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Kingsbury : une option sur le titre d'athlète de l'année?

Kingsbury : une option sur le titre d'athlète de l'année?
AFP

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Quand la joueuse de tennis Bianca Andreescu a remporté les Internationaux de tennis des États-Unis en septembre dernier, le Québécois Mikaël Kingsbury l’a félicitée comme lui seul pouvait le faire.  

«Yo, Bianca Andreescu, peu importe quand tu veux venir prendre le Lou-Marsh, je l’ai à Montréal. Il est tout à toi, maintenant!», avait-il écrit, sur Twitter.  

Ce clin d’œil rempli d’humour avait naturellement connu un «buzz» sur le web. Maintenant, en 2020, on a l’impression qu’Andreescu pourrait lui rendre la pareille dès le mois d’avril.  

 

Kingsbury : une option sur le titre d'athlète de l'année?
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Avec la suspension des compétitions sportives et le report des Jeux olympiques de Tokyo en raison de la pandémie de coronavirus, force est d’admettre que le skieur acrobatique a effectivement pris une sérieuse option sur ce trophée remis, depuis 1936, à l’athlète de l’année au Canada. Ce n’est toutefois pas le principal intéressé qui va s’en réjouir.  

«On va voir quand le sport va reprendre, a-t-il indiqué, lors d’une généreuse entrevue téléphonique. Je n’ai aucun contrôle là-dessus. Personnellement, je dois simplement me concentrer sur ce que j’ai à faire. Si jamais je devais être l’athlète de l’année, mais je crois qu’il y a déjà plusieurs autres candidats, ça n’enlèverait rien à ce que j’ai accompli et au prestige relié à ce titre.»  

Déjà, Kingsbury a reçu, plus tôt cette semaine, le prix commémoratif John Semmelink, qui honore le meilleur athlète canadien en sports d’hiver.  

Sa meilleure saison  

Présentement en confinement chez ses parents à Deux-Montagnes, le bosseur québécois espère évidemment voir la planète sportive recommencer à tourner. L’athlète de 27 ans est lui-même un grand partisan de la Ligue nationale de hockey et du baseball majeur. Moins spectaculaires qu’un but de Connor McDavid ou un circuit de Mike Trout, il observe plutôt, ces jours-ci, les conférences de presse du premier ministre François Legault et du Dr Horacio Arruda.  

«Disons que le mois d’avril est un peu différent cette année, a noté Kingsbury, qui conserve néanmoins le moral. Pour moi, comme athlète, ce n’est pas dramatique. Notre saison de ski acrobatique a été un peu écourtée, mais je suis justement supposé me reposer à ce temps-ci de l’année.»  

Entre deux entraînements dans la cour de ses parents, Kingsbury a par ailleurs le loisir d’astiquer ses 18 globes de cristal, dont les deux derniers qu’il vient d’ajouter à sa collection.  

«À chaque année, je me bats pour le petit globe de ma spécialité, c’est un peu ma coupe Stanley, a-t-il décrit. Le gros globe (remis à l’athlète qui accumule le plus de points parmi toutes les disciplines de ski acrobatique), c’est de l’extra, mais c’est moins ce que je recherche au départ. Je ne contrôle pas les résultats du gars qui fait du half pipe, par exemple.»  

«Honnêtement, si on parle uniquement du circuit de la Coupe du monde, je peux dire que j’ai connu la meilleure saison de ma carrière, a ajouté Kingsbury. Mon pire résultat en 10 courses a été de terminer deuxième (sept médailles d’or et trois d’argent). Et toutes les fois, ç’a été serré.»  

D’autres candidats  

Si Andreescu ne lui a pas réécrit sur Twitter, c’est que la prudence est peut-être de mise. D’autres athlètes canadiens ont aussi connu un début d’année extraordinaire, dont les patineuses de vitesse Ivanie Blondin (longue piste) et Kim Boutin (courte piste), de même que le joueur de tennis Félix Auger-Aliassime, pour ne nommer que ceux-là.  

Certaines annulations ont toutefois empêché plusieurs sportifs d’améliorer leur palmarès et la situation perdure.  

 

Penser aux autres  

 

Kingsbury : une option sur le titre d'athlète de l'année?
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Le skieur acrobatique Mikaël Kingsbury est rempli de compassion pour les athlètes qui ont vu les prochains Jeux olympiques de Tokyo reportés, dont son partenaire d’entraînement, le judoka Antoine Valois-Fortier, et les plongeuses Meaghan Benfeito et Jennifer Abel, qu’il connaît aussi très bien.  

«Qu’on le veuille ou non, personne ne s’en va en rajeunissant, a affirmé Kingsbury. Au moins, les Jeux de Tokyo ne sont pas annulés, mais reportés d’un an. Ça donne le temps aux athlètes de faire un “reset” et de revoir leurs objectifs pour atteindre à nouveau un plateau de performance pour les Jeux, en 2021.»  

«Honnêtement, je n’étais pas super content, au départ, avec les nouvelles entourant le report des Jeux, a avoué Valois-Fortier, 30 ans, qui a d’abord vu le Canada se retirer de la compétition olympique. J’étais vraiment sur une super lancée. Ceci étant dit, je suis très heureux que ce soit reporté et non pas annulé.»  

Un an de plus pour étudier  

Pour aider les autres sportifs à faire face à la situation, Kingsbury propose d’ailleurs une approche intéressante.  

«C’est comme si tu vas à l’école et que tu as un gros examen, a-t-il imagé. Tu te prépares et soudainement, tu apprends que tu auras un an de plus pour étudier.»  

Dans le cas de Kingsbury, son prochain «gros examen» est toujours prévu en février 2022 lors des Jeux olympiques d’hiver prévus à Pékin, en Chine. Il aura alors dans la mire une troisième médaille olympique, une deuxième en or. Toutefois, avec l’incertitude que le monde du sport vit présentement, ce rendez-vous semble encore loin.  

 

En lice pour un huitième Maurice d’affilée  

 

À nouveau en lice dans la catégorie «Athlète masculin niveau international» au prochain Gala SportsQuébec, le skieur acrobatique Mikaël Kingsbury pourrait mettre la main sur un huitième Maurice d’affilée.  

En fait, le dernier récipiendaire du titre autre que Kingsbury est le skieur Érik Guay, en 2011. Si l’événement couronnant les meilleurs athlètes québécois n’avait pas eu lieu l’année suivante, en raison d’un changement de date, le champion des bosses l’a toujours emporté depuis 2013.  

Cette fois, en 2020, Kingsbury est finaliste en compagnie de son bon ami, le judoka Antoine Valois-Fortier, et de Brent Lakatos (para-athlétisme). Chez les femmes, Kim Boutin (patinage de vitesse courte piste), Linda Morais (lutte olympique) et Aurélie Rivard (paranatation) sont les candidates pour le titre d’athlète féminine au niveau international. Les récipiendaires seront connus le mercredi 6 mai.