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Repenser le tourisme

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Photo Agence QMI, Simon Clark Pendant une bonne partie de l’année, la Vieille Capitale se transforme en une sorte de Disneyland détestable.

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Faut-il que le tourisme recommence comme avant ? Les bateaux de croisière sont-ils sécuritaires ? Faut-il continuer de permettre aux compagnies aériennes d’entasser leurs passagers comme du bétail ? Il est évident que les mêmes pratiques de transport vont favoriser l’éclosion d’une seconde vague de la COVID-19.

Au-delà de la pandémie actuelle, c’est l’ensemble du tourisme de masse qu’il faut repenser, parce que ce tourisme est devenu dans certains endroits une plaie économique et sociale.

Le ministre des Affaires étrangères de l’Autriche estime que les pays européens doivent remettre en question le tourisme. Selon lui, rouvrir trop rapidement les hauts lieux touristiques européens risque de relancer la pandémie de la COVID-19. 

Il a raison. Les stations touristiques de ski autrichiennes ont compté parmi les principaux sites d’infection de la COVID-19 en Europe. 

Cependant, il veut aussi que le tourisme de masse reprenne comme avant. Ici, il se trompe. 

La pandémie actuelle devrait nous faire réfléchir à la façon dont nous considérons l’industrie touristique. 

Le mauvais exemple de Québec

Prenons l’exemple de la ville de Québec. Il est évident que ces dernières années, la ville recevait trop de touristes. 

Quand la police est obligée de fermer toute la journée des rues entières de la basse-ville parce que les trottoirs ne peuvent plus accommoder les piétons qui y circulent, il y a un problème.

Pendant une bonne partie de l’année, la ville de Québec se transforme en une sorte de Disneyland détestable. Oh, pas que les gens de Québec soient détestables ! Au contraire, chaque fois que je visite Québec, je constate combien ils sont de merveilleux hôtes.

La question est plutôt que la vieille ville devient un simple décor touristique où on finit par trouver normal que des saltimbanques minables chantent en anglais New York, New York, à deux pas du Château Frontenac.

À Montréal aussi

La ville de Québec n’est pas la seule à subir l’assaut massif des touristes. Même Montréal, dont le centre-ville s’étend sur une grande superficie, commence à prendre des airs de Disneyland.

Plusieurs villes et villages à travers le monde se prostituent au tourisme.

Dans beaucoup d’endroits, l’industrie touristique est parvenue à saturation. À sursaturation, même. Son expansion se fait au détriment de la quiétude et de la culture des résidents locaux.

Ce surtourisme fait flamber des loyers, disparaître les commerces de voisinage, et finalement, incite à l’exode en banlieue.

Une occasion en or

La pandémie actuelle constitue une occasion en or de faire baisser l’intensité touristique dans plusieurs sites. 

En quoi devrions-nous continuer à financer des campagnes gouvernementales de publicité pour attirer de nouveaux touristes ? 

En quoi est-il nécessaire de recevoir de si nombreux bateaux de croisière ? En quoi faut-il tenir autant de festivals ? En rien.

L’occasion est belle de réorienter une partie de l’activité économique du tourisme vers autre chose. 

De toute manière, il faudra probablement des années avant que des flots de touristes recommencent à voyager.