/news/education
Navigation

Services de garde: des éducatrices ont le cœur brisé

Coup d'oeil sur cet article

Des éducatrices font face à un choix déchirant puisque, sans l'aide de Québec, des services de garde non reconnus devront fermer.

• À lire aussi: Les garderies qui rouvriront leurs portes seront méconnaissables  

• À lire aussi: Places en garderies durant le déconfinement: le ministère de la Famille submergé d’appels  

Les travailleuses souhaitent que le gouvernement subventionne leur place comme c'est le cas pour le réseau public et les garderies subventionnées.  

Au cours des prochaines semaines, les parents ne seront pas obligés d'y renvoyer leurs enfants et ils n'auront pas à payer pour leur place. Pour eux, Québec assumera les frais pour une durée limitée.  

Cette mesure ne s'applique toutefois pas aux services de garde non reconnus. Nombreux, ils sont plus de 500 à travers le Québec.  

Baisse des revenus  

Avec seulement la moitié des enfants pour quelques mois, des services de garde en milieu familial privé subiront une baisse de revenus importante et devront mettre la clé sous la porte.  

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, aimerait trouver une solution, mais des propriétaires craignent le pire.  

C’est le cas de Marie-Ève, qui dirige un service de garde non reconnu près de Québec. Cette dernière a fait parvenir une lettre au ministre dans les dernières heures.  

«Il y a trois ans, j'ai décidé d'ouvrir mes portes, les portes de ma propre maison, avec des petits que j'ai choisi d'aimer comme s’ils étaient les miens. J'offre un programme éducatif, j'ai suivi mes formations obligatoires et je fais appel à un psychoéducateur lorsque j'ai des questions sur certaines problématiques. Ils ont droit à un endroit rempli d'amour pour s'épanouir, l'endroit dont j'ai toujours rêvé pour mes propres enfants», explique-t-elle.   

«Inévitable»  

Malgré la santé fragile de son conjoint, elle était prête à rouvrir aussitôt que possible.  

«Je ne dors plus. Je ne sais pas comment je pourrais continuer d'opérer avec un ratio de 50% durant plusieurs semaines, mais le plus inquiétant est de garder des places durant quatre mois aux parents sans aucun revenu. Je ne vois pas comment c'est possible de rester ouvert. Si nous ne recevons pas d'aide financière, inévitablement, nous devrons fermer. C'est non viable», se désole la jeune femme dans sa lettre envoyée au ministre.  

Avant la pandémie, cette dernière signale que le nombre de places disponibles était déjà un problème. «Où iront désormais tous ces enfants? On vient cogner à ma porte environ une fois par mois pour savoir si j'ai une place qui se libère. Qu'on le veuille ou non, les PNR comme nous, offrons aussi un service de qualité aux petits. Cette pandémie va mettre fin à mon rêve», termine-t-elle.  

En 2019, plusieurs garderies privées en milieu familial ont aussi menacé de fermer leurs portes si le gouvernement ne permettait pas aux responsables de se faire remplacer pour aller à des rendez-vous durant les heures de garde.  

APPEL À TOUS

Vous avez vaincu la COVID-19? Le Journal est à la recherche de personnes guéries du coronavirus et qui aimeraient témoigner.

Écrivez-nous à scoop@quebecormedia.com