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La Chine grande puissance financière

Le président Donald Trump se goure quand il assure que les États-Unis sont toujours les rois de l’économie

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Photo d’archives Un employé de l’hôpital de Wuhan, érigé en moins de deux semaines, désinfecte l’équipement médical, le 14 avril, après le départ du dernier patient. L’établissement a fermé ses portes après la fin de la crise sanitaire.

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La Chine détrône les Américains en devenant le premier joueur économique. C’est maintenant l’exemple à suivre dans le monde.  

Donald Trump répète partout que les États-Unis sont la première puissance économique du monde et que la Chine est deuxième. C’est faux.    

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C’est la Chine qui est la première puissance économique mondiale. Et l’écart augmente d’année en année en sa faveur. Cette nouvelle puissance change le monde.   

Il faut calculer l’importance de la Chine en parité de pouvoir d’achat. C’est ce que dit la CIA elle-même.    

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En parité de pouvoir d’achat, le PIB annuel de la Chine représente environ 28 000 milliards de dollars, soit à peu près 20 % de l’économie de la planète. Les États-Unis arrivent au second rang, avec environ 21 000 milliards de dollars.   

Ça entre et ça sort  

La Chine est aussi le premier pays exportateur au monde. Elle exporte chaque année pour 2500 milliards. Les États-Unis sont deuxièmes, avec des exportations de 1600 milliards.   

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la Chine est aussi un grand pays importateur. Elle reçoit de l’étranger pour 2100 milliards de produits, ce qui en fait le second plus important marché au monde, juste derrière les États-Unis, avec des importations de 2400 milliards.   

Grand investisseur  

Les investissements mondiaux de la Chine s’élèvent à plus de 3000 milliards.   

Ils investissent surtout en Europe (396 G$), en Afrique subsaharienne (306 G$) et en Asie de l’Ouest (294 G$). Le Canada est le cinquième pays qui reçoit le plus d’investissements chinois (56 G$), derrière les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Suisse et le Brésil. La Chine investit surtout dans les infrastructures de transport, les mines, l’agriculture et les entreprises de haute technologie et de finance.   

Conséquences incalculables  

Grâce à sa nouvelle puissance économique, la Chine devient l’exemple à suivre pour beaucoup de pays. Les États-Unis, au contraire, sont de plus en plus perçus comme un contre-exemple.   

Si la Chine continue sur sa lancée, sa monnaie va supplanter le dollar américain comme monnaie de référence. Avec des résultats catastrophiques sur les États-Unis, qui ne pourront plus financer leur dette aussi facilement ni résister aussi aisément aux crises mondiales.   

Entre médecine traditionnelle et médecine occidentale   

Le système de santé chinois repose à la fois sur la médecine traditionnelle chinoise et sur la médecine occidentale. Il est un mélange de système privé et de système public.    

Sa qualité varie grandement selon les endroits. Les Chinois qui habitent de grandes villes modernes reçoivent en général de meilleurs soins que ceux qui vivent dans des régions moins développées.   

En Chine, la médecine traditionnelle est utilisée pour pallier le manque de personnel en médecine occidentale. Bien qu’elle soit capable de diagnostiquer des maladies, les médicaments que la médecine traditionnelle utilise reposent en grande partie sur des croyances plutôt que sur des bases scientifiques. Les médecins chinois formés à la médecine occidentale en ont souvent le plus grand mépris.   

Mais la médecine chinoise traditionnelle est bon marché par rapport à la médecine occidentale.   

Elle est aussi disponible partout. Elle est surtout soutenue par le gouvernement chinois, qui profite de l’activité économique qu’elle génère.   

De grands risques  

Mais cette médecine n’est pas sans danger. Par exemple, les médicaments chinois traditionnels incluent des chauves-souris séchées pour lutter contre l’asthme. Les écailles du pangolin, un mammifère, sont censées soulager plusieurs maux, dont l’arthrite, les maladies du foie et les problèmes de menstruations !    

Ces médicaments sont non seulement d’une efficacité douteuse, mais en plus, ils mènent à la chasse d’animaux sauvages à travers la planète. Ils augmentent les risques de transmission de microbes animaux aux humains. Depuis un an, les produits à base d’écailles de pangolin ne sont plus couverts par les assurances chinoises, en raison du danger de disparition de l’espèce.   

Les Chinois sont pratiquement tous protégés par une assurance maladie de base qui couvre jusqu’à 80 % des coûts de santé. Le reste doit être payé par des assurances privées ou par la poche des patients.    

Coûts variables  

Cependant, les coûts médicaux ne sont pas les mêmes d’une région à l’autre. Par exemple, les soins dispensés dans un grand hôpital de Shanghaï sont beaucoup plus onéreux que ceux d’un hôpital en région. Les soins dispensés dans les grandes villes ont aussi la réputation d’être meilleurs qu’ailleurs. C’est pourquoi les Chinois qui en ont les moyens préfèrent se rendre dans les grands centres pour se faire soigner.   

Et les services d’urgence chinois sont capables de déployer rapidement des ressources impressionnantes quand une région est touchée par une catastrophe naturelle, comme lors de la pandémie de COVID-19.