/finance
Navigation

Marché immobilier: un mois d'avril catastrophique

Marché immobilier: un mois d'avril catastrophique
Photo d’archives, Jean-François Desgagnés

Coup d'oeil sur cet article

La chute des ventes dans le marché immobilier de Québec en avril dernier, considérée comme «catastrophique», a été tout de même moins importante que celle observée dans la région de Montréal, où les prix ont néanmoins continué d’augmenter. Explications.   

Au total, 403 ventes ont été enregistrées au cours du mois d’avril, soit une chute de 55% par rapport à la même période l’an dernier, dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec.  

«Nous étions sur une belle lancée depuis plusieurs mois. Tout allait bien au niveau de l’immobilier jusqu’à ce que le Québec tombe sur pause à cause de la pandémie. Les résultats du mois de mars étaient très bons. Souvent, lorsqu’on achète une maison, le projet se concrétise quelques semaines après, mais le mois d’avril est vraiment catastrophique», a affirmé Julie Saucier, présidente et chef de la direction de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ).  

Baisse de 20% des inscriptions  

Le nombre de propriétés à vendre a enregistré une baisse de 20% le mois dernier pour se chiffrer à 6518 inscriptions. Selon l’APCIQ, il faut remonter en décembre 2014 pour observer un seuil aussi bas.  

«L’offre est moins là et la demande a diminué aussi», observe Mme Saucier, qui parle d’un marché en faveur des acheteurs, ce qui explique une légère diminution des prix.  

«À Montréal, on n’est pas dans les mêmes constats», ajoute-t-elle.  

Le prix médian des unifamiliales dans la RMR de Québec s’est replié de 2%, celui des copropriétés a connu une baisse de 4%, tandis que celui des plex de deux à cinq unités a aussi enregistré une baisse de 2%. La Rive-Sud a connu la moins forte baisse des ventes dans la province, avec une diminution de 42% de ses activités.  

Marché de Montréal  

Du côté de la RMR de Montréal, la chute des ventes n’est pas venue ralentir la progression des prix.  

«Il y a moins d’offres et il y a ceux qui ont vraiment besoin de se reloger», dit-elle.  

En avril, on comptait 1890 ventes, soit une baisse historique de 68%. Selon l’APCIQ, il s’agit de la première baisse après 61 hausses mensuelles consécutives.  

Le prix médian des copropriétés a fait un bond de 12%, celui des plex a enregistré une augmentation de 10%, alors que celui des unifamiliales a progressé de 9%.  

Au cours du mois dernier, on dénombrait 13 106 inscriptions résidentielles en vigueur dans la RMR de Montréal, soit 38% de moins qu’à pareille date l’année dernière.  

Selon Mme Saucier, le marché à Montréal demeure «extrêmement tendu».  

Les visites physiques des propriétés ne sont toujours pas permises. L’APCIQ travaille avec le gouvernement pour faire partie de la prochaine étape du plan de relance.  

«On suit la situation de près, mais on est plus pessimistes qu’on l’était, il y a un mois. C’est sûr que l’immobilier, ça va reprendre. On s’attendait que ça reprenne vraiment rapidement, mais ça va probablement prendre un peu plus de temps. Il y a eu beaucoup de pertes d’emploi. Il y aura des maisons en refinancement dans les prochains mois. C’est encore difficile de se prononcer sur une reprise étant donné qu’on ne sait pas combien de temps la crise va durer. Tout cela a de gros impacts sur le marché», a-t-elle conclu.