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Les CHSLD plus affectés au Québec qu’en Ontario

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Alors que les CHSLD du Québec sont frappés de plein fouet par la COVID-19, la situation semble moins grave en Ontario, où l’on déplore moins de décès dans les foyers de soins de longue durée. 

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Selon les données dévoilées hier, 63 % des 1041 Québécois décédés de la COVID-19 étaient des résidents de CHSLD, soit 657 personnes. Du côté de l’Ontario, 273 résidents de foyers de soins de longue durée sont décédés, soit 44 % de tous les morts. 

« Ce n’est pas clair » 

Appelé à comparer la situation du Québec avec ce qui se passe ailleurs, le premier ministre, François Legault, a indiqué hier que « ce n’est pas clair » si le nombre de décès en CHSLD est comptabilisé de la même façon partout dans le monde.  

« Au Québec, on les déclare tous, soit par les tests, soit par référence épidémiologique », a-t-il ajouté. 

Il s’agit de la même méthode en Ontario, est-il indiqué dans le rapport quotidien officiel. 

Les décès dans les foyers sont comptabilisés, « que le cas ait été confirmé ou non en laboratoire ». 

Toutefois, en Colombie-Britannique, où 60 % des personnes décédées de la COVID-19 sont des résidents d’établissements de soins de longue durée (77 morts), seuls les cas confirmés en laboratoire se trouvent dans les statistiques. 

Beaucoup d’aînés en résidence 

En plus des décès en CHSLD, on déplore au Québec 193 décès en résidences privées pour personnes âgées et en ressources dites intermédiaires. 

François Béland.
Professeur
Photo courtoisie, Université de Montréal
François Béland. Professeur

« C’est difficile d’avoir une vision claire de ce qui s’est passé. Mais il se pourrait que la population âgée du Québec soit victime de ses choix de résidence », souligne le professeur à l’école de santé publique de l’Université de Montréal, spécialisé dans les questions des aînés, François Béland. 

« Dans les résidences, les personnes âgées sont toutes ensemble. Les mesures [d’isolement] n’ont peut-être pas été prises assez tôt, ce qui fait qu’il a pu y avoir beaucoup de contacts et une transmission du virus. » 

Il rappelle que 18 % des Québécois âgés de 75 ans et plus vivent dans des résidences, contrairement à environ 6 % dans le reste du pays. 

« Les Québécois sont plus locataires qu’ailleurs et le réseau de soutien bénévole n’a jamais été aussi fort que chez les anglophones », souligne-t-il.