/news/education
Navigation

Des classes trop petites: difficile d’accueillir plus de 8 à 10 enfants par local

Classe
Photo courtoisie À l’école Notre-Dame-des-Anges, à Dolbeau-Mistassini, le directeur d’école Francis Côté estime qu’il est impossible de faire entrer 10 élèves dans la majorité de ses classes. Cette classe d’anglais (sur la photo), où il y a plus d’espace que dans une classe courante, permet d’accueillir 11 élèves, a-t-il mesuré.

Coup d'oeil sur cet article

Les directeurs d’école craignent de manquer de place et de personnel pour accueillir tous les élèves qui voudront revenir en classe: si on respecte la distance de deux mètres, la majorité des locaux ne pourront accueillir que huit, neuf ou dix enfants par groupe, affirment-ils.  

• À lire aussi: Tous les développements de la pandémie  

• À lire aussi: Déconfinement sous haute surveillance au Québec  

• À lire aussi: Qui a le meilleur plan de déconfinement au Canada?  

Selon les règles de la santé publique, lors du retour à l'école, à partir du 11 mai, une distance minimale de deux mètres devra être maintenue entre les élèves dans chaque classe, confirme le cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.   

«Le nombre de 15 élèves par classe est un maximum, si sa taille le permet dans le respect d’une distance de deux mètres. Certaines classes pourront effectivement compter moins d’élèves», précise l'attaché de presse du ministre, Francis Bouchard.   

Ruban à mesurer en main, le directeur d’une école primaire de Dolbeau-Mistassini, Francis Côté, a fait ses calculs. Résultat: dans la grande majorité de ses classes, il est impossible d'accueillir 10 élèves en respectant la distance prescrite.   

«On oublie ça», lance-t-il.   

Le constat est le même dans plusieurs écoles aux quatre coins du Québec, affirme Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement.   

• À lire aussi: On répond à vos questions sur la réouverture des écoles  

• À lire aussi: Pas de cours d’éducation physique 

• À lire aussi: Mélange d’inquiétude et de confusion 

Les questions fusent dans les rangs des directeurs d’école, affirme-t-il. Que faire avec les élèves qui voudront revenir mais pour qui il n’y aura pas de place?   

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a évoqué la possibilité d’utiliser les locaux des écoles secondaires, qui resteront fermées, mais il s’agit d’une solution difficile à mettre en place, notamment en région, où plusieurs écoles primaires sont situées loin d’une école secondaire, fait valoir M. Prévost.   

Il faudra aussi trouver du personnel pour enseigner à tous ces petits groupes d’élèves. La pénurie était déjà bien réelle avant la pandémie et plusieurs enseignants demeureront à la maison pour des raisons de santé, rappelle M. Prévost.   

«Il y a aura des choix à faire, dit-il. Ça se peut qu’il n’y ait pas de place pour tout le monde. Ça pourrait être un plus gros casse-tête qu’on pensait.»   

En conférence de presse, lundi, le ministre Roberge a évoqué la possibilité de réaffecter des enseignants du secondaire vers les écoles primaires, tout en précisant qu’il y avait «beaucoup d’autres options avant de se rendre là».   

Il a aussi été question de faire appel à des étudiants qui n’ont pas terminé leur formation universitaire pour devenir enseignants.   

Au cabinet du ministre de l’Éducation, on indique que les commissions scolaires pourront regrouper les élèves par groupes multiniveaux,mais on reconnaît que le manque d’enseignants pour tous ces petits groupes d’élèves représentera «un défi logistique».   

 

À VOIR AUSSI