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Prison de Québec: augmentation des cas de surdoses

Prison de Québec: augmentation des cas de surdoses
Photo d’archives, Didier Debusschère

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De plus en plus de cargaisons de drogue sont livrées par drone à la prison de Québec depuis le début de la pandémie, et les cas d’intoxication se multiplient.   

«C’est la mode à Montréal depuis plusieurs années, mais c’était moins fréquent à Québec», lance Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels. «Ici, les stupéfiants entraient principalement par les visiteurs, mais depuis la crise, les visites sont interdites, alors ils trouvent d’autres moyens.»    

Depuis que les mesures de confinement ont été mises en place, le syndicat estime qu’au moins une livraison de drogue par drone est effectuée par semaine à l’établissement de détention de Québec. La majorité des cas de surdoses surviennent dans un secteur de la prison qui accueille les détenus à problème, ceux qui sont généralement plus violents et agressifs, selon M. Lavoie.     

«Ils sont en constante intoxication depuis une semaine, c’est hors de contrôle», explique-t-il.    

De nombreuses interventions ont dû être effectuées avec des individus intoxiqués dans les dernières semaines, notamment auprès d’une personne qui avait allumé un incendie. Un autre détenu a dû être transporté à l’hôpital, et même le traitement de nalaxone n’a pas donné de résultats concluants.     

Drogue de moins bonne qualité?   

Ce qui amène le syndicat à croire que la fermeture des frontières force peut-être les vendeurs à mélanger leurs substances avec d’autres produits, comme du fentanyl, afin «d’étirer» leurs réserves pour les semaines à venir.    

«Quand on voit quelqu’un s’intoxiquer au point où la nalaxone ne fonctionne pas et qu’il est pratiquement inconscient, on peut croire que les substances sont peut-être de moins bonne qualité», avance Mathieu Lavoie, précisant toutefois n’avoir eu aucune confirmation pour l’instant.     

À la suite de l’évasion en hélicoptère de trois détenus à l’été 2014, des filets avaient été installés pour couvrir l’établissement et éviter que ça se reproduise. Or, selon le syndicat, le filet ne couvrirait pas toutes les cours. Les drones peuvent ainsi toujours larguer des cargaisons aux détenus. Les agents correctionnels pressent le ministère de la Sécurité publique d’instaurer des mesures de protection pour éviter les livraisons aériennes.    

Le ministère n’a pas encore donné suite à notre demande d’entrevue.