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Le Canada peut être autosuffisant pour ses médicaments

Prescription Medicine Bottles
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MONTRÉAL – Le Canada pourrait produire tous ses médicaments sur son territoire au lieu de dépendre d’approvisionnement à l’étranger, selon le directeur du département de chimie de l’Université de Montréal, André Charrette.

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Le chercheur en chimie organique et pharmaceutique a fait cette sortie mardi pour répondre aux inquiétudes du premier ministre François Legault qui a mentionné que le Québec pourrait bientôt faire face à une pénurie de médicaments nécessaires pour traiter des patients infectés par la COVID-19.

«Nous possédons une technologie de pointe et l'expertise pour produire à peu près n’importe quelle petite molécule sur demande qu’on peut ensuite acheminer aux compagnies capables d'en faire la formulation destinée au marché», a-t-il expliqué sur le site web de son établissement universitaire.

Le chercheur en chimie organique et pharmaceutique a mentionné que la synthèse en flux continu est une nouvelle technologie qui ne nécessite pas d’infrastructure importante comme dans le passé.

Développée par l’Université de Montréal et d’autres établissements ailleurs au Canada et à l’étranger, cette méthode permet de fabriquer les ingrédients actifs pour les médicaments dans des installations aussi petites qu’un réfrigérateur.

Au lieu de produire d’un coup de vastes quantités comme c’est le cas présentement et d’attendre la fin du processus pour livrer des centaines de kilogrammes de molécules, cette approche permet de fournir en continu de plus petits volumes.

«On peut ainsi mieux répondre à la demande. En temps de crise, c’est un élément déterminant», a souligné celui qui a été titulaire de la Chaire de recherche du Canada en synthèse de molécules bioactives de 2005 à 2019 et qui codirige le Centre en chimie verte et catalyse du Fonds de recherche du Québec‒Nature et technologies.

Un autre avantage est que différents types de molécules, qui sont ensuite converties en comprimés ou en liquides injectables qui servent à traiter des malades, pourraient être produits dans les mêmes installations.

«Certains médicaments sont plus complexes que d’autres, mais ils répondent tous à une série de règles très précises qu’il suffit d’appliquer convenablement», a dit André Charrette.

Il estime que le fédéral et le gouvernement québécois devraient sérieusement se pencher sur cette technologie.

«Nous sommes parmi les leaders mondiaux dans la synthèse de molécules à petite échelle, plaide-t-il. Pourquoi ne pas tirer profit de cette expertise?»

Selon lui, ce serait une bonne façon de mettre en pratique l’achat local prôné par nos gouvernements.

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