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Série de 1982: le début de la rivalité Canadien-Nordiques

Série de 1982: le début de la rivalité Canadien-Nordiques
Photo d'archives

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Fraîchement débarqués de l’Association mondiale de hockey, les Nordiques de Québec entretenaient une petite opposition au Canadien de Montréal depuis deux ans, mais rien de comparable à l’après-1982. Ce premier pied de nez a mené à l’émotive rivalité qui a marqué l’histoire du hockey de la Belle Province.

«Ç’a finalement été le début de la grande rivalité. C’était une série 3 de 5 et les gens attendaient ça avec impatience autant à Québec qu’à Montréal. La province arrêtait à ce moment-là. Je me souviens que les commerces fermaient. Les Cage aux Sports de ce monde étaient remplies. On voulait vivre cette série-là avec grande passion, comme sur la patinoire», a indiqué Michel Bergeron au téléphone, vendredi, lui qui était l’entraîneur des Fleurdelisés à l’époque.

«Les partisans du Canadien n’acceptaient pas qu’une équipe d’expansion comme Québec pouvait battre la grosse machine qui avait déjà gagné une vingtaine de coupes Stanley», a-t-il poursuivi.

Ce duel de premier tour s’annonçait un peu inégal puisque le Tricolore avait terminé l’année au premier rang de la section Adams, fort d’une fiche de 46-17-17 pour 109 points. Les Nordiques, eux, avaient dû se contenter du quatrième rang (sur cinq).

«Ils s’étaient vraiment améliorés, a mentionné l’ancien du Canadien Pierre Mondou, aussi rejoint au téléphone, citant les noms des frères Stastny, de Dale Hunter et de Réal Cloutier. Même si on a eu plus de points pendant la saison, je crois que les deux équipes étaient au même niveau.»

L’incident Peter Stastny

Mondou a connu une excellente série cette année-là en terminant au sommet des pointeurs de son équipe. On se souvient toutefois que l’une de ses mises en échec a écarté Peter Stastny de la série, dès le premier match.

«C’était vraiment une solide mise en échec. [...] Ce joueur-là était tellement fort que c’est réellement un accident ou une coïncidence que j’aie frappé à la bonne place pour que ça le blesse ainsi», a-t-il indiqué.

Fort heureusement, Bergeron ne lui en a jamais voulu et les Nordiques ont tout de même eu le meilleur.

«Pierre Mondou n’était pas un joueur salaud, a confirmé “Le Tigre”. Je pense que c’était plus une collision que d’autre chose. Il [Stastny] est revenu dans la série face aux Bruins de Boston. Mais au premier tour, on était démunis, parce que Peter était notre meilleur joueur. [...] D’autres ont pris la relève, comme le trio de Dale Hunter.»

Avantage Nordiques

C’est d’ailleurs Hunter qui a procuré cette victoire si mémorable aux Fleurdelisés, en prolongation du cinquième et ultime match. Trente-huit ans plus tard, Bergeron se félicite encore d’avoir envoyé ce trio devant l’unité plus défensive de la formation de Bob Berry.

«Bang! On a marqué dès la première minute. Mes assistants et moi, on s’est dit qu’on avait pris la bonne décision d’y aller avec notre meilleur trio offensif», s’est-il remémoré.

«Maurice Fillion, qui était mon directeur général, mon patron, m’avait pris dans ses bras et m’a dit : “tabarnouche que t’as pris une bonne décision”. Quand ça vient de ton patron, c’est vraiment plaisant.»

Bien entendu, l’histoire prend une tournure bien différente lorsqu’on se met dans les patins d’un joueur du CH. Au-delà de la déception, Mondou croit que son équipe a manqué un peu d’énergie lors du match numéro 5.

«On nous avait donné tellement de pratiques, on n’avait plus de jambes. Je me rappelle que Réjean [Houle] avait dit : “O.K. on en a assez, on n’aura pas de jambes demain!”. Effectivement, on avait peut-être pratiqué trop fort la veille. Bob Berry voulait bien faire. Je me rappelle que Réjean n’était pas de bonne humeur», a raconté Mondou, trouvant la situation bien amusante.

La chaîne TVA Sports diffusera cette semaine les cinq rencontres de cette série de premier tour. Le match numéro 1 sera sur les ondes lundi à 19 h.