/news/green
Navigation

Vers un été chaud pour les feux de forêt

Coup d'oeil sur cet article

Alors que les autorités prévoient des feux de forêt plus importants cet été au Québec, la SOPFEU se prépare à faire face à la situation avec les défis supplémentaires que pose la COVID-19.  

Dans ses plus récentes projections pour la saison des feux de forêt au pays, Ressources naturelles Canada entrevoit notamment des indices de danger d’incendie «au-dessus de la moyenne» pour les mois de juin, juillet et août, au Québec.   

Image courtoisie

 

Image courtoisie

«On devrait s’attendre à des conditions plus sèches que la normale, à des températures plus élevées. On parle de conditions météo plus propices aux feux», expose Yan Boulanger, chercheur scientifique pour Ressources naturelles Canada.   

  • ÉCOUTEZ l'entrevue avec Stéphane Caron, coordonnateur aux communications et à la prévention de la SOPFEU, à QUB radio:

La SOPFEU aux aguets  

La Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) est donc aux aguets. Déjà, le printemps hâtif et les taux d’humidité très bas en avril ont causé plus de feux que la moyenne. «On a 83 incendies de forêt de recensés, alors que la moyenne habituelle pour les deux dernières années, c’est 62», illustre le porte-parole Stéphane Caron.   

Dans le contexte de pandémie, la SOPFEU a dû s’adapter. Les pompiers forestiers attendent désormais les appels d’urgence à la maison ou dans plusieurs locaux - de manière à respecter les règles de distanciation sociale - et de nouveaux protocoles ont été établis pour le transport et l’hébergement des sapeurs lors d’incendies.    

Image courtoisie

 

Image courtoisie

«C’est des contraintes supplémentaires à nos opérations», avoue M. Caron. La vigilance est donc de mise, puisqu’à partir du moment où un pompier serait éventuellement infecté à la COVID-19, tous les collègues avec qui il a été en contact devraient être retirés par précaution.    

«On pourrait perdre beaucoup de gens rapidement. Combattre des feux, c’est un travail d’équipe. On devra intervenir, quoi qu’il arrive, sur des feux qui vont inévitablement se produire cet été. Et les prévisions nous laissent entendre qu’on pourrait en avoir plus que d’habitude cette année», expose-t-il.   

À ce jour, un seul des 250 pompiers a été déclaré positif. Il n’avait toutefois pas été en contact avec d’autres travailleurs. Quatre autres membres de la SOPFEU sont en retrait préventif, pour avoir côtoyé des personnes contaminées dans leur entourage.   

Image courtoisie

L’Ouest sur le qui-vive  

L’inquiétude est aussi vive dans l’ouest du pays, où les modèles pointent vers des risques d’incendie bien au-dessus de la moyenne pour tout l’été. «Les conditions risquent d’être très au-dessus de la normale, pour une très grande partie du territoire canadien, du Manitoba vers la côte du Pacifique. Ce n’est pas négligeable», expose Yan Boulanger.   

L’Ouest a d’ailleurs été particulièrement touché par les feux de forêt au cours des dernières années. «La Colombie-Britannique a battu son record d’aires brûlées en 2017 et elle l’a rebattu en 2018», illustre le chercheur.      


♦ Le nombre de feux de forêt diminue de façon régulière au Québec. On en comptait 1000 il y a 40 ans, contre 450 en moyenne aujourd’hui. Québec a d’ailleurs été relativement épargnée depuis 2018, alors qu’un incendie dans le secteur de Labrieville, au nord de Forestville, avait ravagé quelque 12 000 hectares.