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Félix Auger-Aliassime maître de son destin

La raquette québécoise ne reçoit plus le soutien financier de Tennis Canada

Félix Auger-Aliassime compte retourner à Monaco le 10 mai prochain.
Photo d'archives, AFP Félix Auger-Aliassime compte retourner à Monaco le 10 mai prochain.

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La pandémie de coronavirus forcera Félix Auger-Aliassime à voler de ses propres ailes un peu plus rapidement que prévu. La raquette québécoise est maintenant officiellement détachée de l’aide de Tennis Canada et assumera dorénavant pleinement les frais liés à sa carrière. 

Auger-Aliassime avait déjà l’intention de s’éloigner de Tennis Canada, ce qui se veut le processus normal d’un jeune joueur qui a atteint un stade lui permettant de prendre en charge sa carrière et quand, le 20 avril dernier, l’organisation a mis à pied 70 % de son personnel, certains de façon temporaire, d’autres de façon permanente, il était temps de le faire. 

L’athlète de 19 ans continuera de travailler avec la même équipe. Les entraîneurs Guillaume Marx et Frédéric Fontang, le préparateur physique Guillaume Perrotte ainsi que le kinésiologue Andres Vial continueront de constituer sa garde rapprochée sur le plan sportif. 

« Je savais qu’éventuellement j’allais me détacher de Tennis Canada et la situation a fait que c’est arrivé prématurément. Je prends en charge, à partir de maintenant, mes entraîneurs », a-t-il assuré mercredi lors d’une vidéoconférence organisée avec les membres des médias. 

Retour à Monaco 

Maintenant, il lui reste à savoir quand il pourra renouer avec tout ce beau monde, en personne. Toujours confiné chez lui, à Montréal, Auger-Aliassime entend partir pour Monaco le 10 mai prochain. Le déconfinement dans la principauté débutera le 4 mai selon ce que le gouvernement monégasque a annoncé mardi. 

Possiblement qu’à partir de là, il pourra recommencer à s’entrainer avec Fontang qui, lui, est actuellement en France où le déconfinement est prévu pour le 11 mai. Pour s’y rendre, il devra porter un masque tout au long du voyage ainsi que se prêter à un test de la COVID-19 en arrivant à Monaco.

Une fois que tout sera réglé, il verra les options qui s’offrent à lui. 

L’entraîneur de Serena Williams Patrick Mouratoglou a récemment annoncé qu’il espérait pouvoir créer un circuit à huis clos rassemblant certains des meilleurs joueurs au monde et qui serait lancé le 16 mai. Un événement auquel Auger-Aliassime a été invité. 

« Je vais d’abord rentrer chez moi à Monaco et ensuite voir les disponibilités et les compétitions qui s’offrent à moi et qui restent dans un cadre sécuritaire. C’est une des compétitions qui est sur la liste des compétitions envisageables dans les semaines et les mois à venir. Mais déjà, si je peux rentrer à Monaco et m’entraîner dans des conditions acceptables, ensuite je pourrai voir quelles compétitions je pourrais jouer. » 

Motivation 

Même s’il pourra recommencer à s’entraîner ailleurs que dans sa cour arrière de Montréal, il n’a, comme tous les autres joueurs et joueuses de tennis au monde, aucune idée de quand la vraie compétition va reprendre. 

Pour le moment, tous les tournois du circuit de l’ATP ont été annulés jusqu’au 13 juillet. 

« C’est certain qu’il y a des questionnements et des incertitudes. Par contre, j’essaie d’y aller avec ce que je connais. Par contre, j’ai un plan d’entraînement en place et je m’en tiens à ça. J’essaie de rester dans quelque chose qui a fonctionné pour moi jusqu’à maintenant. Je n’ai pas besoin de chercher ma motivation. Ce qui est le plus difficile, c’est de regarder le calendrier et de voir tous les tournois annulés. C’est pourquoi je suis ouvert à toute compétition qu’on pourrait jouer à huis clos et qui respecterait les règles gouvernementales. » 

Pas inquiet pour la suite 

Félix Auger-Aliassime a choisi de voir le verre à moitié plein. 

Finaliste coup sur coup à Marseille et Rotterdam en février, le Québécois a vu sa progression être freinée par la COVID-19. Alors qu’il aurait pu laisser la déception l’envahir puisqu’il semblait si près d’un premier titre en carrière sur le circuit de l’ATP, « FAA » le voit plutôt avec optimisme. 

« On peut le voir de plein de façons. Je suis jeune et je vais avoir le temps de me reprendre malgré l’arrêt. Je préfère avoir connu ce début de saison parce que ça me donne un coussin au niveau des points. D’avoir bien joué avant cette pause forcée me donne confiance pour la suite. C’est pour ça que je continue de me tenir en forme. Je pense être en mesure de continuer sur cette lancée, d’être compétitif et de faire plus de finales pour essayer de décrocher mon premier titre. Je n’ai pas de doute qu’à mon retour, je vais encore avoir des chances de bien faire. » 

Prêt à aider 

Par ailleurs, la raquette québécoise est d’accord avec l’initiative du « Big Three » du tennis, Novak Djokovic, Roger Federer et Rafael Nadal, visant à aider financièrement les joueurs et joueuses classés au-delà du top 100 en ces temps de pandémie. Les circuits de l’ATP, de la WTA et de l’ITF ainsi que les organisateurs de tournois du Grand Chelem ont récemment mis sur pied un fonds d’aide pour soutenir ces joueurs, auquel Djokovic, Nadal et Federer ont accepté de contribuer. Ces derniers ont demandé à tous les joueurs du top 100 en simple et top 20 en double de contribuer également. 

« Je pense que c’est une bonne initiative. J’ai des camarades qui commencent sur le circuit et qui travaillent fort, mais c’est compliqué pour eux. L’idée est bonne, mais il ne faut rien précipiter. Les grands noms du tennis et les organisations devraient s’aider et mettre en place un plan pour aider les joueurs les moins fortunés afin qu’ils survivent pendant cette crise. Je serais intéressé à participer. »