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Fin de la relâche COVID... au primaire

Francois Legault
Photo d'archives, Didier Debusschère Le premier ministre François Legault et son ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, doivent annoncer cet après-midi le plan de déconfinement des écoles.

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Vous en avez assez de voir votre jeune du secondaire effoiré dans le sofa, le nez dans son écran ?

Prenez votre mal en patience, car tout indique que Québec exclura le secondaire du Plan de déconfinement des écoles aujourd’hui.

Périlleux

C’est un exercice de funambulisme politique des plus périlleux que présentera cet après-midi le gouvernement Legault, par la voix de son ministre Jean-François Roberge.

Le Québec confiné est à cran. Divisé en deux camps : ceux qui voudraient pouvoir respirer un peu, les « confiants » (parfois insouciants). Et les autres, les « anxieux », trop bien programmés à la distanciation (certains sont même « talibans » du confinement, si je puis caricaturer).

La COVID-19 est un virus sournois qu’on connaît mal. Et plusieurs des informations publiées à son sujet terrifient. Exemple récent parmi mille : il accroîtrait les risques des accidents vasculaires cérébraux (AVC).

Ou encore : obtient-on réellement une immunité, une fois guéri ? L’Organisation mondiale de la santé et Ottawa sont circonspects en ces matières. Québec se montre plus confiant, plus « suédois ».

Dilemme

François Legault répète depuis des semaines que prendre des décisions en période covidienne, c’est choisir la « balance des inconvénients ». Bref, on mécontente assurément.

Il reste que, depuis le début de la crise, de nombreux parents estiment que l’école publique est en relâche. Certains, furieux m’ont écrit par exemple que leur enfant n’avait, pendant cinq semaines, eu aucune nouvelle de leur enseignant du primaire !

Selon nos informations, le gouvernement veut sonner la fin de cette récréation aujourd’hui, tout en préparant en même temps la fameuse immunité collective. Et en encensant au passage les enseignants qui se sont retroussé les manches. (Chose certaine, ça changera le point de mire de l’opinion, actuellement placé sur les CHSLD.)

Problèmes infinis

Mais comment le faire ? Questions et écueils sont presque infinis.

Déconfiner le primaire uniquement aurait des avantages : les enfants entre 6 et 12 ans résistent très bien à la COVID-19. Ils sont moins susceptibles d’être des vecteurs pour leurs proches. Même si la COVID a aussi du mal à nuire aux jeunes d’âge secondaire, les réactions de ces derniers s’apparentent davantage à celles des adultes.

Le gouvernement Legault s’inquiéterait aussi pour les élèves en difficulté, qui ont déjà beaucoup souffert depuis le début du confinement.

Graduellement

Toutefois, il faudra respecter le fameux mot d’ordre de François Legault : « gra-du-elle-ment ». Rouvrir tous les paliers scolaires en même temps irait contre ce principe qu’Horacio Arruda martèle : le déconfinement, ce n’est pas un commutateur on-off, c’est un « gradateur ».

Alors quelle gradation ? Comment rouvrir le primaire, par exemple ? Il y a deux Québec face à la COVID-19 : Montréal-la-dense, où sont concentrés la plupart des cas déclarés. Et les régions, où l’incendie est plus que maîtrisé.

Un scénario qui circule serait donc de commencer par une ouverture dès le 11 mai dans les régions et le 18 mai dans la métropole, le territoire de la CMM. Le gouvernement aura du mal à justifier ces dates au moment où l’Ontario voisine annonce la fermeture des écoles jusqu’au 31 mai.

Du reste, une rentrée, ça se prépare. Jusqu’à maintenant, les enseignants ont bénéficié d’une grande flexibilité pour ce qui est des heures de travail fournies, lesquelles ont beaucoup varié en fonction des situations personnelles et familiales de chacun.

Le 4 mai

La fameuse date du 4 mai (évoquée par François Legault) pourrait marquer la fin de cette tolérance et le début de « journées pédagogiques ». Que feront les enseignants eux-mêmes parents alors ? Il faudra forcément déconfiner les services de garde. Québec forcera-t-il les profs plus âgés ou ceux qui ont des proches fragiles à être présents à l’école ? Sinon, qui s’occupera des enfants présents en classe ? Pourront-ils... devront-ils porter un masque ? Enseigneront-ils de la nouvelle matière ?

Autre question : les parents seront-ils contraints d’envoyer leurs enfants d’âge primaire à l’école ? 

Selon toute vraisemblance, non. Mais le gouvernement tient à tout prix à améliorer le service de l’école publique, à sortir de la « relâche COVID ».

« Au secondaire aussi d’ailleurs, où à partir du 4 mai, les profs seront tenu de fournir un enseignement à distance (jusqu’à septembre au moins). Et ainsi, peut-être, de sortir —un peu— votre ado du sofa. »