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Des inquiétudes pour nos jeunes

Quebec
Photo Stevens LeBlanc «L’avenir, c’est nos jeunes, alors il faut y penser, s’en préoccuper, et réfléchir à l’après, aux dommages collatéraux de la crise.» — Luc Richer, ici en compagnie d’une coordonnatrice et de jeunes

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Dans quel état retrouverons-nous les jeunes après des mois de confinement et d’école non obligatoire? 

La question préoccupe de nombreux parents et intervenants, dont Luc Richer, de Motivaction Jeunesse, organisme qui travaille à prévenir le décrochage chez les jeunes en difficulté, et ce, à travers une foule d’activités. 

«L’avenir, c’est nos jeunes, alors il faut y penser, s’en préoccuper, et réfléchir à l’après, aux dommages collatéraux de la crise», souligne celui qui a un peu le sentiment qu’on les oublie dans le discours actuel.  

M. Richer pointe les conséquences d’un arrêt prolongé sur l’état psychologique et physique des jeunes. 

Il s’inquiète d’autant plus pour ceux qui ont «le décrochage facile», qui ont besoin d’appuis dans l’apprentissage, sont dépendants des écrans, éprouvent des difficultés de comportement, ou risquent de passer leur temps à consommer. Il y a aussi les jeunes en centre jeunesse. 

«Ces jeunes, ce sera plus difficile de les ramener. Ma grande inquiétude, c’est qu’est-ce qu’on va faire après pour les aider? Une routine de vie, ça s’acquiert, mais en l’absence de guides, quand on est plus fragiles, la motivation diminue, l’intérêt aussi.» 

La plupart des activités de Motivaction Jeunesse ont dû être suspendues en raison de la crise. «C’est très important pour nous d’être face à face, de discuter, pour comprendre où le jeune est rendu, l’écouter. C’est plus compliqué présentement.» 

Grand sportif, Luc Richer constate que bon nombre d’ados ne bougent plus, ou très peu. «Personnellement, je demeure toujours optimiste, dit-il. Je sais que les choses vont se placer avec le temps, mais ça va demander beaucoup de résilience et de patience, d’écoute et de compréhension de la part des éducateurs et intervenants.» 

Temps d’écran 

À propos du temps d’utilisation des écrans, Cathy Tétreault, fondatrice et directrice du Centre Cyber-aide, s’inquiète aussi. «Je pense que les problèmes ont doublé», évoque-t-elle, se basant sur ses observations et de nombreux témoignages recueillis depuis le début de la crise. 

Les effets de la situation actuelle seront d’autant plus importants chez les enfants vulnérables. «Ceux qui avaient de mauvaises habitudes et des problèmes de cyberdépendance avant ne guériront pas pendant le confinement», expose-t-elle.  

Mme Tétreault a par ailleurs développé divers outils pour aider les parents à mieux gérer le temps d’utilisation des écrans par leur jeune, en les amenant à collaborer. On peut les trouver ici : centrecyber-aide.com/outils. 

Elle suggère notamment de créer avec les ados un horaire dans lequel on départage les besoins d’utilisation. 

«Chez les parents et les jeunes, il faut faire des efforts des deux côtés, prévient l’auteure de Jeunes connectés, parents informés. Il faut départager ce qui appartient à l’ado de ce qui appartient à l’écran, et déjà, ça enlève beaucoup de pression. Et on reviendra aux meilleures habitudes après la crise.»