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Remettre le dentifrice dans le tube

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En début de crise, on a répété ad nauseam que les politiciens devaient faire preuve d’agilité en ces temps troubles.

Qu’il ne fallait pas hésiter à prendre des décisions, quitte à ce qu’elles ne soient pas parfaites. La valse-hésitation est le pire ennemi du décideur public dans de telles circonstances.

Il faut agir promptement et ne pas hésiter à ajuster, au besoin.

Généreux Justin

Justin Trudeau a tardé à agir au début de la crise actuelle, notamment sur la question de la fermeture des frontières. 

Mais il s’est rapidement ressaisi en mettant sur pied de nombreux programmes, aussi nécessaires que généreux.

Il les a bonifiés, modulés, amendés. Tant mieux.

C’est une chose d’être à l’écoute et de toujours ouvrir un peu plus les goussets. Mais c’en est une autre d’être capable de remettre la pâte à dents dans le tube lorsque l’on a été trop loin.

C’est justement ce que Justin Trudeau doit absolument faire à ce stade-ci.

Effets pervers

Notamment parce que son programme d’aide aux étudiants va nuire davantage qu’il ne va aider. 

Dernièrement, je me suis entretenu avec une agricultrice de l’île d’Orléans qui me disait à quel point cette mesure était néfaste pour le recrutement. 

Même chose pour le propriétaire d’une compagnie d’agents de sécurité qui a vu de jeunes employés fraîchement embauchés rapporter leur uniforme, car c’était préférable de rester à la maison les deux pieds sur le pouf et encaisser l’argent du fédéral.

Idem pour la fameuse PCU, qui fait en sorte que des employés qui avaient été mis à pied temporairement sont rappelés au boulot, mais préfèrent démissionner et profiter des largesses du gouvernement.

Oui, il fallait aider, et il le faut encore. Mais l’agilité, c’est aussi de savoir faire un petit pas par en arrière quand c’est nécessaire. Justin Trudeau doit impérativement saisir ce concept.