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CH: le mystère entourant un espoir russe élucidé

Centre Bell
Photo courtoisie, Vitor Munhoz, Club de Hockey Canadien

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Lorsque le Canadien de Montréal a accordé un contrat d’entrée de deux ans à Arsen Khisamutdinov, la nouvelle a été reçue avec un peu de scepticisme et une pincée de mauvaise foi.  

Nom rigolo, statistiques très modestes dans la Ligue continentale de hockey (KHL), ce joueur obscur était d’autant plus tourné en dérision qu’il était associé à l’un des rares signes de vie donnés par la direction de l’équipe en cette période de confinement. 

Igor Eronko offre pour sa part un son de cloche différent au sujet de l’intrigant attaquant russe, repêché au sixième tour par le CH en 2019 à l’âge de 21 ans. Le journaliste à l’emploi de Sport-Express, le média sportif le plus important en Russie, connaît la KHL comme le fond de sa poche. 

Si tout se passe bien, Khisamutdinov pourrait devenir un attaquant de soutien rendant de fiers services au Tricolore, selon Eronko. La mince production du jeune homme avec le Neftekhimik de Nijnekamsk (trois points en 31 matchs en 2019-2020) ne lui rend pas justice. 

«Je crois qu’il aurait obtenu plus de temps de jeu s’il avait manifesté le désir de rester et de signer une prolongation de contrat. Lorsque les équipes [de la KHL] savent que le joueur ne reviendra pas, elles refusent simplement de l’aider à se développer de quelque façon que ce soit», a expliqué l’expert lors d’un entretien avec le site TVASports.ca. 

«Le Neftekhimik ne voulait simplement pas l’aider. Il aurait pu lui donner plus de temps de glace. Le club sait que c’est un jeune joueur prometteur qui travaille fort et qui possède un excellent tir.» 

D'ailleurs, une histoire semblable a été vécue par un autre espoir du Canadien, Alexander Romanov, qui a dû se contenter d'un temps de glace très limité avec le CSKA de Moscou. 

«Romanov était le meilleur joueur de son équipe pour le taux de passes réussies; il était à près de 84%. C'est un joueur qui aime les passes créatives et il était quand même l'arrière le plus efficace à ce chapitre», a souligné Eronko pour illustrer l'injustice de la chose. 

Ce genre d'affaire politique a valu à Khisamutdinov un rôle limité et une moyenne de 10 minutes par match. L'attaquant a même été rétrogradé dans la VHL, l'équivalent en quelque sorte de la Ligue américaine (LAH) là-bas. En fin de compte, dans la KHL, il a récolté moins de points en 31 matchs en 2019-2020 qu'en l'espace de neuf rencontres la saison précédente. 

Plus d'une corde à son arc 

«Il a été très bon dans la VHL cette année, a mentionné Eronko au sujet de l’athlète de 6 pi, 3 po et 202 lb. Il a récolté près d’un point par match, se servant de son tir et de sa grosse charpente, qu’il utilise pour protéger la rondelle et distribuer des mises en échec.» 

«Khisamutdinov est aussi excellent pour changer l’angle de son lancer afin de tromper la vigilance des gardiens. Il utilise bien le défenseur comme écran pour décocher des tirs voilés», a décrit le journaliste letton établi à Moscou. 

À titre d’espoir, le hockeyeur s’est épanoui plus tardivement que la normale. Il a énormément progressé au cours des dernières saisons, si bien qu’il a convaincu le CH de le repêcher à sa dernière année d’admissibilité, l’idée de l’état-major étant de s’approprier ses droits avant qu’il ne devienne joueur autonome. 

«Il a une très bonne éthique de travail, a noté Eronko. Ce qui m'impressionne le plus chez lui, c'est qu'il a vraiment éclos sur le tard. Il a fait des pas de géant chaque année, il progressait et progressait...» 

Khisamutdinov devrait porter l’uniforme du Rocket de Laval la saison prochaine. Il pourrait être utilisé de plusieurs façons par l’entraîneur-chef Joël Bouchard, sachant qu’il ne craint pas le jeu physique. 

«Il peut être utile en infériorité numérique. Il est très responsable», a indiqué Eronko. 

Le mystère Vasily Demchenko 

Khisamutdinov est le deuxième joueur russe en provenance de la KHL à avoir signé un contrat avec le CH depuis que la pandémie de coronavirus a paralysé les activités sportives. 

Le 21 avril, l'organisation accordait un pacte d'un an à Vasily Demchenko, un gardien qui a connu de bons moments avec le Traktor de Tcheliabinsk, mais dont la plus récente saison a été passablement difficile. 

À première vue, sa place semble davantage à Laval qu'à Montréal pour le moment. 

«Je crois qu'il devra passer l'année dans la LAH, s'est prononcé Eronko. Mentalement, il est instable en tant que gardien. Il a tous les outils pour connaître du succès et il a de bonnes saisons derrière la ceinture dans la KHL, mais c'était une autre histoire cette année. Il a besoin d'un bon entraîneur des gardiens et de meilleures communications. C'est un gardien qui n'aime pas parler. Cela dit, il est très talentueux.»