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Innover chez nous d’abord pour en faire profiter nos entreprises d’ici

Le millionnaire Louis Têtu croit qu’il faut lancer le concept d’innovation bleu

Louis Tétu
Photo Francis Halin Louis Têtu, plus tôt cette année, au siège social de Coveo, dans la capitale nationale.

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En pleine pandémie, Coveo n’a jamais resserré ou presque les cordons de sa bourse. L’objectif étant de pouvoir profiter au maximum de la relance de l’économie. Par ailleurs, après Le Panier Bleu, le président Louis Têtu aimerait que le gouvernement mette l’accent sur l’innovation bleu.  

Au cours des dernières semaines, comme la majorité des entreprises du Québec pour continuer leurs activités, Coveo a dû apprendre à jongler avec le télétravail. 

La compagnie spécialisée dans les solutions de recherche et de personnalisation par intelligence artificielle a dû, entre autres, bonifier certains de ses logiciels et équipements afin de maintenir sa productivité. 

La direction a également dû s’adapter à la réalité du mariage sous un même toit entre la famille et le travail. Pour faciliter la vie de ses employés, Coveo a notamment mis en place un programme pour livrer des repas aux parents d’enfants. Une banque de vacances de dix jours a aussi été ajoutée. 

« Il a fallu s’adapter », concède au Journal M. Têtu, précisant que sa priorité a été la sécurité de ses employés et leur bien-être. « L’entreprise devait devenir une source de stabilité et de sécurité pour nos travailleurs, autant d’un point de vue financier que pour leur famille », poursuit-il. 

Le temps d’investir 

Une fois ce point réglé, Coveo, qui compte plus de 500 travailleurs dans le monde, a appuyé sur le champignon pour son développement. Avec la COVID-19, plusieurs entreprises ont été forcées d’entreprendre rapidement un virage numérique pour maintenir une source de revenus.  

« Cette crise-là, tout en reconnaissant le drame humain, va être un catalyseur de l’obsolescence des modèles d’affaires », indique M. Têtu. « À la sortie de cette pandémie, on va voir un rush vers l’innovation, la modernisation et la numérisation des entreprises. C’est certain que le commerce électronique va connaître une croissance », poursuit-il. 

Ce dernier précise que les consommateurs apprennent à vivre avec de nouveaux modèles d’affaires. Il estime que certaines de ces habitudes vont demeurer. 

« Nous sommes dans le domaine des expériences numériques. On s’inscrit dans le courant de modernisation. Présentement, on investit davantage dans certains secteurs. Au premier trimestre, nous avons embauché 58 nouveaux employés. Juste en recherche et développement cette année, on prévoit en embaucher 94 de plus », raconte M. Têtu. 

Coveo, qui a une valeur estimée à plus de 1,4 milliard de dollars , prévoyait au début de l’année un bond de 40 % de ses revenus. En raison de la COVID-19, la compagnie vise un taux de croissance entre « 25 % et 30 % ». 

Cela ne nous « sauvera pas » 

Questionné sur Le Panier Bleu, une plateforme visant à mettre de l’avant les entreprises québécoises, M. Têtu a salué l’initiative, précisant qu’elle ne nous « sauvera toutefois pas ». L’homme d’affaires est d’avis que « l’innovation bleue » sera « plus important » à la sortie de la crise. 

« Si le Panier Bleu camoufle par protectionnisme un manque de compétitivité international de nos entreprises, ce n’est pas bon. Le Panier Bleu n’enlève pas le besoin de nos entreprises exportatrices d’être compétitives pour importer de l’argent neuf », répond M. Têtu. 

« Ça, cela va se faire à coups d’innovation. À la sortie de cette crise, il va y avoir une course à l’innovation. Cela va prendre de l’innovation bleu. Cela signifie d’innover chez nous à notre bénéfice. Innover pour Morgan Stanley ou Facebook à Montréal, je ne suis pas certain que c’est à notre bénéfice », poursuit le président, aussi connu pour avoir mis au monde Taleo qui a été vendue pour 1,9 milliard de dollars. 

M. Têtu avait accusé en février dernier des organismes comme Montréal International d’appauvrir le Québec en voulant attirer des entreprises étrangères à tout prix. Il déplorait aussi le fait que des talents québécois sortis de nos bancs d’école soient recrutés par ces compagnies.