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La grande réunion

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Toute la saison dernière, les partisans des Patriots n’espéraient qu’une chose : que Tom Brady et Rob Gronkowski soient de nouveau réunis en Nouvelle-Angleterre. La réunion tant attendue aura finalement lieu, mais à Tampa. Comme quoi les événements tournent à un rythme fou dans la NFL. 

Le « Gronk » sort de sa retraite, et qu’il ait accepté de le faire démontre que malgré son union plus que productive avec les Patriots, c’est avant tout à son quart-arrière qu’il a toujours prêté allégeance.  

Ce grand retour de l’un des meilleurs ailiers rapprochés de l’histoire met aussi en lumière un autre élément. Le « Patriot Way », si efficace et productif soit-il, en a refroidi plus d’un dans les dernières années. Le climat de lourdeur et la quête constante d’excellence de l’entraîneur-chef Bill Belichick finissent inexorablement par user les troupes, par saper le moral, même des plus loyaux soldats. 

Gronkowski, une personnalité publique éclatée comme il ne s’en fait plus dans le moule aseptisé du sport, rêvait d’aller voir ailleurs si l’herbe était plus verte pour s’éclater un brin. Tout comme Brady, d’ailleurs.  

LA SUITE CHEZ LES PATRIOTS 

Quand des assoiffés insatiables de victoire comme eux cherchent à sortir des rangs, il devient difficile de croire que le message de l’empereur a la même portée.  

De là à prédire la chute des Patriots ? Pas si vite, mais Belichick a toujours exercé une poigne inébranlable sur ses joueurs parce que les plus adulés d’entre eux acceptaient sans broncher ses remontrances. Quand les gros noms écoutent sans rechigner, le troupeau suit. 

Certains diront que Belichick a laissé filer Gronkowski pour une bouchée de pain. Vrai qu’un choix de quatrième tour en retour d’un joueur de cette trempe, ça semble peu à première vue.  

Sauf que Gronkowski n’allait pas sortir de sa retraite pour revenir chez les Patriots. Dans ce contexte, c’est de l’argent trouvé par terre que l’architecte de l’organisation a ramassé. 

Cela dit, Belichick continue de miser sans retenue sur l’efficacité du « système ». Un jeune quart-arrière fera l’affaire. Un ailier rapproché inconnu fera le boulot. Un Julian Edelman vieillissant inspirera les troupes. Les nombreux partants qui sont partis seront remplacés les yeux fermés. Jusqu’à ce que le système ne fonctionne plus.  

ET LES BUCS ? 

Chez les Bucs, il y a désormais toute une congestion au poste d’ailier rapproché, et un autre échange se trame sans doute. Derrière le « Gronk », se retrouvent OJ Howard, Cameron Brate et Antony Auclair. 

Auclair n’a pas à craindre pour son poste. Oui, Gronkowski est solide en situation de bloc sur la course, tout comme lui, mais à 31 ans et après de nombreuses blessures, il faudra économiser le corps du vétéran. Auclair lui permettra de respirer. 

Pour Howard ou Brate (dont le contrat est faramineux), le portrait diffère. Les Bucs ne garderont pas trois ailiers rapprochés dans le même moule.  

Chose certaine, Tom Brady, qui se retrouvait déjà sous une pression énorme à Tampa, vient d’en reprendre une couche. Avec sa cible de prédilection à bord, il est encore plus condamné à gagner. Il a une munition de plus, et non la moindre, pour faire taire à tout jamais ceux qui se plaisent à l’étiqueter comme quart-arrière de système.  

Reste à voir quel rendement Gronkowski sera en mesure d’offrir. Il est facile d’oublier que sa dernière saison, en 2018, avait été plutôt difficile, avec seulement trois touchés et 682 verges.  

Réunir deux amis au glorieux passé n’est pas automatiquement un gage de succès pour le présent, peu importe le bruit généré par le coup d’éclat.