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Des scénarios envisagés dans les CPE en vue d’une réouverture graduelle

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RIMOUSKI | Alors qu'on se questionne sur la possibilité d'un déconfinement pour certaines régions moins touchées par la COVID-19 et que la liste des travailleurs essentiels pourrait éventuellement s'allonger, les services de garde d'urgence mis en place pourraient ne plus suffire à la demande. Les Centres de petite enfance (CPE) doivent donc se préparer en vue de la levée possible des mesures de confinement.

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Actuellement, le gouvernement demande aux CPE de respecter une capacité maximale de 30% du ratio d’enfants et de 50% du ratio d’éducateurs/éducatrices par centre. À Rimouski, sur les huit CPE en fonction pour les services de garde, la plupart ont presque atteint leur ratio maximal, selon les informations du directeur général de l’Aurore Boréale, Simon Dufresne. Bien qu’il y ait encore une marge de manœuvre, un plan d’action doit être mis en place auprès du personnel.

«On voit qu'il y a une réalité régionale à considérer, on verra comment le gouvernement va naviguer là-dedans. C'est un jeu de Tetris assez compliqué, on comprend que c'est un gros casse-tête aussi pour le gouvernement, mais il y a de la bonne volonté de notre côté, a mentionné Geneviève Belsile, directrice générale de l’Association québécoise des CPE (AQCPE).

Les Centres de la petite enfance songent aussi à des outils pédagogiques pour préparer les enfants au port du masque. Plusieurs mesures de sécurité ont été mises en place depuis l’ouverture des services de garde d’urgence, effectifs depuis le 16 mars dernier. L’AQCPE a envoyé un sondage à ses membres afin de connaître leur opinion sur l’efficacité de celles-ci. Une analyse est en cours pour évaluer les options, mais des inquiétudes persistent encore.

«Je ne vous cacherai pas que dans le réseau, il y a de l'inquiétude, entre autres chez les éducatrices et les responsables de services de garde en milieu familial. C'est tout à fait comprenable, parce que le concept de distanciation sociale dans notre milieu est très difficile. Ce qu'il faut c'est de mettre en place des mesures pour compenser au niveau de la prévention. Les membres nous ont aidés à faire le bilan et c'est ce qui nous a permis de procéder à un certain nombre de recommandations et de demandes au niveau du ministère et de la santé publique pour la suite», a ajouté Mme Belsile.

Un casse-tête pour les parents

La pression quant à un éventuel retour au travail se fait aussi sentir dans certains foyers familiaux qui doivent songer à une solution pour la garde de leurs enfants. Au Bas-Saint-Laurent, bien que le nombre de cas de COVID-19 soit stable depuis maintenant 12 jours, l’éventualité d’une éclosion dans un CPE inquiète certaines familles plus à risque.

«Moi je suis dans une situation particulière puisque la mère de mes enfants est immunosupprimée. Elle doit recevoir des traitements d’anticorps mensuellement pour survivre à toute maladie transmissible. En raison de sa santé fragile, les dommages pourraient être irréversibles advenant une contamination des enfants à la COVID-19. J’ai réfléchi à la situation et j’en suis venu à la conclusion que je dois garder mes enfants à la maison afin de prévenir toute éclosion dans la famille», a constaté Pierre-Luc Leclerc, père de famille de deux jeunes enfants.

L’AQCE dit entendre les inquiétudes et les demandes des parents et tient à s’assurer de la santé et de la sécurité de tous avant de songer à une réouverture progressive. La décision finale est maintenant entre les mains du ministre de la Santé et du gouvernement.