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Des frais supplémentaires «COVID» dans plusieurs salons funéraires

Les proches de Micheline Robert ont été particulièrement excédés par la facture de 400$ qui leur a été imposée à la suite de son décès le 19 avril.
Photo courtoisie Les proches de Micheline Robert ont été particulièrement excédés par la facture de 400$ qui leur a été imposée à la suite de son décès le 19 avril.

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Deux familles déplorent avoir été contraintes de payer, sans explication, des frais supplémentaires «COVID» allant jusqu’à 500$ parce que leur proche était mort du virus.  

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Les proches de Micheline Robert ont été particulièrement excédés par la facture de 400$ qui leur a été imposée à la suite de son décès le 19 avril. La femme de 76 ans avait déjà payé l’ensemble de ses préarrangements funéraires avant de mourir, mais, lorsque son frère Robert s’est rendu dans une entreprise funéraire de Vaudreuil-Dorion, il a eu la surprise de devoir acquitter une nouvelle facture de 400$. La raison? Les équipements de sécurité.   

Robert s’est opposé à ce supplément et s’est adressé à l’Office de la protection du consommateur. «Un contrat, c’est un contrat», a fait valoir l’homme qui a finalement eu gain de cause et ne paiera pas les 400$ supplémentaires.   

Il conseille donc aux gens d’être vigilants et de s’opposer à ce genre de frais. Or, tous n’ont pas eu la force de suivre ce conseil, affligés par la mort d’un proche victime de la COVID.   

Une question COVID  

Luisa Ianniciello a vu son père mourir la semaine dernière, et on lui a également demandé de payer des frais supplémentaires de 500$ en raison du virus. «Tout de suite, la question était: “Il est décédé de quoi, votre père?”» raconte la dame, précisant que cette question lui a été posée par chacune des quelques entreprises funéraires qu'elle a contactées.     

Les proches de Micheline Robert ont été particulièrement excédés par la facture de 400$ qui leur a été imposée à la suite de son décès le 19 avril.
Photo courtoisie

«C’était comme si on me faisait une faveur de le ramasser, parce qu’il était décédé de la COVID», explique Mme Ianniciello. Affligée par la mort de son père, elle n’a pas eu la force de contester ce montant et a réalisé plus tard, en voyant sa facture, qu’une telle somme était demandée. «C’est dégueulasse», déplore-t-elle.   

Pas interdit  

En réaction, la Corporation des thanatologues a d’abord tenu à préciser que les deux entreprises en question, l'une à Montréal et l'autre à Vaudreuil-Dorion, ne font pas partie de leur association.   

«Nous sommes la seule association funéraire avec un code d’éthique et de déontologie. Et, en date du 27 avril, nous n’avons aucune plainte», assure la directrice Annie St-Pierre. Selon elle, cependant, l'imposition de frais de ce type n’est pas impossible.   

«Nous sommes le dernier maillon de la chaîne, dans cette crise, mais nous n’avons aucune reconnaissance du système de santé», plaide-t-elle en faisant valoir la difficulté d’obtenir des équipements de sécurité. Par contre, ces frais doivent «être expliqués et détaillés», ajoute Mme St-Pierre.   

L’Office de la protection du consommateur indique pour sa part qu’il s’agit d’une situation qui doit être analysée au «cas par cas», compte tenu de la nouvelle situation engendrée par la crise. «On espère cependant que personne n’exagère dans les circonstances. Le consommateur ne doit pas être placé devant le fait accompli.»