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Crise dans les CHSLD: peu de renfort des régions

Le premier ministre Legault a pourtant demandé au personnel de la santé de venir aider le grand Montréal

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Une employée du CHSLD Champlain, dans l’arrondissement de Verdun, à Montréal, a fait un salut d’une fenêtre vendredi.

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L’aide des régions moins touchées par la pandémie continue de se faire attendre, malgré l’appel du premier ministre François Legault afin que le personnel de la santé aille prêter main-forte aux CHSLD du grand Montréal. 

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Seulement une soixantaine de volontaires ont levé la main, dont 22 qui ont déjà été envoyés sur le terrain, a dénombré Le Journal.  

Ce décompte exclut la plateforme « Je contribue ». Il s’agit plutôt d’employés d’un centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS), prêtés à un autre pour quelques semaines. 

« Je demande aussi aux médecins, aux infirmières, aux préposés de régions moins touchées, comme ici à Québec, de venir à Montréal pour deux semaines dans nos résidences, avait demandé le premier ministre en point de presse lundi dernier. On a besoin de vous autres. » 

Une semaine plus tard, tout porte à croire que le gouvernement devra mettre les bouchées doubles s’il compte miser sur les régions pour combler l’absence des quelque 9500 employés dans le réseau. 

« Plus qu’urgent » 

« C’est plus qu’urgent, il manque du personnel de partout », lance la présidente syndicale de la FIQ-Syndicat des professionnelles en soins de santé du Centre-Sud à Montréal, Françoise Ramel.  

Par contre, elle se demande à quel point les régions peuvent réellement aider, étant donné qu’elles sont « déjà en sous-effectifs ». 

Présidente du Syndicat des infirmières de Laval, Isabelle Dumaine fait valoir que le renfort est nécessaire, car les employés travaillent désormais des 12 heures et trois week-ends par mois. 

« Ça va juste épuiser les gens. Il ne faut pas les faire travailler plus, il faut en trouver plus », dit-elle. 

Pour sa part, Jeff Begley, de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) croit que la pénurie partout dans le réseau freine les volontaires. 

Sur le terrain 

Pour l’instant, les régions du Bas-Saint-Laurent, de l’Outaouais, du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de l’Abitibi-Témiscamingue ont identifié une poignée de volontaires (voir ci-dessous). Aucun n’a encore été déployé.  

Mais d’autres régions ont affirmé ne pas être en mesure de se départir de personnel et même en chercher aussi. 

Pour ce qui est de l’aide déjà acheminée, elle se compose d’une délégation de 15 travailleurs des soins intensifs du Centre hospitalier universitaire de Québec. Des médecins, microbiologistes, infirmières et préposés ont été envoyés en centres d’hébergement à Laval, de lundi dernier à dimanche. 

Spécialisées 

L’Institut de cardiologie et pneumologie à Québec a prêté sept infirmières spécialisées en prévention et contrôle des infections pour aider en Montérégie-Est et à Montréal. 

Le CISSS de Lanaudière a fourni du renfort à la Résidence du Bonheur, à Laval. Le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal confirme avoir aussi reçu un médecin et une infirmière de région, sans pouvoir préciser l’endroit. 

Le ministère de la Santé et des Services sociaux rappelle que « les déplacements se font sur une base volontaire ».  

Effectifs déployés      

  • CHU de Québec à Laval : 15 employés  
  • Institut universitaire de cardiologie : 7 infirmières, dont et de pneumologie de Québec 4 en Montérégie-Est et à 3 à Montréal  
  • Le Centre-Sud, Montréal : 1 médecin et 1 infirmière (région non précisée)     

Volontaires trouvés et qui restent à déployer   

  • CISSS du Bas-Saint-Laurent : une dizaine  
  • CISSS de l’Outaouais : 5  
  • CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean : moins de 5 employés   

« L’ensemble de nos infirmières et de nos préposés aux bénéficiaires est présentement mobilisé dans nos milieux [...] moins de cinq personnes, sur plus de 11 000 employés, ont manifesté un intérêt », précise néanmoins la porte-parole Amélie Gourde.  

  • CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue 8 infirmières, 2 auxiliaires et 8 préposés aux bénéficiaires  
  • CISSS de l’Estrie une dizaine de médecins spécialistes (aucune infirmière et aucun préposé)   

« Nous n’avions aucun membre de personnel qui pouvait être envoyé dans d’autres régions », soutient Julie Pelletier, adjointe à la PDG pour le Centre régional de santé et de services sociaux de la Baie-James, à l’instar d’autres CISSS.  

  • Côte-Nord et Gaspésie : zéro pour l’instant  
  • Laurentides et Îles-de-la-Madeleine : aucune réponse   

Le ministère de la Santé n'avait pas de chiffres officiels à fournir