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«J'avais peur qu'elle m'oublie»: un octogénaire loue un chariot élévateur pour visiter sa femme

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Un octogénaire du Saguenay a prouvé que l'amour avait des ailes, tandis qu’il a loué rien de moins qu’un chariot élévateur pour atteindre la fenêtre de la Résidence où demeure sa douce, atteinte d’Alzheimer, afin que celle-ci ne l’oublie pas.  

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Ghislain Racine et son épouse sont mariés depuis plus de 50 ans. En confinement en raison de la pandémie, ça faisait plus de 5 semaines que les tourtereaux ne s’étaient pas vus avant qu’il ne se retrouvent, le 21 avril dernier.  

«Je n’avais jamais passé autant de temps sans la voir» partage l’homme. Avant la pandémie, il avait l’habitude d’aller son épouse toutes les fins de semaine pour qu’ils passent du temps ensemble.  

Bien que la dame habite le premier étage de la Résidence des Années d'or, sa fenêtre est à plus d’une douzaine de pieds de hauteur, ce qui lui aurait permis uniquement de la voir de loin. Il s’est donc mis à réfléchir à ce qu’il pourrait faire pour voir sa femme, sans enfreindre les règlements.  

«J’ai pensé à ça durant la nuit, tout d’un coup. Je me suis dit que si je me prenais un élévateur, je serais capable de la voir», poursuit M. Racine.  

L’homme s’est donc rendu chez Lou-Tec, à Alma, afin de louer un chariot élévateur pour une durée de deux semaines.  

Un bisou au travers de la fenêtre  

«Je suis monté et je l’avais, devant moi. Elle a bien réagi. Elle s’est mis la tête dans la vitre puis je lui ai donné un bec au travers de la fenêtre», confie M. Racine, au sujet de leurs premières retrouvailles.   

Il confie que sa femme est au stade 4 de la maladie, ce qui veut dire qu’elle le reconnaît, mais il craint qu’elle l’oublie, s’ils ne se voient pas pendant de longues périodes.   

M. Racine est retourné à la fenêtre de sa douce à quelques reprises, par la suite.  

«Elle s’est fâchée, parce que je ne viens pas la chercher, elle ne comprend pas. Mais cet après-midi, j’ai rendez-vous avec elle, après cinq semaines, j’ai hâte de voir sa réaction, parce que là, elle est fâchée noire», lance l’homme, confiant qu’il accrochera un sourire au visage de sa douce.  

Le gérant de la succursale Lou-Tec, à Alma, avec M. Racine a fait affaire, s’est dit très touché par la demande de M. Racine.  

«Quand je lui ai demandé ce qu’il voulait faire, il a dit que j’allais rire de lui», explique Dany Tremblay.  

Après avoir pris connaissance de l’histoire de M. Racine, l’homme d’affaires a organisé le tout pour qu’il puisse obtenir la location gratuitement.  

«Il m’a dit qu’il ne voulait pas que sa femme l’oublie. Ç’a m’a touché, j’ai eu des frissons», lance-t-il.  

L’histoire de M. Racine a fait couler beaucoup d’encre. Il ne croyait pas qu’elle susciterait autant d’intérêt, si bien, qu’il n’a pas pensé d’immortaliser le moment en photo.  

«Tout ce que je voulais, c’était voir ma femme», termine-t-il.  

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