Joe Biden. Ces attaques se retrouvent évidemment dans la publicité électorale de la campagne de Trump, qui semble avoir déterminé qu’elle a plus à gagner à attaquer son adversaire en le qualifiant de mou envers la Chine qu’en tentant de défendre les actions du président lui-même.  

Par exemple, dans la publicité ci-dessous, la campagne Trump alimente les théories du complot délirantes qui abondent sur les tractations du fils de Joe Biden avec la Chine et les apparences de conflits d’intérêts qui peuvent naturellement y être associées. 

Il est clair que, comme dans tout ce qui entoure l’affaire ukrainienne, les agissements du fils de Joe Biden sont et resteront une source intarissable d’attaques contre l’ex-vice-président, qui le forceront de jouer à la défensive pour une bonne partie de la campagne. 

Inaction tragique 

Il ne faut quand même pas négliger les possibilités d’attaques que la gestion douteuse des premiers moments de la crise du coronavirus offre sur un plateau d’argent à la campagne démocrate contre Donald Trump. Par exemple, cette publicité de Biden qui circule énormément sur les réseaux sociaux met le doigt, entre autres, sur l’hypocrisie du revirement soudain du discours de Trump à l’encontre de la Chine. À sa défense le président souligne qu’il cherchait à protéger ses ententes commerciales avec le géant chinois

La vérité, selon Biden, est que l’inaction du président dans ces premières semaines cruciales a laissé les États-Unis tragiquement exposés au virus. Il décrit de plus de façon très explicite le démantèlement des mesures mises en place par l’administration Obama pour préparer les États-Unis à la propagation d’un tel virus à partir de la Chine. 

Ce ne sont que deux exemples et il y en aura d’autres. Pour le moment, il semble clair que le président aura du mal à faire campagne sur l’économie et il n’aura pas beaucoup plus avantage à mettre en valeur sa performance dans la gestion de la pandémie, alors il privilégiera les attaques négatives contre son adversaire pour exploiter au maximum la polarisation partisane. Quand à Joe Biden, il a tout intérêt à ce que cette campagne soit le plus possible associée à un référendum sur Donald Trump et son impact toxique sur les États-Unis (et le monde).