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Le cinéma d’animation québécois confiné à la maison

Chantal Boudreau, cheffe texture du film Félix et le trésor de Morgäa
Photo Jean-François Desgagnés Chantal Boudreau, cheffe texture du film Félix et le trésor de Morgäa

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Pendant que les tournages en prises de vue réelles sont en pause forcée, les artisans québécois de cinéma d’animation n’attendent que le feu vert de leurs financiers pour mettre en chantier des projets en télétravail.  

C’est le cas des deux principales productrices de long métrage d’animation au Québec, Nancy Florence Savard (Nelly et Simon : Mission Yéti, Le coq de St-Victor) et Marie-Claude Beauchamp (La guerre des tuques 3D, La course des tuques).    

«Beaucoup de choses peuvent se faire à distance», indique Mme Savard. Elle cite les étapes d’animation, de bruitage et de coloration.     

Comme sa collègue, Marie-Claude Beauchamp estime qu’un bout de chemin peut être accompli dans la création d’un film d’animation, même en période de confinement.    

«Il y a certaines étapes qu’on peut faire à distance, par exemple le story-board, le design 2D. Après ça, par contre, il faut que tout le monde se rattache à ce qu’on appelle le pipeline. Ce que les gens produisent doit interagir dans une chaîne, et c’est là que ça devient plus compliqué.»    

Des voix à compléter  

À Québec, Nancy Florence Savard complète actuellement, en télétravail, la postproduction de son quatrième long métrage d’animation, Félix et le trésor de Morgäa.     

Le principal obstacle à surmonter pour boucler le film, c’était l’enregistrement des voix et le bruitage. L’annonce que le doublage et la surimpression de voix pourront reprendre le 27 avril, tout en respectant les règles de distanciation sociale en studio, vient lui donner un sérieux coup de pouce.    

La disponibilité des acteurs reste cependant un enjeu, dit-elle, parce que certains ont des enfants à faire garder ou vivent dans des régions présentement fermées. «Mais techniquement, on peut aller de l’avant», assure celle qui se trouve aussi sur la ligne de départ pour amorcer la production d’un cinquième film, Béluga Blues.    

Dans un monde idéal, le projet sera lancé en juillet, pandémie ou pas, si le financement est au rendez-vous.    

Financement : retard appréhendé  

Pour sa collègue de Montréal, le nerf de la guerre demeure cependant le même qu’en temps normal, l’accès à l’argent. Sauf que la crise n’aide pas, note Marie-Claude Beauchamp.    

«On continue de travailler avec nos intervenants, mais le système est très ralenti et les confirmations ne viendront peut-être pas au moment qu’on s’attendait», dit-elle.    

Elle attend d’ailleurs des réponses pour un projet de film dont les détails n’ont pas été dévoilés et qui se trouve actuellement à l’étape du financement.    

Du côté de la SODEC, on assure que les décisions de financement de longs métrages seront annoncées comme prévu autour du 8 mai. Téléfilm Canada devrait suivre au cours de la semaine suivante.    

Quant aux autres bailleurs de fonds, notamment les chaînes télé, Marie-Claude Beauchamp se demande si certains ne «seront pas plus frileux» en période d’incertitude.    

Nancy Florence Savard prie pour sa part la Ville de Québec «de devancer les annonces de certains de ses programmes afin de permettre à nos artistes de travailler».     


Après un séjour en salle en début d’année, Nelly et Simon : Mission Yéti sera disponible en vidéo sur demande le 20 avril, en France.