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Le confinement parisien de Geneviève Morissette

Geneviève Morissette
Photo courtoisie, Geneviève Morissette

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Le plateau de Drucker, la scène de l’Olympia, les articles dans la presse et une tournée dans la francophonie : les affaires de la Québécoise Geneviève Morissette allaient plutôt bien en France quand le coronavirus a renvoyé tout le monde à la maison. Ça aurait été bien mal connaître cette boule d’énergie que de penser qu’elle en profiterait pour se la couler douce.  

«Je suis à fond dans les initiatives créatrices», lance la pétillante artiste à la longue chevelure rousse, lors d’une conversation vidéo récente sur Messenger.   

Régulièrement depuis qu’elle est confinée dans son appartement du quartier Ménilmontant, à Paris, elle met en ligne des capsules la mettant en vedette, en mots ou en chansons, mais toujours avec humour, qu’elle a baptisées le Morissette Show.   

«Beaucoup de gens m’écrivent pour me remercier de les faire sourire, de les toucher et les divertir.»   

Elle a aussi pris part à l’enregistrement de la chanson Tribu arc-en-ciel, un projet d’un collectif d’artiste dont les revenus seront remis au personnel soignant. Un album complet suivra avec la chanson On se donne du courage, que signera la Québécoise.   

Un album à distance  

À travers tout cela, Geneviève Morissette réussit à consacrer une grande partie de ses énergies à la création de son nouvel album, attendu plus tard en 2020.    

Contrairement à son vœu initial d’enregistrer dans la proximité, la création se fait à distance avec son réalisateur.    

«On se parle au téléphone à tous les jours et on s’est trouvé une façon de travailler que je ne pensais pas possible. Je suis une fille de live, je traîne toujours avec les gens, mais je me rends compte que c’est possible de fonctionner autrement. Ça me permet davantage d’introspection.»   

Soutenue par l’État  

Financièrement, elle évite la catastrophe grâce au soutien de l’État français. Comme elle est installée depuis quatre ans en France et qu’elle détient son permis de travail, Geneviève Morissette bénéficie du régime d’intermittence, une forme d’assurance-emploi qui assure aux artistes de toucher des indemnisations lorsqu’ils se retrouvent sans contrat.   

«C’est le meilleur système au monde», clame la Québécoise, consciente de son privilège de ne pas angoisser avec les fins de mois.   

Par contre, ce n’est pas la joie pour tout le monde dans un des pays les plus durement touchés par la crise. Geneviève Morissette s’en rend compte quand elle doit aller faire des courses, attestation de sortie en main.    

«L’ambiance est vraiment glauque. Les gens commencent à avoir peur et il faut absolument que tu portes ton masque», fait-elle remarquer.   

Paradoxalement, même si elle est loin des siens, Geneviève Morissette affirme qu’elle s’est rapprochée de sa famille depuis le début de la crise.   

«Au début, Justin Trudeau a dit que les Canadiens devaient rentrer. J’avais le cœur déchiré parce que je me sens loin de ma famille québécoise», confie celle qui s’est fait un copain en France.   

«J’ai parlé avec ma sœur et mon frère et on s’est promis de se tenir, tous ensemble, sur Skype. On s’appelle tous les soirs. Ça nous aide dans ce moment difficile et nous sommes beaucoup plus proches. C’est rendu qu’on joue aux cartes sur internet. Nous nous sommes inventé d’autres façons d’être en relation.»   


► La chanson On se donne du courage et son vidéoclip seront disponibles le 24 avril. Les profits seront versés aux hôpitaux de France.