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L’UPAC lance une mise en garde aux autorités

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L’unité permanente anticorruption (UPAC) sert un avertissement aux organismes publics. La crise de la COVID-19 n’est pas une raison pour accorder des contrats à des compagnies douteuses.  

« En urgence, c’est une grande zone de vulnérabilité, notamment parce qu’on n’a pas à procéder par appel d’offres, souligne le directeur de la stratégie et du développement à l’UPAC, Benoit Pinet. En temps normal, on est déjà à risque. On est deux fois plus vulnérables quand ces lignes de défense ne peuvent pas être appliquées. »  

Lundi matin, notre Bureau d’enquête révélait que le CIUSSS du Nord-de-l’île-de-Montréal avait conclu un contrat de 135 000 $ avec une entreprise appartenant à un associé de la mafia, Nicola Valvano.  

Celui-ci avait déjà été accusé de fraude envers le gouvernement par l’intermédiaire d’un réseau de contrebande.  

Les accusations ont toutefois été abandonnées pour cause de délais judiciaires déraisonnables.  

Benoit Pinet ne souhaite pas commenter de cas précis, mais indique « suivre l’actualité comme tout le monde ».  

L’UPAC juge que les organismes publics « doivent se questionner sur l’historique des compagnies, de leurs dirigeants et administrateurs » et les invite à consulter le registre des entreprises.  

Dans le cas de Valvano, le CIUSSS assure que toutes les « vérifications d’usage » ont été faites, mais elle jugeait faire affaire avec l’Hôtel Montréal Métropolitain.  

Or, une simple vérification au registre des entreprises permet de voir que l’hôtel n’appartient pas à l’entreprise de Valvano. M. Pinet remarque que « la consultation de certains registres n’est pas un réflexe naturel dans bien des cas ».  

Un CIUSSS se dit impuissant  

Samedi, notre Bureau d’enquête révélait qu’un propriétaire de résidence pour personnes âgées, Tomasso Cirillo, avait fait des affaires avec des membres de la famille mafieuse Rizzuto.  

Hier, le CIUSSS du Centre-ouest-de-l’île-de-Montréal, avec qui Cirillo détient un contrat, explique ne pas « avoir les pouvoirs d’enquête nécessaires » pour examiner de possibles liens avec le crime organisé.  

« Nous avons déjà fait des recherches et nous explorons également d’autres vérifications qui peuvent être faites », a indiqué le porte-parole du CIUSSS, Barry Morgan.  

- Avec la collaboration de Félix Séguin et Alexandre Robillard