/news/consumer
Navigation

Les microbrasseries s'inquiètent de perdre leurs places sur les tablettes

Les microbrasseries s'inquiètent de perdre leurs places sur les tablettes
DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QU

Coup d'oeil sur cet article

Les microbrasseries craignent que le gouvernement modifie la réglementation entourant la vente d’alcool pour permettre à nouveau aux gros brasseurs de se réserver les meilleurs espaces dans les commerces.  

Selon une note interne émise par le ministère de l’Économie et de l’Innovation et consultée par l’Agence QMI, il s’agit de l’une des recommandations formulées par le comité mis en place après le décès tragique de la jeune Athéna Gervais le 26 février 2018 pour revoir la réglementation entourant la vente d’alcool.    

Dans cette note, le ministère de l’Économie et de l’Innovation dit ne pas être opposé à l’idée de modifier le règlement sur la vente des boissons alcoolisées pour permettre aux fabricants d’acheter du matériel aux établissements (article 15).    

On y relève que la Régie des alcools, des courses et des jeux éprouve des difficultés à appliquer la réglementation déjà en place, d’où le fait qu’on ne soit pas opposé à cette modification.    

Ainsi, d’importants brasseurs comme Labatt et Molson pourraient acheter des chambres froides ou des lignes de fût aux bars afin de réserver les meilleurs emplacements pour leurs produits.    

Ce que redoute la directrice générale de l’Association des microbrasseries du Québec, Marie-Ève Myrand.    

«Ça fait des années qu’on se bat pour l’accessibilité de nos produits autant sur les tablettes des épiciers que dans les bars et les restaurants. Les consommateurs veulent nos produits, veulent qu’on les retrouve dans les endroits qui leur appartiennent», affirme-t-elle.    

«On n’est pas à armes égales là-dedans. Si la réglementation qui, déjà, nous met des bâtons dans les roues plus souvent qu’autrement vient nous défavoriser par rapport à ça, ça va être encore plus difficile de faire notre place», ajoute Marie-Ève Myrand.     

Soulignons que le document est daté du 11 mars dernier, soit juste avant l’annonce des premières mesures de confinement pour limiter la propagation de la COVID-19.    

Dans ce tout nouveau contexte, il serait «inadmissible» pour le gouvernement de modifier ainsi la réglementation entourant la vente d’alcool, estime le porte-parole du Parti Québécois en matière d’économie, Martin Ouellet.    

«On a plus besoin que jamais de soutenir nos artisans, nos entrepreneurs, le panier bleu, l’achat local, acheter des produits dans des circuits courts, explique-t-il. Tout dans le discours nous amène à avoir pas juste une pensée, mais une action vers nos propriétaires locaux et l’achat local, alors ce genre de recommandations nous étonne vraiment.»     

Au cabinet du ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, on précise que le comité sur la révision de la réglementation des règles entourant la vente de boissons alcoolisées n’a pas encore rendu officiellement ses recommandations et est toujours en consultation.    

Que dit l’article 15?  

«Un fabricant ne peut vendre, donner ou fournir à un titulaire de permis, l’équipement pour l’exploitation de son permis. Aux fins du présent article, les articles publicitaires destinés à être utilisés par les consommateurs sur les lieux de l’établissement ne sont pas considérés être de l’équipement pour l’exploitation d’un permis.»