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Marc Tardif, survivant de la COVID-19

L’ancien capitaine des Nordiques implore la population de prendre le virus au sérieux

Michel Goulet
Photo d'archives Marc Tardif à l'époque où il portait les couleurs des Nordiques de Québec.

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Durant son illustre carrière avec les Nordiques, Marc Tardif a résisté aux critiques, s’est remis de blessures et a survécu à quelques coups vicieux. Pas un rival sur les patinoires de la LNH ne l’a toutefois attaqué aussi sournoisement que la COVID-19 l’a fait dans les dernières semaines. En bon capitaine, il a résisté à l’assaut et se confie sur cet épisode houleux, dans l’espoir de sensibiliser les gens à l’importance d’agir promptement. 

La nouvelle, rapportée en premier par Québec Hebdo sous la plume du confrère Jean Carrier, a de quoi glacer le sang bleu des fervents des Nordiques. Tardif a défendu les couleurs de l’équipe pendant neuf saisons, entre l’AMH et la LNH. Il avait auparavant porté les couleurs du Canadien, de 1969 à 1973.  

Comme bien des Québécois, Tardif a chassé la grisaille hivernale en passant quelques semaines en Floride, jusqu’à ce qu’il reprenne la route de Québec, à la demande des autorités publiques.  

Au retour, la vie était douce, sans le moindre symptôme. Le 26 mars, il se soumettait à un test de dépistage, par simple précaution, vu qu’il revenait de l’extérieur. 

« Je suis rentré à la maison, tout allait bien. Puis, durant la fin de semaine, mon état de santé s’est dégradé de façon excessivement rapide. J’avais des frissons, je passais mon temps couché et je ne mangeais plus. Comme plusieurs, je me suis dit que c’était une vilaine grippe et que ça allait passer », raconte au Journal l’ancien attaquant, âgé de 70 ans.   

Michel Goulet
Photo d'archives, Jean-François Desgagnés

Sauvé par son épouse 

Le lundi suivant, Tardif insistait toujours pour demeurer chez lui. Son épouse, Lisette Poulin, a toutefois décidé que l’heure était venue de contacter les services d’urgence. 

« J’étais très entêté et il a fallu qu’elle me torde les deux bras. Je suis allé trop souvent à l’hôpital durant ma carrière et ça ne me tentait pas de revivre ça. En insistant, mon épouse m’a probablement sauvé.  

« Quand je suis parti de la maison, je n’avais pas peur de mourir, mais j’avais peur des séquelles que pourrait me laisser la maladie. Dans cet état-là, tu sais quand et comment tu pars à l’hôpital, mais tu ne sais pas quand et comment tu vas revenir », a-t-il témoigné. 

Marc Tardif se dit maintenant en bonne santé après la frousse de la COVID-19 et a retrouvé le bonheur chez lui.
Photo Annie T. Roussel
Marc Tardif se dit maintenant en bonne santé après la frousse de la COVID-19 et a retrouvé le bonheur chez lui.

Confiné Au sous-sol 

Tardif n’a finalement pas eu besoin d’être intubé, mais il est tout de même passé par les soins intensifs, jusqu’au jeudi 2 avril. Il a ensuite pu regagner son domicile, où il a été contraint de vivre deux semaines en isolement au sous-sol. 

« Lisette me préparait des repas, qu’elle laissait en haut des marches de l’escalier. J’ai trois enfants et sept petits-enfants, donc j’ai eu droit à des biscuits ! » rigole celui qui a passé le temps grâce à des appels vidéo avec ses proches, ou « quelques discussions à travers la fenêtre », précise-t-il. 

Tout est bien qui finit bien, l’ex-capitaine des Fleurdelisés est aujourd’hui guéri, après deux tests négatifs. Ému, il ne peut que remercier le personnel de la santé qui l’a pris en charge avec dévouement. 

« Ces gens-là sont extraordinaires, encense-t-il. J’ai énormément de respect et de gratitude pour les gens dans le réseau. Ils arrivaient dans ma chambre, habillés en cosmonautes ! Ils s’occupaient de tout. Ça prend énormément de courage et de don de soi. » 

Pour l’auteur de 1067 points en 963 matchs dans l’AMH et la LNH, l’unique regret est de ne pas avoir réagi avec plus d’empressement face à l’ennemi invisible 

« On lit les journaux, on regarde la télé et on pense que ça ne va pas nous toucher. Que ça n’arrive qu’aux autres. Plus tu tardes à agir, quand tu ressens des symptômes, plus ça peut devenir difficile de guérir. Ce virus, ce n’est pas une petite grippe. Je veux en parler parce que ça peut aider des gens à comprendre », estime-t-il.   

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