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Monsieur Birdie!

Serge Vleminckx comblé de voir le mini-putt revivre

Serge Vleminckx
Photo d'archives En plus d’une longue et fructueuse carrière au Journal de Montréal, Serge Vleminckx s’est fait connaître pour ses descriptions endiablées au mini-putt.

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« Ça prenait bien un virus mortel pour enfin ramener le mini-putt au petit écran », s’exclame au bout du fil nul autre que Serge Vleminckx, la légendaire voix de cette discipline au Québec.  

« Vlem », pour les intimes, a décrit le mini-golf avec la fougue et l’enthousiasme d’un descripteur qui commente chaque duel comme un septième match de la finale de la coupe Stanley.  

Depuis lundi, RDS a profité du contexte actuel pour refaire une place dans sa grille horaire à la Coupe Mini-Putt 2012. 

C’est donc l’occasion de réentendre les hurlements de l’homme au chapeau, lui dont les retentissants «birdiiiiiiiiiies» ont animé les chaumières, principalement dans les années 1980 et 1990. 

« Je me souviens qu’à l’époque, vers 1985, Jean Benoît m’avait appelé. Son mini-putt Jean-Talon avait été le seul à éviter la faillite et il avait le projet de présenter des compétitions, avec moi à la description.  

« Je me suis dit, comme dans tout ce que j’ai toujours fait dans la vie, que j’allais y aller à fond ou pas pantoute. Je me devais de respecter les joueurs et le sport», raconte l’homme dont les clameurs sont demeurées ancrées dans l’imaginaire collectif québécois. 

Du succès 

Avec la télédiffusion du mini-putt et l’approche colorée de Serge Vleminckx, l’industrie du mini-golf a connu des années fastes. « L’été, ce n’était pas rare qu’on soit la deuxième locomotive pour les cotes d’écoute, après les Expos. On faisait passer des maudits beaux étés aux Québécois », rigole le sympathique personnage. 

Ce dernier a été journaliste sportif au Journal de Montréal, de 1974 à 2009. Il a ensuite fait le saut pendant quelques années à Radio-Canada. Le sport universitaire aura été son plus grand amour, même si le mini-putt est devenu, en quelque sorte, l’arbre qui a caché la forêt. 

Encore aujourd’hui, ses envolées verbales pour décrire les exploits des Carl Carmoni, Suzanne et André Buis ou autres demi-dieux des coups roulés, lui valent une petite renommée.  

« Sur le trottoir, les gens m’appellent encore Monsieur Birdie ! Leurs témoignages sont toujours très respectueux », assure-t-il. 

Du sérieux 

D’ailleurs, Vleminckx est loin de s’offusquer de cette popularité rattachée à une émission qui fut le plaisir coupable par excellence de nombreux téléspectateurs. 

« C’est bien correct. Moi, je sais bien que quand tu fais 40 ans dans ce métier, c’est parce que tu dois avoir une certaine crédibilité », dit-il. 

Inévitablement, quand un descripteur s’évertue avec autant de sérieux à décrire un sport qui ne l’est pas aux yeux de certains, il peut aussi devenir la cible de railleries. « Vlem » n’en démord pas, il n’y avait qu’une seule façon de plonger pour décrire les exploits des joueurs lorsque venait le temps de négocier « Le Totem », d’attaquer « Les Laurentides ou de faucher « Le Monstre ». 

« Le monde a parfaitement le droit d’en rire. Même moi, je m’écoute et je me tape sur les nerfs !  

« Il reste que ces joueurs-là, ils s’entraînaient tout l’été. Ils sont des gens comme toi et moi qui se dévouent pour leur sport. Il n’y a rien de ridicule là-dedans. Moi, j’ai toujours trouvé ça amusant que mes commentaires sur le mini-putt m’aient suivi toute ma carrière. Je suis bien content que cette semaine, avec tout ce qu’on vit, les gens puissent s’amuser avec mes cris pendant quelques heures. » 

Cette fois, la voix est calme et posée. Sans l’ombre d’un cri, « Vlem » n’aura jamais si bien dit.