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Célibataires pendant la pandémie

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Plusieurs célibataires voyaient sans doute l’arrivée du printemps d’un bon œil. Prendre un verre sur une terrasse ensoleillée ou se balader dans un parc avec une personne qu’on vient de rencontrer comporte un côté très plaisant. Pandémie de COVID-19 et distanciation sociale obligent, cela est maintenant impossible. Le Journal s’est entretenu avec quatre célibataires pour voir comment ils composent avec le confinement actuel.   

Comme on pouvait s’y attendre, l’achalandage sur certains sites de rencontres a diminué lorsque la santé publique a imposé des mesures sanitaires restrictives.  

« Les gens devaient se dire : on ne peut pas se rencontrer, ça ne sert à rien. Mais la semaine qui a suivi, ça a été l’effet contraire. On a eu une recrudescence du nombre de messages envoyés », explique Anne-Marie Lefebvre­­­, propriétaire-­fondatrice du site RencontreSportive.com.  

Anne-Marie Lefebvre
Photo courtoisie
Anne-Marie Lefebvre

Bien que les temps soient plus durs que d’habitude pour les célibataires, les gens semblent avoir besoin d’échanger davantage, constate l’entrepreneure, qui a créé en 2002 une plateforme où plus de 70 000 personnes actives peuvent trouver tant un partenaire de vie qu’un partenaire de sport.   

Depuis le début du confinement, Mme Lefebvre a apporté quelques modifications à son site web pour donner des options à ses membres.  

Faute de pouvoir organiser des événements sportifs de groupe, elle s’est adjoint de nouveaux partenaires pour créer des entraînements en ligne, du vidéodating et des partys dansants virtuels, notamment.   

Éric Lannier est devenu célibataire durant le confinement. « Ça aurait été plus facile de vivre le confinement à deux, convient-il. C’est compliqué de rencontrer quelqu’un en ce moment. »  

Éric Lannier
Photo courtoisie
Éric Lannier

Habituellement, lorsque l’homme de 44 ans commence à discuter avec une femme, il essaie de la rencontrer assez rapidement. « Pour voir si on a des atomes crochus », illustre le résident de la Rive-Nord.   

Comme ce n’est pas possible en ce moment, il se contente de conversations écrites, qui, l’espère-t-il, pourront évoluer vers des rencontres virtuelles.   

« Tout le monde est dans l’insécurité quant à comment ça va se passer. Je ne vois pas le jour où ça va revenir comme c’était », soupire M. Lannier.  

Isabelle Ayotte n’a plus de conjoint depuis sept ans. Le célibat comportait déjà son lot de défis avant le confinement pour la femme de 50 ans.  

Isabelle Ayotte
Photo courtoisie
Isabelle Ayotte

La distanciation sociale ajoute un nouvel obstacle aux démarches de la Montréalaise pour trouver l’amour.  

« Tu peux entretenir une belle conversation, et quand tu arrives face à face avec la personne, il n’y a pas de chimie, pas de petit “oumph” », illustre Mme Ayotte.  

Récemment, elle a participé à une soirée dansante virtuelle. « J’ai passé un beau samedi soir, j’ai eu du fun », convient la dame, qui est d’avis que cela ne lui a toutefois pas permis « d’avancer dans son processus de dating ».  

Célibataire depuis cinq ans, François ne voit pas de différence majeure entre sa vie actuelle et celle d’avant le confinement.   

« C’est toujours plus facile d’amorcer une conversation sur le web. On s’aborde juste un peu différemment », mentionne l’homme de 45 ans.  

Celui qui a préféré taire son nom de famille croit même que les consignes sanitaires­­­ restrictives peuvent être avantageuses pour les gens qui cherchent des relations sérieuses.  

« Ça permet de développer une discussion plus approfondie, de prendre le temps de découvrir l’autre au-delà de “oh, sa photo est cute” », estime-t-il.  

Le résident de la Rive-Sud ne ressent pas l’urgence de faire des rencontres pour le moment, mais il espère néanmoins que le confinement ne perdurera pas trop longtemps.  

Généralement à l’aise avec son célibat, Anik trouve le temps long actuellement.   

Celle qui est seule depuis deux ans et demi avait l’habitude de ne pas s’éterniser dans d’interminables conversations avant de rencontrer un homme qui lui plaisait.  

« Tu peux voir s’il y a de la complicité, si la personne ressemble vraiment à sa photo ou pas », illustre la femme de 44 ans.  

Depuis un mois, la résidente de la Rive-Sud discute quotidiennement avec quelqu’un qu’elle a connu sur un site de rencontre et elle se surprend à aimer l’expérience.  

« J’ai l’impression de le connaître plus en profondeur. On revient à de belles valeurs. La société va tellement vite : on rencontre, on élimine. Je trouve ça cute [ce que je vis en ce moment] », décrit celle qui a préféré qu’on ne révèle pas son nom de famille, ajoutant qu’elle a bien hâte de voir cet homme en chair et en os.  

Pour Anik, les sites de rencontres ont leur utilité, plus que jamais. « Même si ça ne clique pas en personne, au moins, on va s’être fait du bien l’un l’autre en se parlant », conclut-elle.