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Séance virtuelle de l’Assemblée nationale: une première historique à Québec

Le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon initiera le nouveau forum.
Photo d'archives, Didier Debusschère Le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon initiera le nouveau forum.

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Ministres et députés de l’opposition troqueront le solennel Salon bleu contre des échanges par vidéoconférence vendredi, alors que se tiendront les premières séances virtuelles de l’histoire de l’Assemblée nationale.  

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Plutôt qu’une période des questions en ligne, les formations politiques représentées à Québec se sont entendues pour tenir quatre séances sur la plateforme Teams (d’un total de six heures) qui prendront la forme de commissions parlementaires.   

À 15h, le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon initiera le nouveau forum. Pour les députés de l’opposition, ce sera la première occasion d’interroger un membre du gouvernement depuis que l’épidémie de COVID-19 a forcé la suspension des travaux parlementaire, le 17 mars dernier.   

Après M. Fitzgibbon, le ministre du Travail, Jean Boulet, viendra répondre à son tour aux questions de ses critiques parlementaires.   

Compromis  

Pour le leader parlementaire du Parti québécois, Martin Ouellet, ces quatre séances qui se poursuivront la semaine prochaine sont un «compromis», puisque le premier ministre se montrait «réfractaire» à reprendre les débats parlementaires.   

«Je pense que je n'ai pas besoin d'expliquer que Danielle McCann a moins de temps à donner, à être capable de faire ça dans les prochaines semaines», illustrait François Legault la semaine dernière, au sujet de sa ministre de la Santé.   

En retour, les partis d’opposition ont convenu de fournir au gouvernement les thèmes qui seront abordés. Les ministres éviteront ainsi d’avoir à s’entourer d’une armée de fonctionnaires qui pourraient leur fournir des réponses sur-le-champ, comme c’est le cas lors de l’étude des crédits.   

Trouver le juste ton  

«Le but, ce n’est pas d’être partisan, mais d’obtenir des réponses à plein de questions, connaître leurs intentions, explique Martin Ouellet. Par exemple, plusieurs programmes ont été mis en place, mais il y a des entreprises qui ne touchent rien parce qu’elles tombent dans les craques.»   

La porte-parole libérale en matière d’économie estime aussi que le ton sera plus «positif» en cette période de crise sanitaire. «Il va falloir trouver le juste équilibre», fait valoir Dominique Anglade.   

Elle souligne que le gouvernement doit notamment expliquer comment il envisage la relance économique, alors que le premier ministre Legault a annoncé d’importants changements dans les mois à venir. «S’il y a un avant et un après qui doit être différent, je m’attends à ce que la vision et les gestes qui vont être posés soient aussi différents», dit Mme Anglade.   

En direct... de la maison  

Les quatre séances à l’horaire débuteront par une vidéo introductive du président de l’Assemblée nationale, François Paradis. Ensuite, seul le président de la commission parlementaire se trouvera sur place, à Québec, tandis que les députés de l’opposition interviendront par vidéoconférence.   

Mais n’espérez pas pouvoir épier les maisons des élus: les arrière-plans seront remplacés par des images de l’Assemblée nationale. Les députés auront également un défi supplémentaire, alors qu’ils devront chronométrer eux-mêmes leur temps de parole, sous peine de se faire couper le micro.   

«C’est comme un projet-pilote qui nous permettra de voir de quelle manière on est capables de faire avancer la démocratie dans un contexte virtuel», dit Dominique Anglade.   

Si la députée libérale s’adressera au ministre à partir de sa maison, Martin Ouellet, lui, optera pour le bureau de circonscription. «Comme ça, je n’aurai pas mon chien ou mes enfants qui pourraient passer derrière pendant une intervention», lance-t-il en riant.   

Attention au micro ouvert  

Et petit conseil aux élus qui se prêteront à l’exercice: attention à vos propos, même quand vous croyez avoir fermé votre micro.   

Aux Pays-de-Galles, une des premières législatures à avoir adopté les séances virtuelles, le ministre de la Santé, Vaughan Gething, l’a appris à ses dépens mercredi. «C’est quoi son tab* de problème?», a-t-il lancé au sujet d’une collègue du même parti, alors qu’il se croyait inaudible.   

Parmi la vingtaine de participants, plusieurs élus ont eu de la difficulté à retenir un fou rire. M. Gething, lui, a dû appeler la députée en question pour s’excuser.   

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