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Les hauts et les bas du fédéralisme

Les hauts et les bas du fédéralisme

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La crise sanitaire nous démontre qu’un fédéralisme respectueux des pouvoirs provinciaux peut être efficace en période de crise. Les récentes déclarations de Justin Trudeau semblent toutefois nous indiquer que cette collaboration ne durera pas longtemps.  

Le fédéralisme canadien m’a toujours apparu comme une maison de fous, où les intérêts des uns étaient souvent incompatibles avec les intérêts des autres.  

L’économie du Québec, par exemple, ne partage que trop rarement les mêmes intérêts stratégiques que les provinces de l’Ouest, principalement dans le secteur des énergies.   

Nous avons l’hydroélectricité, ils ont le pétrole. Cela scinde la façon dont nous organisons nos sociétés.  

Mais, admettons ceci aujourd’hui : le fédéralisme canadien a assez bien fonctionné depuis le début de la crise.  

Le fédéral complémentait les provinces par des mesures économiques colossales, les provinces soignaient et collaboraient entre elles pour mettre en place les meilleures pratiques sanitaires possibles.  

Le bon côté du fédéralisme  

Même que le fédéral jouait assez bien son rôle de levier économique et de coordination entre les provinces.   

Sans l’État fédéral, plus de Québécois – comme plus d’Albertains, d’Ontariens et ainsi de suite - seraient en position de précarité financière.   

Ces deux mesures phares - la Prestation canadienne d’urgence (PCU) et le programme de subvention salariale de 75% pour les PME – prouvent sa capacité à dépenser des sommes inédites pour venir en aide aux Canadiens.  

D’un océan à l’autre et d’une classe sociale à une autre, peu sont oubliés par le gouvernement fédéral et c’est tout à l’honneur du gouvernement de Trudeau.   

Le respect des juridictions provinciales  

Jusqu’à maintenant, le fédéral a laissé crise une véritable liberté d’action pour les provinces.  

Selon leur situation qui leur était propre, chaque province a pu prendre les décisions qui leur revenaient.   

Mais voilà que le gouvernement de Justin Trudeau n’a pas exclu ce vendredi que les résidences pour âgées soient maintenant régies par le système de santé canadien.   

On arracherait donc le pouvoir aux provinces d’administrer les résidences pour ainés.   

C’est incompréhensible de la part du gouvernement Trudeau qui contredit complètement son approche collaborative du début de la crise.  

Ajoutons à cela l’aide fédérale de 9 milliards aux étudiants risque de mettre à mal – sinon d’annuler – les efforts du gouvernement Legault pour inciter les jeunes à travailler dans les entreprises agricoles.   

Une coordination aurait dû être mise en place entre les deux gouvernements, et c’est la responsabilité du gouvernement fédéral de s’en assurer. Ils ne l’ont pas fait.  

Leçon pour la suite  

C’est une leçon pour ceux qui espère le bon fonctionnement du fédéralisme à long terme : le fédéralisme fonctionne bien que lorsque l’État fédéral établit un rapport d’égal à égal avec les dix provinces.   

Il n’est viable que lorsqu’il respecte ces deux fondements : l’autonomie des provinces dans ces champs de compétences et la non-subordination des ordres de gouvernement.   

Ce que les gouvernements fédéraux ne nous ont pas habitué depuis le début de Confédération canadienne 1867.  

Et ce que hélas guette le gouvernement Trudeau dans les prochaines semaines.   

En essayant d’arracher des pouvoirs aux provinces, le gouvernement Trudeau se magasine maintenant un affrontement constitutionnel.  

Ce n’est surtout pas ce dont on a besoin lorsque la vie de millions de Canadiens est en jeu.