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COVID-19 dans les CHSLD: «Difficile de comprendre qu’on soit rendu là»

Nathalie Grandvaux, chercheuse en virologie et professeure titulaire au Département de biochimie et médecine de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et chercheuse au Centre de recherche du CHUM.
Capture d'écran TVA Nouvelles Nathalie Grandvaux, chercheuse en virologie et professeure titulaire au Département de biochimie et médecine de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et chercheuse au Centre de recherche du CHUM.

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Une chercheuse en virologie se désole que le Québec soit plus touché que le reste du Canada à cause de la situation dans les CHSLD et ne croit pas qu’on puisse inverser la tendance.  

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«C’est plus que dramatique. C’est difficile de comprendre qu’on soit rendu là. Toutes les personnes vulnérables sont ensemble [en CHSLD]. Donc, le virus n’a qu’à se propager. La prochaine personne qu’il atteint est une autre personne vulnérable. Il n’y a rien qu’on puisse faire contre ça», s’est désolée Nathalie Grandvaux, professeure en biochimie à l’Université de Montréal, en entrevue sur les ondes de LCN, vendredi.  

Pourtant, le gouvernement avait dès le début ciblé les CHSLD comme un élément-clé du contrôle de la courbe épidémique, a-t-elle rappelé.  

«Quand le gouvernement avait présenté les courbes des différents scénarios, on disait à l’époque que l’élément qu’on ne contrôlait pas, c’était le début des infections dans les CHSLD», a-t-elle mentionné.  

Au Québec, près de 87% des victimes de la COVID-19 vivaient dans un CHSLD, une résidence privée pour aînés ou une ressource intermédiaire.  

Pour l’ensemble de la population, le taux de mortalité du nouveau coronavirus s’élevait, en date du 24 avril à 16h30, à environ 5,6% au Québec, Il s’agit d’un pourcentage comparable à celui de l’Ontario, mais également à celui des États-Unis, le pays le plus touché par la pandémie sur la planète avec plus de 900 000 cas et plus de 50 000 décès.  

Ces chiffres laissent entendre que le Québec compte plus de morts que le reste du Canada parce qu’il a plus de cas.  

Or, pour Horacio Arruda, directeur de santé publique du Québec, le Québec totalise plus de cas de COVID-19 que partout ailleurs au Canada en raison du volume plus élevé de dépistage.  

Mutation limitée  

Ces statistiques grimperont-elles davantage à l’automne, lors de l’arrivée pressentie d’une deuxième vague de propagation? Difficile à prévoir, répond Mme Grandvaux.  

«Le type de virus auquel on a affaire a tendance à muter son génome, a commencé par expliquer Nathalie Grandvaux, avant de se faire plus rassurante.  

«Cette possibilité existe, mais ce qui est rassurant, c’est que les analyses constatent que son taux de mutation est très faible en comparaison avec d’autres virus comme la grippe, par exemple», a-t-elle poursuivi.  

«On fait affaire avec à un virus qui se propage très, très vite et qui donne des symptômes très sévères. Donc, c’est peu probable qu’une mutation amplifie encore ça. La chose qui pourrait arriver, c’est que le tropisme change, donc que la sévérité soit dirigée vers un autre type de personnes que les personnes âgées ou celles avec une comorbidité», a-t-elle également mentionné.  

Partout sur la planète, les scientifiques sont en quête d’un vaccin efficace. De nombreux pays et acteurs économiques privés se sont engagés vendredi à se mobiliser aux côtés de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour accélérer la production de vaccins, de traitements et de tests contre le nouveau coronavirus et en assurer un accès équitable.  

En Chine, d’où la COVID-19 tient son origine, un vaccin expérimental a pour la première fois «largement protégé» des singes contre le nouveau coronavirus, récemment. Le vaccin, qui utilise des agents pathogènes inertes du virus à l’origine de la maladie de la COVID-19, a été administré à huit macaques rhésus, qui ont ensuite été artificiellement contaminés trois semaines plus tard, selon la recherche publiée par le géant pharmaceutique Sinovac Biotech.