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Déconfinement: les Montréalais redoutés en région

La levée des barrages routiers fait craindre une vague de visiteurs indésirés

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Des résidents et des élus des régions qui commencent à se déconfiner à compter de lundi ne cachent pas leurs inquiétudes devant la levée des barrages routiers, ouvrant les frontières aux visiteurs en provenance des secteurs chauds où sévit la COVID-19, dont Montréal.  

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À partir de lundi matin, les haltes policières érigées en Chaudière-Appalaches, dans Lanaudière, dans les Laurentides et autour de la ville de Rouyn-Noranda, en Abitibi, vont être démantelées.    

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Cette première étape du plan de déconfinement des régions suscite une inquiétude bien palpable dans ces secteurs, estiment plusieurs maires consultés par Le Journal. Si les touristes seront refoulés naturellement par l’absence d’activités, croient-ils, il ne sera pas long avant que les propriétaires de résidences secondaires viennent gonfler leur population locale.    

«Les gens sont inquiets. Il y a des milliers de propriétaires de chalets. À Ferme-Neuve, l’été, on double la population qui est normalement à 2000 résidents. Ça triple dans d’autres municipalités», évoque Gilbert Pilote, maire de Ferme-Neuve et préfet de la MRC d’Antoine-Labelle, dans les Laurentides.    

Des craintes exprimées  

Cette MRC, qui couvre 70 % du territoire des Laurentides pour seulement 4 % de ses résidents, «a été épargnée» pour l’instant, se satisfait le maire Pilote.     

«Les gens ont respecté religieusement les consignes. Avec les efforts qu’on a mis, on espère que les gens de l’extérieur ne vont pas venir gâcher ça», redoute-t-il toutefois.    

Plusieurs résidents de la région rencontrés par Le Journal, dimanche, ont exprimé une crainte similaire. «On marche sur des œufs tout le temps, et là, avec le déconfinement, j’ai peur que ce soit pire et que les gens de Montréal viennent nous contaminer», affirme Jade Sako, 20 ans, une étudiante de Saint-Eustache.     

Le maire de Montmagny, où était érigé l’un des seuls barrages routiers de Chaudière-Appalaches, ne s’attend pas à ce que l’afflux augmente du jour au lendemain. À court terme, c’est surtout le commerce local qui en bénéficiera, juge-t-il, craignant davantage la saison estivale.    

«On est tous conscients de ce qui se passe à Montréal et que cette clientèle-là va venir vers l’est de la province cet été», entrevoit le maire, Rémy Langevin.    

Il ne veut pas en venir à « refouler » les visiteurs montréalais, mais cela sera néanmoins l’un des principaux sujets de discussion du comité touristique de la Côte-du-Sud, cette semaine, glisse-t-il.    

Première phase de trois  

Le plan de déconfinement des régions se poursuivra, le 11 mai, avec la réouverture des voies d’accès pour le Saguenay–Lac-Saint-Jean et l’Abitibi-Témiscamingue, notamment.    

Puis, des régions plus éloignées, comme la Gaspésie et la Côte-Nord, suivront le 18 mai. Le Bas-Saint-Laurent, qui fait partie du lot, est déjà le berceau d’une pétition s’opposant à la levée des barrages et qui avait recueilli plus de 7100 signatures, dimanche en début de soirée.    

- Avec la collaboration de Stéphane Sinclair