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Une techno chinoise controversée pour relancer les usines

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Une technologie chinoise controversée d’imagerie capable de prendre la température des travailleurs avant d’entrer à l’usine suscite l’intérêt des entreprises québécoises. 

« Ce n’est pas Big Brother. C’est un système local. Il n’y a aucun enregistrement. Ce n’est pas sur internet si le client le souhaite. Ce n’est pas relié au site de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Ce n’est relié à rien. C’est seulement la personne en poste qui voit ce qui se passe en temps réel », explique le directeur général d’Alarmes 911 Rimouski, Guillaume Roy, qui connaît bien cette technologie. 

Fondée en 1994, sa PME de 13 employés propose ces caméras thermiques du géant chinois Hikvision, qui mesure les couleurs des personnes à l’écran grâce aux algorithmes de l’intelligence artificielle pour mesurer leur température. 

« Nous avons de la demande, principalement des CISSS et CHSLD, des usines de moulage et de panneaux de particules, des municipalités, des alumineries, des hôtels et des entreprises minières », poursuit l’homme d’affaires, sans donner les noms de ses clients pour des raisons de confidentialité. 

Code malicieux 

Le hic, c’est que la multinationale Hikvision est accusée d’avoir participé à la création d’une application de surveillance de masse de reconnaissance faciale servant à la répression chinoise, soutient Human Rights Watch (HRW). 

« Le problème avec ces outils-là, c’est que ce sont des produits qui pourraient avoir du code malicieux avec des fonctionnalités cachées », n’hésite pas à dire Éric Parent, expert en cybersécurité, PDG de Eva technologies. 

Selon lui, les caméras fabriquées à l’étranger ne sont pas sans risques.  

« Il y a un risque d’espionnage industriel, notamment par l’audio. Les gens s’imaginent souvent que ça passe par l’image, mais l’audio est souvent plus intéressant que l’image », avance-t-il. 

Jointe par Le Journal, la directrice principale des communications stratégiques de Hikvision, Martha Entwistle, a refusé à plusieurs reprises d’accorder une entrevue. 

« Au Québec et partout au Canada, les nouvelles caméras thermographiques d’Hikvision suscitent un vif intérêt. Pour des raisons de confidentialité et contractuelles, nous ne sommes pas en mesure de divulguer les noms de nos partenaires et de leurs clients pour le moment », s’est-elle limitée à dire par courriel.