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Québec refuse l’aide de pharmaciens en CHSLD

Prêts à être préposés, on leur dit qu’ils n’ont pas d’expérience en santé

Odette Gregoire pharmacienne
Photo Agence QMI, Simon Clark La pharmacienne Odette Grégoire a été insultée que sa candidature pour travailler en CHSLD soit refusée, même si elle compte plus de 30 ans d’expérience en santé.

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Des pharmaciens qui voulaient prêter main-forte en CHSLD se sont fait répondre qu’on n’avait pas besoin d’eux parce qu’on cherchait plutôt des gens avec de l’expérience en santé.

« C’est insultant. J’ai travaillé toute ma vie en santé », lance Odette Grégoire qui exerce la pharmacie depuis 1983. 

Ironiquement, son travail régulier l’amène à réviser les médicaments envoyés aux patients en CHSLD.

En arrêt de travail temporaire, la femme souhaite s’impliquer en CHSLD à temps plein. S’il le faut, elle va quitter son domicile de Lac-Beauport pour se rendre à Montréal où la situation est plus critique.

La réponse qu’elle a reçue mercredi l’a stupéfaite. Une responsable du recrutement au CIUSSS de la Capitale-Nationale lui a dit que l’on n’avait pas besoin d’elle pour le moment, qu’on se concentrait sur des personnes avec de l’expérience en santé.

Il y a trois semaines, la pharmacienne a répondu à l’appel du premier ministre François Legault en s’inscrivant au site internet jecontribue. Après un premier appel reçu il y a deux semaines, elle a fait part de ses disponibilités. 

« Je suis capable de faire plusieurs choses, même de laver du monde. Je n’y allais clairement pas comme pharmacienne et je leur ai précisé », dit-elle. 

Comme les soldats

Odette Grégoire est consciente qu’elle devrait faire certains apprentissages, mais elle n’y voit aucun problème. 

« On l’apprend à des soldats, je ne vois pas pourquoi je ne serais pas capable de l’apprendre », dit-elle.

Une autre pharmacienne qui travaille à Laval, Naouel Melloul, dit avoir reçu le même genre de réponse du CIUSSS Centre-Sud de Montréal. 

« J’ai reçu la même réponse. C’est triste quand t’es motivée et que tu reçois cette réponse, tu prends une douche froide », a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux en lisant l’histoire d’Odette Grégoire.

Jointe par Le Journal, elle a dit qu’elle était prête à travailler les soirs et la fin de semaine. 

Travail de concierge

« On m’a dit qu’on ne voulait pas vu que je n’étais pas dans le domaine de la santé. On m’a proposé un travail d’entretien ménager », dit-elle.

Un autre pharmacien des Cantons-de-l’Est, Mac Pherson Anacreon, est resté sans réponse après avoir proposé ses services au CIUSSS de l’Estrie. 

Puis, cette semaine, il a reçu un appel d’un établissement au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Au ministère de la Santé, on dit souhaiter l’implication des pharmaciens et avoir rencontré leur ordre professionnel à ce sujet. 

François Legault a dit jeudi que 7200 personnes avaient été recrutées pour travailler dans le réseau de la santé où on dénombre plus de 10 000 absences.

Extrait du courriel envoyé à la pharmacienne Odette Grégoire 

Nous accusons réception de votre candidature comme volontaire dans le cadre de la pandémie de la COVID-19. Actuellement, nous concentrons nos efforts de recrutement auprès des candidats ayant une formation ou de l'expérience en santé puisque ce sont nos principaux besoins. Par conséquent, nous conservons votre candidature pour d’éventuels besoins, si nécessaire.

Source : Courriel du Service de recrutement du CIUSSS de la Capitale-Nationale