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Pour des emplois de qualité en transport et en énergie après la crise

pylône électrique
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La crise de la COVID-19 nuit aux Québécois et aux Canadiens de multiples façons. De notre santé à notre économie, la crise a et continuera d'avoir des effets imprévisibles pour nous tous.  

L’effet de la crise de la COVID-19 sur le secteur de l’énergie: le pétrole et le gaz, mais aussi l’électricité et les transports  

La pandémie à laquelle notre société fait face a un important impact négatif sur la sécurité d'emploi et sur les prévisions de revenus du secteur de l'énergie. Des dizaines de milliers de familles qui travaillent dans ce secteur sont actuellement confrontées à des situations extrêmement difficiles. Et si le secteur des énergies fossiles subit les conséquences de cette crise sanitaire, les travailleurs et travailleuses du domaine de l’électricité, des énergies propres et de l’électrification des transports en subissent eux aussi les contrecoups. Nous assistons ces jours-ci à des baisses de consommation d’électricité historiques (plus de 50 millions en pertes de revenus en cinq semaines pour Hydro-Québec, uniquement pour le marché du Québec), des annulations de commandes ou des reports de livraison de véhicules légers, d’autobus ou de camions de marchandise électriques ainsi que l’arrêt d’installations d’infrastructures en énergies propres et en électrification des transports.      

Des emplois de qualité... et d’avenir  

Selon Ressources naturelles Canada, 60% plus de Canadiens travaillent directement dans le secteur de l'électricité que dans le secteur de l'extraction du pétrole et du gaz. Par ailleurs, selon le document Tracking the Energy Revolution 2019, publié l’automne dernier par Clean Energy Canada:          

  • Environ 300 000 personnes travaillent maintenant dans le secteur des énergies propres au Canada.     
  • Ce nombre devrait presque doubler d'ici 2030, avec une projection de 559 400 emplois.     
  • Près de la moitié d'entre eux seront dans les transports propres: 262 600 emplois.     
  • Alors que le PIB moyen au Canada croît d’environ 1,5% par année, celui des énergies et des transports propres croît au rythme de 3,4% par an, ce qui signifie une croissance attendue de 54,9 milliards de dollars au début de l’année 2020 à 77,4 milliards en 2030.          

En effet, des centaines d’entreprises d’ici conçoivent et développent des technologies innovantes dans le secteur des énergies propres et de la mobilité durable, tandis que d’autres construisent et assemblent des véhicules légers et lourds partiellement et entièrement électriques, ainsi des infrastructures de recharge un peu partout au Québec et au Canada. Ces entreprises embauchent des centaines de milliers de Québécois et de Canadiens: chercheurs, ingénieurs, électriciens, mécaniciens, designers, entrepreneurs, employés d'usine, mineurs, vendeurs, installateurs, techniciens de service, etc. Prenons pour exemple la Compagnie Électrique Lion, une entreprise québécoise qui fabrique des autobus et des camions électriques. Celle-ci crée des milliers d’emplois partout au pays en s’approvisionnant auprès de plus de 150 entreprises québécoises et 100 autres entreprises partout au Canada.      

C’est dire à quel point ces emplois jouent un rôle important dans notre économie.     

Or un bon nombre de ces emplois sont aujourd’hui en péril, car de nombreuses PME et de grandes entreprises sont confrontées à des arrêts de travail et des difficultés économiques, ce qui fragilise leur viabilité ainsi que la transition vers les énergies propres et les transports durables. Pour ajouter à cette incertitude, le prix du pétrole est actuellement à un creux historique, ce qui nuit aussi à la transition énergétique partout au pays.      

Dans la foulée de la crise de la COVID-19, Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (IEA), a récemment affirmé: «Des investissements à grande échelle pour soutenir le développement, le déploiement et l’intégration des technologies vertes telles que le solaire, l’éolien, l’hydrogène, les batteries et la captation de carbone devraient être un élément central des plans gouvernementaux, car cela amènera le double bénéfice de stimuler l’économie tout en accélérant la transition vers les énergies propres. Le progrès que ceci amènera dans la transformation de nos infrastructures énergétiques ne sera pas temporaire, ce qui pourra faire une différence durable pour notre avenir.»      

Changements climatiques: des objectifs à atteindre  

Alors que le Québec et le Canada se sont fixé des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), les chiffres publiés il y a quelques jours à peine confirment ce que nous redoutions. Plutôt que de diminuer, les émissions de GES du Québec et du Canada ont encore augmenté en 2018 par rapport à 2017, nous éloignant un peu plus de l’atteinte de nos objectifs. En effet:          

  • Les émissions de GES de l’exploitation gazière et pétrolière canadienne ne cessent de croître: +82% entre 1990 et 2018;     
  • Les émissions de GES des transports continuent également d'augmenter: + 53% entre 1990 et 2018 au Canada et + 23% entre 1990 et 2017 au Québec;     
  • Entre 2017 et 2018, les émissions de GES des transports (+7,3 Mt) ont augmenté presque deux fois plus rapidement que celles de l’exploitation gazière et pétrolière (+4,1 Mt) au Canada.          

Si nous laissons cette crise ralentir, voire stopper la transition énergétique au Québec et au Canada, cela pourrait à la fois nuire à nos objectifs de réduction de gaz à effet de serre et à l’avenir de notre industrie.       

Pour ce 50e anniversaire du Jour de la Terre, les gouvernements du Québec et du Canada soutiendront-ils la relance des entreprises impliquées dans les énergies propres et l’électrification des transports, qui contribueront à créer des centaines de milliers de nouveaux emplois de qualité chez nous tout en améliorant notre environnement, ou nous retrouverons-nous dans quelques années avec une industrie qui s’est effondrée ici, ce qui nous forcera à importer tous ces produits, technologies et véhicules, déplaçant du coup des emplois de qualité à l’étranger?     

La question est lancée.     

Les coauteurs sont:    

  • Daniel Breton, Président et Directeur Général de Mobilité Électrique Canada     
  • Merran Smith, Directrice exécutive de Clean Energy Canada     
  • Jean-François Nolet, Vice-président – politiques publiques, affaires publiques et gouvernementales de l'Association canadienne de l’énergie éolienne     
  • Ian Klesmer, Directeur stratégies et subventions de The Atmospheric Fund