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Faire le deuil d’un être cher sans l’avoir vu partir

Trauernde Statue als Panorama Hintergrund
Photo Adobe Stock

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Dans le contexte actuel de pandémie, des centaines de familles ont récemment appris le décès d’un proche tout en n’ayant pu être auprès d’eux dans les derniers jours, les derniers moments. Ils n’ont souvent pas pu leur parler ni les toucher une dernière fois. En temps normal, la capacité de « faire son deuil », selon l’expression consacrée, est facilitée par notre présence auprès de la personne en fin de vie.

Quand l’imagination est mauvaise conseillère

Accompagner un proche dans la mort, lui parler, lui tenir la main, rester à ses côtés, parfois même quelques heures après qu’il a rendu l’âme, tout cela nous apaise et permet d’amorcer le processus du deuil. C’est pourquoi les décès subits, tragiques, ajoutent à la douleur, comme si ce moment inestimable avait été volé aux proches. La mise à l’écart forcée en raison de la pandémie suscite chez certains des images terrifiantes des derniers moments, parfois éloignées de la réalité. Ce n’est donc plus la situation qui crée un traumatisme, mais la vision que l’on s’en fait. L’imagination n’est pas toujours bonne conseillère, elle peut avoir tendance à dramatiser à outrance. Il faut tenter, dans la mesure du possible, d’éviter d’imaginer les scénarios catastrophes, et imaginer les plus apaisants. 

Une épreuve à traverser... en plusieurs étapes

Chacun d’entre nous craint la mort, les souffrances physique et psychologique précédant le dernier souffle, et une solitude totale. Le départ d’un être cher peut infliger un choc, suscitant des réactions douloureuses comme la colère, le déni, le désespoir, ainsi qu’un relâchement de nos habitudes quotidiennes. Il ne faut jamais perdre de vue qu’après cette « descente aux enfers » viendra une lente remontée vers une certaine sérénité. Et chaque personne traversera ces différentes étapes à son propre rythme. 

Se donner la permission d’être triste 

Le confinement n’est facile pour personne, mais constitue une occasion pour les endeuillés de prendre un temps d’arrêt – ce que le tourbillon de la vie d’avant la COVID-19 ne permettait pas toujours. Cette pandémie prive les proches de se rassembler, mais elle nous invite à trouver refuge en nous-mêmes pour nous rapprocher de l’être cher qui nous a quittés. 

La mort est ainsi apprivoisée lentement, en se réfugiant dans une bulle, en laissant son esprit vagabonder, en fixant l’horizon, tout simplement. Se replonger dans les souvenirs, les lettres, les photos peut faire du bien, pour faire de ces objets le symbole de notre lien avec la personne décédée. Parfois, un objet significatif appartenant à la personne peut aussi contribuer au processus de deuil. Malgré le fait que les familles ne puissent se voir en personne, parler au téléphone ou en vidéoconférence avec les proches endeuillés, partager des souvenirs de bons moments, apporte aussi du réconfort.

Souligner le départ, peu importe la manière 

Les célébrations funéraires ne sont pas encore permises, mais rien n’interdit les modestes cérémonies, tout en suivant les consignes de sécurité. Prendre un moment avec les personnes vivant sous un même toit pour évoquer le souvenir du défunt, se souvenir de son affection, c’est autant d’occasions de soulager sa peine. Autour d’un repas ou lors d’un échange virtuel, toutes les formules sont possibles. Mais elles ne devraient jamais remplacer les rites funéraires : reportez-les, mais ne les annulez--- pas, car ils jouent un rôle essentiel--- dans le processus de deuil.  

Comme dans toutes les circonstances de décès d’un être cher, il faut donner du temps au temps pour apprivoiser le deuil, donner un sens et traverser cette difficile épreuve. J’offre mes plus sincères sympathies aux familles qui traversent actuellement un deuil, mes pensées sont avec eux.